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Découverte

1,8 million d'appels analysés par Gong : le seul vrai point commun entre tous les deals perdus

· 7 min de lecture · Mis à jour juillet 2026 · 7 sources

Le truc gênant que j'ai découvert en me réécoutant : je parlais bien plus que mes prospects. Les données de Gong, sur des millions d'appels, ont confirmé ce que mes oreilles refusaient d'admettre.

Il y a un truc gênant qu'on découvre en réécoutant ses propres appels ratés : le moment où ça part en vrille n'est presque jamais une mauvaise réponse à une objection. C'est le moment où on sent le deal glisser, et où on se met à parler.

Plus. Encore plus.

Pour combler le vide, pour convaincre. J'ai fait ça pendant des années avant de tomber sur une donnée qui m'a mis une claque.

Et comme pour l'enquête précédente, j'ai eu envie de partir d'une hypothèse simple et de voir si les chiffres la confirmaient.

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L'essentiel

Gong a analysé 1,8 million d'opportunités commerciales. Le facteur qui sépare les deals gagnés des deals perdus, c'est pas le script utilisé, c'est la constance du ratio de parole sous pression. Les moins performants parlent 10 points de plus quand ça se passe mal, les meilleurs gardent le même ratio. L'écoute est le cœur de améliorer sa communication.

L'hypothèse de départ

Bien vendre, ce serait savoir quoi dire. Les bons mots, au bon moment, dans le bon ordre. C'est cette hypothèse-là, le script comme variable décisive, que Gong a involontairement testée sur des millions d'appels réels.

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Indice n°1 : le ratio qui sépare les appels gagnés des appels perdus§

Gong enregistre et analyse des millions d'appels commerciaux réels. Sur l'ensemble de leur base, le ratio moyen tourne autour de 60 % de parole côté conclure pour 40 % d'écoute.

Rien de choquant jusque là. Mais en isolant les deals gagnés et les deals perdus, le motif devient intéressant : sur les appels gagnés, celui qui vend parle légèrement moins que la moyenne. Sur les appels perdus, légèrement plus.

1,8M
opportunités commerciales analysées
plus de contacts acheteurs sur les deals gagnés
77 %
des deals impliquent plusieurs interlocuteurs

Il y a une raison de fond derrière ce motif. La plus grosse synthèse disponible sur l'écoute, 664 tailles d'effet et plus de 400 000 observations (Kluger et al. 2023), montre que se sentir écouté prédit d'abord la qualité de la relation (r=.51), et seulement ensuite la performance (r=.36). Le lien passe par la relation avant de toucher au résultat.

Dit autrement : quand tu laisses de la place à ton prospect, tu ne coches pas une case technique de découverte. Tu construis le lien qui rend le oui possible plus tard. Le monologue paniqué ne casse pas juste ton ratio, il casse d'abord ça.

Une nuance, parce que je refuse de te survendre le chiffre : réduire ton temps de parole te fait surtout paraître à l'écoute. Une étude de Hanne K. Collins (2024, Journal of Experimental Psychology: General), menée sur 5 études et 1 225 participants, montre que les gens distinguent très mal un interlocuteur réellement attentif d'un interlocuteur distrait, et que celui qui parle surestime systématiquement l'attention qu'on lui porte. Autrement dit, se sentir écouté n'est pas être écouté. Le ratio reste un proxy nécessaire, mais il ne suffit pas : le vrai ressort, c'est l'attention réelle que tu portes, pas le temps d'antenne que tu laisses.

Indice n°2 : c'est pas le ratio, c'est la constance§

Voilà la partie contre-intuitive, et franchement c'est celle qui m'a fait revoir toute ma façon de penser le sujet. Gong a comparé, pour chaque conclure, son ratio de parole quand il gagne et quand il perd.

Et chez les meilleurs, en fait, ce ratio bouge presque pas. Chez les moins performants, par contre, il explose : 54 % sur les deals gagnés, 64 % sur les deals perdus.

10 points d'écart. Ils parlent beaucoup plus dès que ça commence à mal se passer.

Bon, et là on se rend compte que c'est pas vraiment un problème de vocabulaire. C'est un problème de sang-froid.

Ratio de parole selon la performance de celui qui vend (données Gong, 1,8M appels) 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 43 % 44 % Conclures performants écart : +1 pt 54 % 64 % +10 pts Conclures moins performants Deals gagnés Deals perdus

Ratio de parole (% du temps où celui qui vend parle). Chez les tops performers, il bouge quasiment pas selon l'issue de l'appel.

Chez les autres, il explose sur les deals perdus. Source : Gong.io, analyse de 1,8 million d'opportunités.

Je me reconnais trop bien dans cette deuxième catégorie, je te mens pas. Sentir le silence du prospect, l'interpréter comme un danger, et le remplir de justifications, c'est exactement ce qui tue le deal qu'on essaie de sauver.

Celui qui garde le même comportement, qui que soit en face et quoi qu'il se passe, il est pas plus doué techniquement. Il a juste appris à ne pas réagir à la panique.

Et le truc, c'est que cette panique, elle se voit pas que dans le volume de parole. Elle se voit dans le débit, dans le nombre de mots de remplissage, dans la vitesse à laquelle on enchaîne les arguments sans laisser une seconde de respiration.

J'ai commencé à m'enregistrer systématiquement, sans chercher à analyser ce que je disais, mais pour mesurer à quel moment exact mon débit changeait. Et à chaque fois, ce moment précédait de quelques secondes la perte du deal.

Cette histoire de rythme dépasse d'ailleurs largement la vente. Une analyse de Reece, Cooney et coll. (2023, Science Advances), menée sur 1 656 vraies conversations en ligne, soit plus de 850 heures d'audio et de vidéo, montre que ce qui tient un échange se joue d'abord dans le tempo des tours de parole, avec un intervalle médian d'environ 80 ms entre deux personnes qui se répondent, et dans les petits signaux d'écoute continue, ces « hmm », « ouais », « je vois » qu'on lâche sans y penser, à un rythme d'environ 1 000 par heure de parole.

Autrement dit, la qualité de ton écoute se lit dans la mécanique de l'échange bien avant de se lire dans le contenu de tes mots. Quand mon débit s'emballe et que j'enchaîne sans laisser respirer, c'est exactement ce tempo-là que je casse en premier, avant même de dire une bêtise.

Ce que ça veut dire concrètement

Quelqu'un de moyen qui sent une vente lui échapper compense en parlant davantage. Celui qui maîtrise vraiment l'exercice garde le même comportement sous pression. Donc en gros, c'est moins une compétence de discours qu'une compétence de régulation émotionnelle.

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D'où je parle

Ancien fiscaliste, je lis un appel comme je lisais une compta : des chiffres, des écarts, des fuites. Un ratio de parole, c'est exactement ça, une ligne qu'on peut mesurer au lieu de la ressentir. Le jour où j'ai chronométré mes propres appels au lieu de les commenter au feeling, l'écart entre ce que je croyais et le vrai chiffre m'a calmé.

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Indice n°3 : le détail qu'on zappe presque toujours§

01

Les deals qui se concluent impliquent en moyenne 2 fois plus de contacts acheteurs que ceux qui échouent.

02

77 % des deals impliquent déjà plusieurs interlocuteurs côté client, même les petits.

03

Au début j'ai lu ça comme un conseil de prospection basique : parlez à plus de gens. Mais recroisé avec la donnée sur le ratio, ça raconte une autre histoire.

Quand tu parles à plusieurs interlocuteurs sur un même deal, tu peux physiquement pas dérouler le même monologue à chacun. Tu es obligé d'écouter ce que chacun dit, de comparer, d'ajuster.

La structure même d'un deal multi-interlocuteurs te pousse vers le comportement qui gagne. À l'inverse, sur un deal à un seul interlocuteur, rien ne te empêche de tomber dans le monologue compensatoire dès que ça commence à sentir mauvais. Personne n'est là pour casser le rythme.

Ça change un peu ma façon de voir la multiplication des contacts dans un deal, en fait. C'est pas juste plus de personnes à convaincre. C'est aussi, presque accidentellement, un garde-fou contre ton propre tendance à trop parler.

Indice n°4 : ceux qui gagnent posent moins de questions, pas plus§

Là aussi y'a un chiffre Gong qui m'a surpris. Sur les appels de découverte, le taux de succès est le plus élevé entre 11 et 14 questions posées.

Au-delà, le taux retombe à la moyenne. Et de façon encore plus nette : ceux qui gagnent leur deal posent en moyenne 15 à 16 questions, contre environ 20 pour ceux qui perdent.

Bon, sur le papier ça paraît bizarre, hein, on s'attendrait à ce que plus de questions égale plus d'écoute, donc plus de chances de gagner. Mais en fait c'est l'inverse qui se passe : celui qui pose trop de questions, souvent, c'est quelqu'un qui cherche encore son chemin dans l'appel.

Il compense un manque de structure par du volume. Les meilleurs savent exactement quelles 15 questions poser, dans quel ordre, et n'ont pas besoin d'en rajouter 5 de plus pour se rassurer.

04

Autre donnée du même tonneau : les équipes commerciales sur les deals gagnés sont en moyenne 67 % plus grandes que sur les deals perdus, avec en moyenne 6,7 personnes impliquées une fois la découverte terminée.

Et quand un ingénieur commercial ou un expert technique intervient sur une démo, le taux de victoire grimpe de jusqu'à 30 %. Je relie ça directement à tout ce qu'on a vu avant : plus de monde dans la boucle, ça veut dire moins de place pour le monologue compensatoire d'un seul conclure paniqué. La structure protège contre le défaut individuel.

Pourquoi ce chiffre ne circule pas en France§

Les contenus français sur la vente parlent presque exclusivement de scripts : la question pour créer l'urgence, la formule pour traiter l'objection prix. J'ai cherché, et j'ai trouvé aucun contenu français qui mentionne ce que Gong met en évidence, à savoir que le signal le plus prédictif, c'est pas vraiment une formule, c'est plutôt la stabilité du comportement face au stress d'une vente qui se dégrade.

Et ça, ça s'entraîne très différemment d'un script. On le mémorise pas.

Ça se travaille par l'exposition répétée à la tension, jusqu'à ce qu'elle déclenche plus rien d'automatique chez toi.

On le fait régulièrement à l'Académie Sales avec ceux qu'on accompagne : on prend un appel difficile, et on repère ensemble le moment exact où le débit change. C'est souvent bien plus tôt dans la conversation que ce qu'on pense, et une fois qu'on l'a repéré une fois, on le sent venir la fois suivante.

Une précision, parce que je déteste les demi-vérités : écouter ne fait pas tout le boulot. Une étude récente (Santoro et al. 2025), 1 485 participants en conversations vidéo de 10 minutes, montre que l'écoute non-jugeante fait baisser la défensivité de l'autre, mais qu'elle ne convainc pas à elle seule. C'est le message qui suit qui emporte la décision.

Te taire au bon moment ouvre la porte. Ce que tu dis ensuite décide si on la franchit. En visio surtout, où chaque silence pèse plus lourd qu'en face à face, tenir ton ratio te donne le crédit pour placer, au bon instant, l'argument qui compte vraiment.

Le verdict

L'hypothèse de départ ne tient pas non plus, hein, même chose que pour l'enquête précédente. Le script n'est pas la variable décisive. Sur 1,8 million d'opportunités, ce qui sépare vraiment les deals gagnés des deals perdus, c'est la constance du comportement sous pression, pas le vocabulaire utilisé.

Et ce qui m'embête un peu en l'écrivant, c'est que cette compétence-là, on ne peut pas la lire dans un guide PDF. Elle se construit par exposition répétée à la tension, appel après appel, jusqu'à ce qu'elle devienne un réflexe plutôt qu'un effort.

  • Enregistrez ton prochain appel à enjeu réel et chronométrez ton temps de parole sur les 3 dernières minutes.
  • La prochaine fois que tu sens un silence inconfortable, comptez jusqu'à 3 avant de répondre. La plupart des silences ne demandent rien.
  • Notez après chaque appel raté si ton temps de parole a augmenté juste avant de perdre le deal. Le motif devient vite évident.
Tu parlesTu écoutesLa moyennemonopoliseLe top écouteenviron 57 %
Sur les appels gagnés, on écoute plus qu'on ne parle.
Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

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Questions fréquentes

Après analyse de 1,8 million d'opportunités commerciales, le point commun n'est pas le script utilisé, c'est la perte de constance du ratio de parole sous pression. Quand ça se passe mal, les moins performants se mettent à parler plus. Ce dérapage, plus que les mots employés, sépare les deals gagnés des perdus.

Sur la base Gong, le ratio moyen tourne autour de 60 % de parole côté conclure pour 40 % d'écoute. Le chiffre en lui-même compte moins que sa stabilité : l'important, c'est de le tenir même quand la pression monte, plutôt que de basculer dans le monologue dès que le deal semble glisser.

Pour combler le vide et essayer de convaincre. C'est le réflexe : on sent le deal partir, alors on parle plus, encore plus. Sauf que c'est exactement ce qui fait fuir. Les moins performants parlent 10 points de plus quand ça se passe mal, alors que les meilleurs gardent le même ratio et laissent le prospect s'exprimer.

Non, ou bien moins qu'on croit. Gong a involontairement testé cette hypothèse sur des millions d'appels : ce n'est pas « connaître les bons mots au bon moment » qui distingue les meilleurs, c'est leur constance sous pression. Celui qui vend bien garde son sang-froid et son ratio d'écoute quand ça devient tendu.

Tu connais la théorie. Restent tes propres freins, ceux qui te font lâcher une vente que tu tenais :

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Sources

Méthodo : uniquement des études publiées et des données vérifiables, jamais d'avis non sourcé.

Gong.io, "Mastering the talk-to-listen ratio in sales calls" : gong.io/blog/talk-to-listen-conversion-ratio

Gong.io, "The best sales insights of 2025" (analyse sur 1,8M d'opportunités) : gong.io/blog/the-best-sales-insights-of-2025

Gong.io, "Data Driven Tips to Mastering Sales Discovery Calls" (questions de découverte, taille d'équipe) : gong.io/blog/nailing-your-sales-discovery-calls

Kluger, A. N., Malloy, T. E., Pery, S., Itzchakov, G., et al. (2023). « A meta-analytic systematic review and theory of the effects of perceived listening on work outcomes. » Journal of Business and Psychology (664 tailles d'effet, plus de 400 000 observations ; écoute perçue → relation r=.51, performance r=.36).

Santoro, E., Broockman, D. E., Kalla, J. L., & Porat, R. (2025). « Listening reduces defensiveness but is not sufficient to persuade. » Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) (1 485 participants, conversations vidéo de 10 minutes).

Collins, H. K., Minson, J. A., Kristal, A. S. et Brooks, A. W. (2024), « Conveying and detecting listening during live conversation », Journal of Experimental Psychology: General, 153(2), 473-494 : sur 5 études (1 225 participants), les locuteurs distinguent mal un auditeur attentif d'un auditeur distrait et surestiment systématiquement l'attention qu'on leur porte. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37971834

Reece, Cooney et coll. (2023), « The CANDOR corpus: Insights from a large multimodal dataset of naturalistic conversation », Science Advances : sur 1 656 conversations réelles, l'intervalle médian entre deux tours de parole est d'environ +80 ms, et les backchannels d'écoute surviennent à un rythme d'environ 1 000 par heure de parole. science.org/doi/10.1126/sciadv.adf3197

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

J'étais fiscaliste freelance. Pendant plus de 3 ans, j'ai vendu mes propres coachings entre 5 000 et 10 000 €, en B2B comme en B2C. Mes offres à moi, jamais celles d'un autre. Aujourd'hui j'aide les coachs et consultants qui font déjà 2 à 15k par mois à signer plus de clients. Parce que le moteur du bonheur, c'est pas le voyage : c'est la liberté de travailler d'où tu veux.

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Léo Fanouillet

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