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Conclure

35 000 appels analysés : les techniques de vente qu'on t'enseigne te font perdre tes plus gros deals

· 8 min de lecture · Mis à jour août 2024 · 7 sources

C'est l'étude qui a changé ma façon de comprendre la vente. Zéro miracle, juste des données sur 35 000 appels.

On m'a appris à vendre en forçant, à la Alexis le loup de Wall Street. Je détestais ça, et ça ne marchait même pas. L'étude de Rackham sur 35 000 appels a confirmé mon malaise, chiffres à l'appui.

On m'a appris à conclure comme on apprend une chorégraphie. Relance, alternative forcée, question fermée pour piéger gentiment le oui.

Au début, sur des petites ventes, ça passait. Le jour où j'ai vendu mon accompagnement à plusieurs milliers d'euros, ventes plus longues et bien plus engageantes pour le client, la même choré s'est mise à me coûter des clients que j'avais pourtant bien accompagnés jusque-là.

Pendant un moment j'ai cru que c'était moi, hein, mauvaise exécution, mauvais timing, mauvais ton. Et en fait non.

Le problème était ailleurs, et il a fallu que je tombe sur une étude de 1988 pour comprendre où.

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L'essentiel

L'étude la plus citée du secteur (35 000 appels, Rackham 1988) montre que les techniques de vente classiques aident sur les petites ventes et desservent les grosses. Le vrai levier, c'est les questions Implication posées en amont, pas la phrase de vente. C'est aussi pour ça que le script parfait n'existe pas.

L'hypothèse de départ

Si je relance plus fort, si je pose la bonne question fermée au bon moment, je dois conclure plus de deals. C'est à peu près sur cette hypothèse que reposent toutes les formations vente qu'on vend en France. Et c'est exactement elle que je vais essayer de démonter ici, pièce par pièce.

Je ne suis pas devenu mauvais du jour au lendemain. J'ai juste continué à appliquer une recette conçue pour un autre plat.

En creusant pourquoi, je suis tombé sur une étude que personne ne cite dans les formations vente qu'on vend en France. Pourtant c'est, à ce jour, la plus grande étude jamais menée sur la vente.

1
Rackham (1988) · SPIN Selling (McGraw-Hill), l'étude fondatrice : 35 000 appels de vente analysés dans 23 pays.
2
Rackham (entretien ultérieur) · Retour d'expérience sur l'évolution de ses propres conclusions, des décennies après l'étude.
3
HubSpot / Sales Enablement Collective · Comment le modèle SPIN est encore appliqué aujourd'hui en vente complexe.
Les sources derrière cet article.

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Indice n°1 : l'enquête la plus vaste jamais menée sur la vente§

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, le chercheur Neil Rackham et l'institut Huthwaite ont analysé 35 000 appels commerciaux réels, impliquant plus de 10 000 vendeurs dans 23 pays, pendant 12 ans. Alors non, c'est pas un sondage.

C'est pas non plus l'intuition d'un consultant qui a vendu des photocopieurs dans les années 90 et qui en a tiré une méthode. C'est de la donnée brute, sur des vraies ventes, des vrais appels, observés et codés un par un.

35 000
appels commerciaux analysés
10 000+
ceux qui vendent observés
12 ans
de collecte de données

Cette étude a donné naissance à la méthode SPIN Selling, t'en as peut-être entendu parler. Mais en fait, le truc qui m'a vraiment marqué, c'est pas tellement la méthode en elle-même. C'est plutôt une partie qu'on coupe systématiquement quand on la résume en France, à savoir ce que l'étude dit sur la vente.

Le système tient sur 4 types de questions, dans un ordre précis, hein, c'est important l'ordre : Situation, Problème, Implication, Need-payoff. Situation pour comprendre le contexte du prospect.

Problème pour faire émerger une difficulté réelle. Implication pour en mesurer les conséquences.

Need-payoff pour faire dire au prospect lui-même la valeur d'une solution. C'est dans cet ordre-là que ça marche, et c'est là que le bât blesse pour la plupart des formations françaises : elles te donnent les 4 lettres, mais sautent directement à la fin, vers la vente, sans construire ce qui doit venir avant.

Schéma du système SPIN Selling avec les 4 types de questions

Le système SPIN Selling tel qu'issu de la recherche de Rackham. Image en anglais, via HubSpot Blog.

Petites ventesGrosses ventesLa venteagressif aide unpeuLa venteagressif seretourne contre
La découverte de Rackham : les techniques de vente aident sur les petites ventes, nuisent sur les grosses.

Indice n°2 : un même chiffre, 2 signes opposés§

Rackham sépare 2 mondes : les ventes simples à faible enjeu, et les ventes complexes à enjeu élevé. Et sa donnée centrale, elle fait mal à lire quand on a vendu des formations vente toute sa carrière.

Les techniques classiques, relance, urgence artificielle, question fermée, corrèlent positivement avec le succès dans les petites ventes, et négativement dans les ventes complexes. Même technique, même geste, et le signe s'inverse selon le contexte. C'est là, je trouve, que toute l'enquête bascule.

Plus te closez fort sur une vente engageante, moins tu as de chances de la conclure.

Et franchement, c'est pas un problème de talent d'exécution. Le truc, c'est que le prospect sent la pression monter, et il se braque, pile au moment où la décision compte le plus pour lui.

Je l'ai vécu littéralement au téléphone. Le silence qui change de texture, la voix qui se referme d'un coup.

On dit qu'on a perdu le deal. Mais bon, en vrai, c'est moi qui venais de le faire fuir.

D’où je parle

Rackham a observé 35 000 appels. De mon côté, j’en ai analysé près de 170, réels, enregistrés, du début à la fin. À mon échelle, le même motif revient : les appels qui se concluent sont ceux où la personne en face parle de son problème plus longtemps que moi de ma solution. Les appels agressifs, eux, se reconnaissent à une chose simple, la personne s’est tue vers la minute 12 et n’est jamais revenue.

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Indice n°3 : ce que font vraiment les meilleurs, question après question§

01

Ceux qui vendent le mieux posent 4 fois plus de questions Implication que leurs collègues à la performance moyenne. Non pas 2 fois, hein. 4 fois.

02

Ces questions-là font ressortir les conséquences concrètes d'un problème non résolu, chiffrées si possible, dans les mots du prospect lui-même, pas dans les vôtres.

03

Et ces mêmes ceux qui vendent posent nettement moins de questions de vente direct. Genre, l'inverse complet de ce qu'on m'a enseigné.

Pourquoi ça marche, concrètement

Une question Implication fait faire au prospect lui-même le calcul du coût de l'inaction. Et un calcul qu'on fait soi-même, ça convainc toujours plus qu'un chiffre qu'on te balance en argument de vente.

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Pourquoi le marché français n'en parle jamais§

J'ai relu une dizaine des contenus les plus référencés en France sur formation vente. Même structure partout : une liste de phrases qui closent, présentées comme universelles.

Aucune ne distingue le type de vente. Aucune ne mentionne que l'étude la plus citée du secteur démontre l'exact inverse dès que la vente devient complexe.

Je pense pas que ce soit de la malhonnêteté, en fait. Je pense que c'est juste plus simple à vendre une formule qu'une nuance. 10 phrases qui closent, ça se vend mieux que ça dépend du contexte de vente.

Mais ça laisse des milliers de personnes appliquer une recette à faible enjeu sur des deals à 6 chiffres, et se demander après pourquoi ça ne marche pas.

Indice n°4 : la phrase de Rackham qui résume tout§

Il y a une citation de Rackham que j'ai mis des années à vraiment comprendre, alors que je l'avais lue dès le début. Il dit, à peu près : la différence entre les meilleurs et les moyens, c'est pas leur façon de traiter les objections. C'est le nombre d'objections qu'ils reçoivent au départ.

On te apprend à mieux répondre aux objections. Rackham dit qu'il faudrait surtout en recevoir moins.

Et en fait, ça change tout dans la façon de préparer un appel. Si une objection prix arrive en fin de call, c'est pas un problème de réponse à trouver sur le moment.

C'est le signe qu'un truc a été raté plus tôt, probablement dans les questions Implication, justement. Le prospect n'a pas suffisamment internalisé le coût de l'inaction avant qu'on lui parle de prix.

Donc il négocie, logiquement, vu que pour lui le besoin n'est pas encore assez chiffré dans sa tête.

Une question à se poser après chaque appel raté

Non pas "comment j'aurais pu mieux répondre à cette objection", mais "à quel moment, plus tôt dans l'appel, j'aurais pu éviter qu'elle apparaisse". C'est un déplacement de regard, mais ça change complètement la préparation du prochain appel.

Comment je m'en sers concrètement aujourd'hui§

Bon, alors qu'est-ce que je fais différemment maintenant. Avant un appel à enjeu élevé, je prépare mes questions Implication à l'avance, par écrit, parce que sous pression on les oublie et on retombe sur le réflexe de la vente direct.

Je note le problème que le prospect a mentionné, et je me force à trouver au moins 2 questions qui en explorent les conséquences avant même de penser à présenter quoi que ce soit. C'est laborieux au début, je te mens pas.

Ça devient naturel après quelques dizaines d'appels, comme tout le reste d'ailleurs.

C'est exactement le genre de travail qu'on fait avec ceux qu'on accompagne à l'Académie Sales, en réécoutant des vrais appels plutôt qu'en répétant un script. La théorie de Rackham, ça aide à comprendre pourquoi ça coince. Mais ce qui change vraiment le taux de conversion, c'est l'entraînement répété sur ses propres appels, avec un retour précis sur ce qui s'est passé.

Le verdict

L'hypothèse de départ ne tient pas. Conclure plus fort n'augmente pas tes chances dès que la vente dépasse un certain seuil d'enjeu, la donnée de Rackham le dit depuis 1988, sur 35 000 appels analysés. Le vrai levier, c'est le nombre et la qualité des questions Implication posées en amont, pas la phrase de fin.

Et le problème, ça a jamais été la phrase de vente en elle-même. C'est le déplacement de l'effort, des dernières secondes de l'appel vers les questions posées bien avant, là où presque personne ne regarde.

  • Comptez tes questions de vente direct sur ton dernier appel raté. Si c'est plus de 2 ou 3, c'est probablement le problème.
  • Avant le prochain appel à enjeu élevé, préparez 3 questions Implication sur les conséquences concrètes du problème du prospect, pas sur le produit.
  • Arrêtez de chercher la phrase de vente parfaite. Cherchez la question d'avant qui rend la vente presque inutile.
Petites ventesla vente agressif aide un peuGrosses ventesil se retourne contre toiLe vrai levieralléger, pas forcer
La leçon de Rackham : la vente agressif nuit dans les grosses ventes.
Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

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Questions fréquentes

Ça dépend de la taille de la vente. L'étude de Rackham (1988, 35 000 appels) montre que les techniques de vente classiques aident sur les petites ventes et desservent les grosses. Sur un deal important, plus long et plus engageant, la relance forcée et la question fermée piège font baisser le taux de réussite au lieu de le monter.

C'est l'étude la plus citée du secteur : Neil Rackham a analysé 35 000 appels de vente et comparé ce qui marche selon la taille du deal. Conclusion : les phrases de vente agressives améliorent les petites ventes simples mais coulent les ventes complexes. Le vrai levier se joue bien avant la conclusion.

Les questions posées en amont, en particulier les questions d'Implication qui font prendre conscience au prospect de l'ampleur de son problème. Le deal se gagne pendant la découverte, pas au moment de « conclure ». La phrase de vente ne fait que refléter un travail déjà fait plus tôt dans l'appel.

Parce qu'elle a été conçue pour un autre type de vente. Une choré de vente rodée sur des petites ventes rapides devient contre-productive quand tu passes à des deals plus gros et plus engageants. Ce n'est pas une question d'exécution ou de timing : c'est la recette elle-même qui ne correspond plus au plat.

Tu connais la théorie. Restent tes propres freins, ceux qui te font lâcher une vente que tu tenais :

« J'ai peur de paraître insistant » → vendre sans en avoir l'air
« Mon prospect dit c'est trop cher » → la vraie réponse
« Il me dit je vais réfléchir » → que répondre

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Sources

Méthodo : uniquement des études publiées et des données vérifiables, jamais d'avis non sourcé.

Rackham, N. (1988). SPIN Selling.

McGraw-Hill. Page éditeur : routledge.com

Synthèse de la méthodologie de l'étude (35 000 appels, 23 pays) : Salesmotion, "SPIN Selling: The 4 Question Types That Close Deals"

Résumé détaillé des résultats de recherche : ReadinGraphics, "Book Summary: SPIN Selling"

Entretien de Neil Rackham sur l'évolution de ses travaux : Inflexion-Point, "Neil Rackham reveals the changing face of selling"

Schéma du système SPIN Selling : HubSpot Blog, "The SPIN selling method"

Citation de Rackham sur la prévention des objections : Sales Enablement Collective, "What is the SPIN selling sales methodology?"

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

J'étais fiscaliste freelance. Pendant plus de 3 ans, j'ai vendu mes propres coachings entre 5 000 et 10 000 €, en B2B comme en B2C. Mes offres à moi, jamais celles d'un autre. Aujourd'hui j'aide les coachs et consultants qui font déjà 2 à 15k par mois à signer plus de clients. Parce que le moteur du bonheur, c'est pas le voyage : c'est la liberté de travailler d'où tu veux.

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Léo Fanouillet

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Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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