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Ta marque

La marque qui tranche contre la marque qui plaît

· 25 min de lecture · Mis à jour août 2026 · 2 sources

Il y a quelques mois, un consultant m'a envoyé son feed en me demandant pourquoi ça ne décollait pas. Il faisait déjà 3000 € par mois, il publiait quatre fois par semaine, tout était propre, bien écrit, poli. Je l'ai lu pendant dix minutes et j'ai eu une sensation bizarre : j'aurais pu attribuer chacun de ses posts à trois autres coachs de sa niche sans me tromper. Rien ne dépassait. Rien ne fâchait. Rien ne restait non plus.

C'est le piège dans lequel je vois tomber presque tous les indépendants qui gagnent déjà leur vie : à force de vouloir ne froisser personne, ils lissent tout, et leur marque devient un fond sonore. Je vais te montrer pourquoi une marque tiède n'existe pas, pourquoi trancher n'est pas un risque mais la seule façon d'être vu, et comment le faire sur de la preuve plutôt que sur une posture que n'importe qui peut copier. C'est valable que tu aies 800 ou 20 000 abonnés.

L'essentiel

  • Une marque qui essaie de plaire à tout le monde ne reste dans la tête de personne. Le consensus est confortable et invisible.
  • Seth Godin l'a résumé il y a vingt ans : dans un marché saturé, sois remarquable ou sois ignoré. La prudence est devenue le vrai risque.
  • Trancher fait partir les curieux et rapproche les acheteurs. Tu ne perds pas des clients, tu perds du bruit autour de toi.
  • Une position qui tranche n'est pas une provocation gratuite : elle tient parce que tu peux l'argumenter, l'appliquer et surtout la prouver.
  • Ta marque n'est pas une vitrine copiable, c'est une preuve : des résultats chiffrés, de vrais cas, l'écoute de vrais appels. Ça, personne ne peut te le voler.

L'hypothèse de départ

Si je reste consensuel, professionnel et lisse, je garde toutes mes portes ouvertes. Prendre position, c'est prendre le risque de me couper d'une partie de mon audience et donc de clients.

C'est l'histoire que tout le monde se raconte pour justifier la tiédeur. En réalité, garder toutes les portes ouvertes revient à n'entrer par aucune : une marque qui ne coupe rien ne retient rien, et l'audience qu'elle protège n'était de toute façon pas près d'acheter.

Dans une file de vaches brunes, on ne remarque que la violetteelletrancheon la cite« correct, propre, oubliable »« correct, propre, oubliable »
L'image de Seth Godin : un pré rempli de vaches brunes finit par lasser, parce qu'elles se ressemblent toutes. Une marque prudente et consensuelle est une vache brune de plus. Ce qui se remarque, se cite et se recommande, c'est ce qui tranche. Le consensus n'est pas neutre, il est invisible.

Nouveau ici ? Commence par le manifeste → Ton service est excellent, ta vente non

Une marque tiède n'existe pas, elle est juste invisible§

Commençons par le mot qui fait mal : tiède. Quand tu gagnes déjà ta vie avec ton activité, tu as beaucoup à protéger, et le réflexe naturel est de ne rien casser. Tu arrondis les angles, tu nuances chaque opinion, tu mets un « ça dépend » devant chaque affirmation, tu évites les sujets qui pourraient déplaire. Tu appelles ça rester professionnel. En réalité, tu es en train de rendre ta marque parfaitement interchangeable avec celle de tous ceux qui font le même métier que toi.

Le problème du lisse, ce n'est pas qu'il choque, c'est qu'il ne laisse aucune trace. Quand un lecteur tombe sur un contenu poli et consensuel, il hoche la tête, il trouve ça juste, et il oublie dans la seconde. Rien ne s'accroche. Il ne pourra pas te citer à un ami, parce qu'il n'y a rien à citer. Il ne saura pas te distinguer de ton voisin, parce que vous dites exactement la même chose avec les mêmes précautions. Une marque tiède ne se fait pas d'ennemis, mais elle ne se fait pas de fans non plus, et sans fans il n'y a pas de clients.

C'est là qu'un vieux livre m'a mis une claque quand je l'ai lu. Seth Godin, dans Purple Cow paru en 2003, raconte un trajet en voiture à travers la campagne française. Au début, il trouve les vaches magnifiques, puis au bout de vingt minutes il ne les voit même plus : elles sont toutes brunes, toutes pareilles, elles se fondent dans le décor. Sa question devient célèbre : et si, au milieu, il y avait une vache violette ? Là, tu t'arrêtes, tu regardes, tu en parles. Godin en tire une thèse simple, presque brutale : dans un marché encombré, être prudent n'est pas sûr, c'est le moyen le plus sûr de disparaître. Sois remarquable, ou sois invisible.

Voilà comment moi je l'applique, très concrètement. Chaque fois que je m'apprête à publier quelque chose que n'importe quel autre acteur de mon domaine pourrait signer sans broncher, je le jette, non parce que c'est faux, mais parce que c'est brun. Ma vache violette à moi, c'est de lire une vente comme je lisais une compta : des chiffres, une fuite, une correction, zéro promesse de gourou. Ça ne plaît pas à ceux qui cherchent la formule magique, et c'est exactement pour ça que ça retient ceux qui veulent du concret. Godin ne dit pas « sois clivant pour le plaisir », il dit que le consensus est devenu le vrai danger. Vingt ans plus tard, avec des milliers de créateurs qui publient la même chose, c'est encore plus vrai.

Le déclic

Ton contenu n'a pas besoin d'être meilleur que celui du voisin. Il a besoin d'être reconnaissable sans ton nom dessus. Si on peut attribuer ton post à trois autres personnes de ta niche, tu n'as pas une marque, tu as un fond sonore.

Ce que tu appelles « rester pro » est souvent de la peur déguisée§

Soyons honnêtes une minute, parce que c'est le vrai sujet et personne n'en parle. Si tu lisses tout, ce n'est pas par stratégie. C'est parce que trancher fait peur. Peur qu'on te réponde mal, peur de passer pour arrogant, peur de dire une bêtise et qu'on te le rappelle, peur qu'un prospect se ferme parce que tu as osé une opinion nette. Alors tu enfiles un costume neutre et lisse, et tu te dis que c'est du professionnalisme. La plupart du temps, c'est un masque.

Le souci, c'est que ce masque coûte cher, dans les deux sens. D'abord il te rend invisible, on vient de le voir. Ensuite il t'épuise. Tenir une façade en permanence, choisir chaque mot pour ne déplaire à personne, surveiller que rien ne dépasse, c'est un travail de tous les instants, et c'est ce travail invisible qui use. Beaucoup de coachs et de consultants qui publient depuis des années se sentent vidés non pas parce qu'ils créent trop, mais parce qu'ils jouent un rôle trop poli pour être tenable. Le masque n'a pas de bouton off, et à la longue on ne sait plus qui parle : toi, ou le personnage prudent que tu as construit pour te protéger.

Il y a aussi une couche plus intime là-dessous, celle du doute sur soi. Prendre position, c'est s'exposer, et s'exposer réveille cette petite voix qui murmure « de quel droit tu affirmes ça ». Alors on préfère la nuance permanente, qui a l'immense avantage de ne jamais nous mettre en défaut. Sauf qu'une marque bâtie pour se protéger de la critique se protège aussi de l'attachement. On ne s'attache pas à quelqu'un qui ne dit jamais rien de risqué. Je creuse cette peur d'affirmer dans l'article sur le syndrome de l'imposteur quand il s'agit de vendre son prix, parce que c'est le même mécanisme : la peur de ne pas être légitime pousse à se rendre plus petit qu'on ne l'est.

Ce que j'ai fini par comprendre, en trois ans de contenu quotidien, c'est que la position claire est en réalité plus reposante que la neutralité. Quand tu sais ce que tu défends et ce que tu refuses, tu n'as plus à calculer chaque phrase : tu dis ce que tu penses, et c'est tout. Le masque tombe, et avec lui la fatigue de le tenir. Ce n'est pas la marque qui tranche qui épuise, c'est la marque qui essaie de plaire à tout le monde et qui doit surveiller chacun de ses mots pour ne froisser aucun des mille visages qu'elle vise.

Prendre position, ce n'est pas provoquer, c'est choisir§

Ici il faut lever un malentendu, parce que beaucoup de gens confondent trancher et faire le clown. Ils voient des comptes qui balancent des punchlines outrancières pour ramasser des vues, ils se disent « je ne suis pas comme ça » et ils en concluent que trancher, ce n'est pas pour eux. Ils ont raison sur un point : la provocation gratuite n'est pas une position, c'est du bruit. Mais ils jettent le bon avec le mauvais, et ils retombent dans la tiédeur en croyant faire preuve d'élégance.

La différence entre les deux est simple à énoncer. Une vraie position, c'est une conviction que tu peux défendre, appliquer et prouver. La provocation gratuite, c'est un effet de manche que tu ne pourrais pas tenir dix minutes en face de quelqu'un qui te demande « d'accord, mais concrètement ». La première te coûte quelque chose : elle te ferme des portes, elle t'aligne avec un camp, elle te rend attaquable sur le fond. La seconde ne coûte rien parce qu'il n'y a rien derrière. Le vrai test d'une position, c'est son prix. Si affirmer ce que tu affirmes ne te coûte aucune porte, ce n'est probablement pas une position, c'est un lieu commun déguisé.

Regarde ce que ça change dans le public que tu attires. La provocation ramène des spectateurs : des gens qui viennent pour le spectacle, qui commentent, qui repartent, et qui n'achèteront jamais rien parce qu'ils n'étaient pas là pour ça. La position, elle, ramène des gens qui reconnaissent leur problème dans ta façon de voir et qui se disent « lui, il a compris quelque chose que les autres n'osent pas dire ». Ces gens-là ne viennent pas pour le show. Ils viennent parce qu'ils veulent être accompagnés par quelqu'un qui pense comme ils aimeraient qu'on les aide. C'est la différence entre une audience qui applaudit et une audience qui achète.

Prendre position, au fond, ce n'est pas hausser le ton, c'est choisir. Choisir une méthode et dire pourquoi les autres t'agacent. Choisir un type de client et assumer que tu n'es pas pour les autres. Choisir une conviction inconfortable et la répéter jusqu'à ce qu'on t'y associe. Ma position à moi tient en une phrase que je répète depuis le début : ton problème, ce ne sont pas tes leads, c'est ta conversation de vente. Elle fâche ceux qui veulent qu'on leur parle de trafic. Tant mieux. Ceux qui restent sont exactement ceux à qui je peux être utile.

D'où je parle

Je crée du contenu tous les jours depuis 3 ans, et j'ai testé les deux marques dans mon propre feed. Quand j'écrivais des choses prudentes et consensuelles, ça faisait des vues correctes et zéro conversation sérieuse. Le jour où j'ai commencé à dire tout haut ce que je disais à mes clients en privé, y compris ce qui fâche, j'ai perdu des abonnés tièdes et gagné des gens qui prenaient rendez-vous en disant « enfin quelqu'un qui parle comme ça ». La position n'a pas réduit mon audience utile, elle l'a concentrée. C'est exactement le tri que je faisais avant, quand je lisais une compta : enlever le bruit pour voir où est la vraie valeur. Et je ne théorise pas la marque qui tient : ma première, je l'ai bâtie ailleurs, dans la fiscalité, mon métier d'avant, en faisant le travail et pas en expliquant comment se faire une marque, jusqu'à y devenir une référence sur mon marché. La preuve que ça tenait vraiment, c'est que 6 mois après avoir tout arrêté, des gens me relancent encore en message pour que je les aide là-dessus, et je refuse : une marque bâtie en faisant ne s'éteint pas le jour où tu pars, à l'inverse de celle du formateur qui n'a jamais construit qu'un cours.

En 30 minutes, je repère avec toi la phrase de positionnement que tu dis déjà en appel et que tu n'oses pas encore publier, celle qui ferait fuir les curieux et venir les décidés →

Ta position fait deux choses : elle filtre, puis elle prouvel'audiencetièdesetdécidésta positionles curieux repartentles décidés restent« lui, il a compris »la preuve tient la positionrésultats chiffrés · vrais casécoute de vrais appelsLa position trie l'audience avant l'appel ; la preuve fait qu'elle tient face à la contradiction.
Une marque qui tranche travaille sur deux plans. D'abord elle filtre : la position fait partir les curieux et retient ceux qui se reconnaissent. Ensuite elle prouve : sans résultats chiffrés, vrais cas et écoute de vrais appels derrière, une position n'est qu'une opinion de plus. Le filtre attire les bons profils, la preuve les convainc de rester.

Ta marque n'est pas une vitrine, c'est une preuve§

On arrive au cœur, et à ce qui me distingue de la plupart des gens qui parlent de marque perso. Beaucoup te vendent la vitrine : la charte graphique, la bio qui claque, le ton, les Reels qui tournent, la ligne éditoriale bien huilée. Tout ça peut aider, mais tout ça se copie. Ta police, ta palette, tes formats, tes phrases d'accroche, quelqu'un de motivé peut les reproduire en un week-end. Une marque qui ne tient que sur son esthétique est une marque qu'on peut piller. Et dans un marché où tout le monde regarde ce que font les autres, c'est exactement ce qui arrive.

Ce qui ne se copie pas, c'est la preuve. Les résultats que tu as obtenus, les vrais cas que tu peux raconter, les mécanismes que tu as vus fonctionner encore et encore parce que tu les as vécus. Ça, personne ne peut te le voler, parce que ça vient de ce que tu as réellement fait. Une marque qui tranche sans preuve derrière, c'est un slogan : ça attire l'attention deux secondes et ça s'effondre à la première question précise. Une marque qui tranche avec de la preuve derrière, c'est une position que tu peux défendre indéfiniment, parce que quand on te contredit, tu ne réponds pas par une opinion, tu réponds par un cas concret.

C'est pour ça que ma marque tient sur l'écoute de vrais appels, pas sur des punchlines. Quand j'affirme que le problème est dans la conversation et pas dans le trafic, je ne demande pas qu'on me croie sur parole : je peux dérouler l'appel, montrer les deux moments précis où la vente se perd, chiffrer ce que ça coûte. La position devient irréfutable parce qu'elle est adossée à quelque chose de tangible. C'est la différence entre dire « il faut oser vendre » et montrer, enregistrement à l'appui, pourquoi un prospect chaud s'est refroidi à la minute 22. Le premier est une vitrine, le second est une preuve.

Cette distinction n'est pas la même que celle du contenu qui filtre. J'ai écrit un article entier sur le contenu qui filtre plutôt que de plaire, et il parle du tuyau : quels posts écrire pour repousser les mauvais profils. Ici, je te parle de ce que ce tuyau transporte : la position que ta marque défend et la preuve sur laquelle elle repose. Le contenu, c'est la mécanique de diffusion ; la marque, c'est la conviction et la matière qui lui donnent du poids. Tu peux avoir un contenu qui filtre bien et une marque qui ne tient sur rien, et l'inverse est vrai aussi. Les deux comptent, mais ils ne se remplacent pas.

La conséquence est libératrice quand on la comprend. Si ta marque repose sur la preuve, tu n'as plus à courir après l'esthétique parfaite ni à te comparer à ceux qui ont un feed plus léché. Ta légitimité ne vient pas de la mise en scène, elle vient de ce que tu sais faire et que tu peux montrer. Je développe ce point dans la preuve que personne ne te donne sur ton contenu : la vraie preuve d'une marque, ce n'est pas l'engagement, c'est ce qu'elle déclenche chez les bonnes personnes.

Tu veux savoir sur quelle preuve ta marque peut vraiment tenir ? Réserver une consultation offerte →

La position qui tranche fait aussi le tri à ta place§

Il y a un bénéfice à trancher que presque personne ne mentionne, et c'est celui que je préfère parce qu'il touche directement à la vente. Une marque qui prend position fait le tri à ta place, avant même que tu décroches ton téléphone. Elle repousse en amont les gens qui n'auraient jamais acheté, et elle attire ceux qui sont déjà à moitié convaincus. Résultat : les personnes qui arrivent jusqu'à toi sont déjà alignées avec ta façon de voir, et l'appel devient une confirmation plutôt qu'une bataille.

Prends le problème dans l'autre sens. Une marque tiède attire un peu tout le monde : des curieux, des gens en veille, des personnes qui ne sont pas de ta cible mais que rien n'a repoussées. Tu te retrouves avec un agenda plein de conversations qui ne mènent nulle part, et tu passes ton temps à convaincre des gens qui ne partagent même pas ton cadre de départ. C'est épuisant, et c'est un des symptômes que je vois le plus souvent chez les coachs qui font 2000 à 3000 € : pas un manque de contacts, un excès de mauvais contacts. Trop de tiédeur autour d'eux, pas assez de gens décidés.

La position résout ce problème gratuitement, parce qu'elle travaille pendant que tu dors. Quand tu affirmes clairement pour qui tu es et pour qui tu n'es pas, ceux qui ne se reconnaissent pas s'écartent d'eux-mêmes, et ceux qui se reconnaissent se rapprochent avec une intention déjà formée. C'est le principe que je détaille dans nommer ceux à qui tu ne t'adresses pas : dire tout haut qui n'est pas ta cible est le filtre le plus honnête et le plus efficace que tu possèdes. Une marque qui tranche est une marque qui a fait ce tri à ta place.

Ce tri passe aussi par ta spécialisation et par ton prix, deux endroits où la tiédeur fait le plus de dégâts. Une marque qui refuse de se spécialiser, par peur de se couper de clients, se retrouve à parler à personne en particulier ; j'en fais tout un article dans ta spécialisation est ton meilleur argument. Et une marque qui n'assume pas son niveau de prix attire des gens qui ne pourront pas suivre. Trancher sur ces deux points, c'est accepter de fermer des portes pour n'ouvrir que les bonnes. Ce que tu perds en volume de curieux, tu le gagnes en qualité de conversations, et c'est la seule chose qui compte quand ton objectif est de signer, pas de collectionner des abonnés.

Le piège classique

Croire qu'une audience large protège ton chiffre. Une audience large et tiède te donne surtout beaucoup d'appels qui n'aboutissent pas et une impression trompeuse de sécurité. Trois personnes par mois qui adhèrent vraiment à ta position valent mieux que dix mille abonnés qui te trouvent « sympa ». J'en fais la démonstration chiffrée dans trois personnes par mois battent dix mille abonnés.

Comment trancher sans jouer un personnage§

Reste la question qui angoisse le plus les gens sérieux : comment prendre position sans devenir un caricature de moi-même, sans jouer un rôle qui va m'épuiser et que je ne pourrai pas tenir dans la durée. C'est une vraie inquiétude, et elle a une réponse simple : tu tranches sur ce que tu penses vraiment, pas sur ce qui fait réagir. Un personnage se joue, une conviction se vit. La première option demande de l'énergie chaque jour parce qu'il faut simuler ; la seconde n'en demande aucune parce qu'il n'y a rien à simuler.

La marque durable n'est pas la plus spectaculaire, c'est la plus honnête. La preuve, c'est le test du lundi matin : est-ce que tu peux défendre ta position un jour de fatigue, sans inspiration, sans mise en scène, juste parce que tu y crois ? Si oui, tu tiens quelque chose de solide. Si ta position ne tient que les jours où tu as l'énergie de jouer un rôle, elle finira par te lâcher, et toi avec. C'est là que se cache le vrai burnout de la marque perso : non pas dans le volume de contenu, mais dans l'effort de tenir un masque qui n'est pas toi.

Concrètement, pour trouver ta position sans inventer un personnage, pars de ce que tu répètes déjà. Les phrases que tu dis à tes clients quand personne ne te regarde, les conseils que tu donnes en boucle, les raccourcis du marché qui t'agacent, les promesses que tu trouves malhonnêtes chez les autres. Tout ça, ce sont tes convictions à l'état brut. Tu n'as pas à les fabriquer, tu as juste à les dire tout haut. La position que tu cherches est déjà dans ta bouche, tu l'as simplement gardée pour le privé par prudence.

Et n'oublie pas la deuxième moitié : ce que tu refuses. Une marque qui tranche se définit autant par ce qu'elle défend que par ce qu'elle rejette. Ce que tu ne fais pas, ce que tu ne promets pas, les méthodes que tu trouves toxiques, les clients que tu n'acceptes pas. J'en ai fait un article à part entière, ce que ta marque doit repousser, pas seulement attirer, parce que c'est souvent là que la position devient nette. Dire non publiquement, c'est le geste le plus clivant et le plus rassurant à la fois : clivant pour ceux qui aiment ce que tu rejettes, rassurant pour ceux qui le rejettent avec toi.

Un dernier point pratique, parce que je sais où ça coince. Trancher ne veut pas dire tout dire d'un coup ni chercher le clash. Ça veut dire tenir une ligne, la répéter, l'illustrer par des cas, et accepter calmement que certains ne soient pas d'accord. Tu n'as pas besoin d'être agressif, tu as besoin d'être net. Et si tu recommandes un outil pour organiser tes rendez-vous une fois que ta marque commence à attirer les bons profils, prends un vrai planificateur comme iClosed plutôt qu'un simple lien de calendrier : ça te permet de qualifier avant l'appel et de protéger ton agenda des curieux que ta position n'a pas suffi à filtrer.

Le verdict§

Le verdict

Si tu gagnes déjà ta vie mais que ta marque n'attire personne en particulier, arrête de croire que le problème est le volume. Le problème est la tiédeur. Une marque qui essaie de plaire à tout le monde ne reste dans la tête de personne : elle est correcte, propre et parfaitement oubliable. Seth Godin l'a dit il y a vingt ans, la prudence est devenue le vrai risque, et le consensus est invisible. Trancher n'est pas provoquer, c'est choisir une conviction que tu peux défendre, appliquer et prouver. Ça fait partir les curieux et venir les décidés, ça fait le tri de ton audience avant même le premier appel. Et pour tenir dans la durée sans t'épuiser, tranche sur ce que tu penses vraiment, adossé à de la preuve. Une vitrine se copie. Une position prouvée, jamais.

À toi de jouer§

Assez de théorie. Prends une feuille et fais l'exercice avec ta propre marque. À la fin, tu auras une position en une phrase et la preuve qui la tient.

  1. Fais le test de la vache brune. Prends tes 5 dernières publications et demande-toi, pour chacune : est-ce que trois autres personnes de ma niche auraient pu la signer ? Chaque « oui » est un contenu tiède. Compte-les. C'est ton niveau d'invisibilité actuel.
  2. Sors ce que tu dis en privé. Note 3 phrases que tu répètes à tes clients quand personne ne te regarde, celles que le marché autour de toi n'ose pas dire. Ta position se cache dedans. C'est ta matière brute, pas un personnage à inventer.
  3. Écris ce que tu refuses. Liste 3 méthodes, promesses ou raccourcis de ta niche que tu trouves malhonnêtes ou toxiques. Ce que tu rejettes définit ta marque autant que ce que tu défends, et c'est souvent plus net.
  4. Adosse chaque position à une preuve. Pour chaque conviction, écris à côté le résultat chiffré, le cas réel ou l'observation de terrain qui la soutient. Une position sans preuve reste une opinion : garde seulement celles que tu peux prouver.
  5. Publie la plus inconfortable. Prends la position qui te fait le plus peur à publier, celle qui pourrait faire partir des curieux, et publie-la cette semaine avec sa preuve. Observe qui part et qui te répond « enfin ». Ce sont eux, ta vraie audience.

Si l'exercice te met mal à l'aise, c'est bon signe : ça veut dire que tu touches enfin quelque chose de net après des mois de lissage. Pour transformer cette position en marque qui amène des clients, il faut vérifier qu'elle tient jusque dans l'appel. En 30 minutes, on prend ta position et tes 3 derniers appels de vente, et je te sors la seule conviction que ta marque défend déjà mais que tu n'assumes pas encore à voix haute, plus la preuve chiffrée à mettre devant pour qu'elle tienne face à la contradiction. C'est le diagnostic « marque qui tranche » : réserve ton créneau ici.

Tu vois le mécanisme. Voilà par où on continue :

« Mon contenu plaît mais ne vend pas » → écrire un contenu qui filtre
« Je n'ose pas dire qui n'est pas ma cible » → nommer ceux à qui tu ne t'adresses pas
« J'ai plein d'abonnés et zéro client » → 8000 abonnés, zéro client
« Qu'est-ce que ma marque doit repousser ? » → ce que ta marque doit repousser

Tu veux qu'on trouve la position qui trie ton audience à ta place ? On fait ça en 30 min.

Un terme technique t'échappe ? Consulte le lexique →

Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

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Questions fréquentes

Le plus souvent parce que tu lisses tout pour ne froisser personne, et qu'à force de vouloir plaire à tout le monde, tu ne restes dans la tête de personne. Seth Godin appelle ça la vache brune : un contenu prudent, correct, consensuel, ressemble à tous les autres et devient invisible. Publier beaucoup ne suffit pas si chaque publication pourrait être signée par n'importe quel autre coach de ta niche. Ce qui te fait exister, ce n'est pas la quantité, c'est une position claire que le lecteur peut citer, recommander ou combattre.

Ça va te faire perdre des curieux, et c'est le but. Une position claire fait partir ceux qui ne t'auraient jamais acheté, et rapproche ceux qui reconnaissent leur problème dans ta façon de voir. Tu ne perds pas des clients, tu perds du bruit. Un coach qui fait déjà 2 000 à 3 000 € par mois n'a pas un problème d'audience, il a un problème de tri : trop de gens tièdes autour de lui et trop peu de gens décidés. Trancher règle ce tri à ta place, avant même le premier appel.

Trancher, c'est défendre une conviction que tu tiens vraiment et sur laquelle tu peux argumenter, appliquer, prouver. La provocation gratuite, c'est choquer pour attirer l'attention sans rien derrière. La première attire des gens qui partagent ta vision et te font confiance pour les accompagner. La seconde attire des spectateurs qui viennent pour le spectacle et repartent. Le test est simple : si ta position te coûte quelque chose, si elle te ferme une porte que d'autres gardent ouverte, c'est une vraie position. Si elle ne fait que ramener des vues, c'est du bruit.

Pars de ce que tu répètes à tes clients quand personne ne te regarde, la phrase que tu dis en appel et que le marché autour de toi n'ose pas dire. C'est là que se cache ta position. Regarde aussi ce qui t'agace chez les autres acteurs de ta niche, les raccourcis que tu refuses, les promesses que tu trouves malhonnêtes. Ta marque qui tranche se construit sur ce que tu défends et sur ce que tu refuses, adossé à des preuves : des résultats chiffrés, de vrais cas, l'écoute de vrais appels. Une position sans preuve derrière n'est qu'une opinion de plus.

En prenant position sur ce que tu penses réellement, pas sur ce qui fait réagir. Un personnage se joue, et jouer un rôle tous les jours finit par vider : c'est le masque qu'on n'arrive plus à retirer et la fatigue qui va avec. Une conviction sincère, elle, ne demande aucune énergie à tenir, parce que tu n'as rien à simuler. La marque durable n'est pas la plus spectaculaire, c'est la plus honnête : celle que tu peux défendre le lundi comme le dimanche, dans trois ans comme aujourd'hui, sans bouton off à chercher.

Sources

Article construit à partir de mon expérience de création de contenu quotidien depuis 3 ans et de l'analyse de vrais appels de coachs et consultants, mise en perspective avec l'idée centrale de Seth Godin sur la marque remarquable. Aucune statistique n'est avancée : les exemples chiffrés (2 000 à 3 000 € par mois) désignent le profil visé, pas une donnée mesurée.

Godin, S. (2003), Purple Cow: Transform Your Business by Being Remarkable, Portfolio : dans un marché saturé, la prudence est le vrai risque, seul ce qui est remarquable échappe à l'invisibilité. C'est l'idée que j'applique en refusant de publier ce que n'importe qui de ma niche pourrait signer.

Lecture complémentaire : Godin, S. (2018), This Is Marketing, Portfolio : viser le plus petit public viable plutôt que la masse, et construire une marque autour de ceux qu'on choisit de servir.

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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Léo Fanouillet

Une lettre, chaque semaine

Not Vendeur But Coach

Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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