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Comment copier un post Insta qui a marché (sans devenir une photocopie)
Il y a un an, un de mes posts a fait dix fois mes chiffres habituels. J'étais content, et incapable de te dire pourquoi. Alors j'ai fait un truc que je conseille à tous les élèves depuis : je l'ai disséqué comme une pièce détachée, ligne par ligne, pour comprendre ce qui avait arrêté le scroll. Et là, surprise, la structure qui avait marché n'était même pas de moi. Je l'avais absorbée sans m'en rendre compte dans un post d'un vulgarisateur scientifique que je suivais, quelqu'un qui ne parle jamais de vente. J'avais copié, sauf que personne ne pouvait le voir, parce que j'avais copié la bonne chose.
C'est tout le sujet de cet article, et il gêne un peu, parce qu'on t'a appris que copier était mal. En réalité, copier un post qui a marché est une des compétences les plus rentables du créateur de contenu, à une condition : savoir quelle couche copier. Il y a le copiage qui te rend invisible et fragile, celui qui te transforme en photocopie d'un autre. Et il y a le copiage qui t'apprend ton métier et te fait progresser à toute vitesse. La différence tient dans une seule idée, et à la fin tu auras une méthode complète pour modéliser un post gagnant sans jamais ressembler à personne.
L'essentiel
- Copier un post qui a marché est une compétence, à condition de copier la bonne couche. Un post en a trois : le sujet en surface, le squelette au milieu, la voix au fond.
- Le squelette, c'est le hook, la structure, le format, le rythme. C'est ce qui fait marcher le post, et c'est ce que tu dois modéliser. La voix et les mots, tu ne les touches jamais.
- Constitue un swipe file, ta banque de posts qui marchent, y compris hors de ta niche. Les meilleurs squelettes viennent d'ailleurs que de ton marché.
- Dissèque chaque post gagnant en six pièces, extrais le squelette sous forme de modèle vide, puis remplis-le avec ton sujet, ta voix et ta preuve.
- Passe chaque copie au test du split-screen. Si on voit que c'est copié, tu as gardé la surface ou les mots. Si on ne voit qu'une structure commune, tu as modélisé proprement.
L'hypothèse de départ
Copier, c'est tricher. Pour être un bon créateur, je dois tout inventer moi-même, à partir de rien, sinon je ne suis qu'un suiveur.
C'est une croyance qui coûte cher, parce qu'elle te fait repartir d'une page blanche à chaque post et réinventer une roue qui existe déjà. On va tester l'idée inverse : les meilleurs créateurs ne partent jamais de zéro, ils modélisent ce qui marche et le remplissent avec ce qui n'appartient qu'à eux.
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Copier n'a rien d'un gros mot, c'est la base de tout apprentissage§
Commençons par désamorcer la culpabilité, parce qu'elle te bloque pour rien. Tous les métiers créatifs s'apprennent par la copie. Les peintres de la Renaissance passaient des années à reproduire les maîtres avant de peindre leur première œuvre. Les musiciens rejouent les morceaux des autres pendant des milliers d'heures avant d'écrire le leur, et quand ils composent, ils réutilisent des structures d'accords vieilles de plusieurs siècles. Les humoristes travaillent des formats de vannes qui existaient bien avant eux. Personne, dans aucun art, ne part vraiment de rien. L'idée du génie qui invente tout seul, à partir du vide, est un mythe romantique qui fait plus de mal que de bien.
L'auteur Austin Kleon a écrit un petit livre entier là-dessus, Steal Like an Artist, et son titre dit déjà tout : vole comme un artiste. Il reprend une idée souvent attribuée à Picasso, les bons artistes copient, les grands artistes volent. La nuance entre les deux mots est exactement le sujet de cet article. Copier, au sens faible, c'est reproduire à l'identique, le calque, la photocopie. Voler, au sens de Kleon, c'est prendre ce qui te sert, le digérer, le transformer, et le rendre tien au point qu'on ne reconnaît plus la source. Le plagieur reproduit. L'artiste absorbe et transforme.
Pour un créateur de contenu qui fait déjà 2 ou 3K par mois, cette distinction vaut de l'argent. Tu n'as pas le temps de réinventer la structure d'un bon hook à chaque post. Ce serait comme réinventer la gamme de do majeur avant chaque chanson. Les structures qui captent l'attention existent, elles ont été testées sur des millions de scrolls, et elles sont à ta disposition gratuitement dans ton fil. Refuser de les utiliser par pureté, c'est te handicaper au nom d'un principe que personne, chez les meilleurs, ne respecte. Eux modélisent en permanence, ils ne s'en cachent même pas.
Il faut juste tracer une ligne nette, et c'est là que je te ramène à un article que je viens de publier. Dans être unique dans un marché déjà saturé, je raconte l'affaire du compte CopyComic, qui a mis en 2018 des sketchs de Gad Elmaleh côte à côte avec ceux d'autres humoristes, sur le même sujet, avec la même construction, parfois les mêmes mots. Le résultat a été un effondrement, parce que ce qui était copié se voyait au split-screen. La leçon vaut pour ton feed : copier le sujet et les mots d'un autre te fragilise, parce qu'un simple montage côte à côte peut le révéler. Copier le squelette, lui, ne se voit pas, parce qu'un squelette rempli par deux personnes différentes donne deux posts différents.
Le déclic
Tu ne voles pas un post, tu voles sa mécanique. Le sujet appartient à celui qui l'a écrit, ses mots aussi. Mais la structure qui a fait marcher son post, la façon dont il a agencé un hook, une tension et une chute, appartient à tout le monde, comme une gamme appartient à tous les musiciens. Prends la gamme, écris ta propre mélodie.
Les trois couches d'un post, et la seule que tu dois copier§
Tout repose sur une image que tu dois garder en tête à chaque fois que tu regardes un post qui a cartonné. Un post a trois couches empilées, et ta réussite dépend entièrement de savoir laquelle tu prends.
La couche du dessus, c'est le sujet, la surface. De quoi parle le post, concrètement. Un post sur les cinq erreurs des coachs débutants, une story sur une cliente qui a doublé son chiffre, un carrousel sur la routine du matin. C'est la couche la plus visible, et c'est justement pour ça que la copier est le piège n°1. Si tu reprends le sujet exact d'un post qui a marché, dans la même niche, tout le monde voit que tu suis. Tu deviens le suiveur qui refait avec trois semaines de retard ce que l'original a déjà fait. La surface se copie en un regard, donc se repère en un regard.
La couche du fond, c'est la voix, l'âme du post. Le style de la personne, sa manière de tourner ses phrases, son humour, ses expressions, et surtout sa preuve, ce qu'elle a vécu et qu'elle seule peut raconter. Cette couche est incopiable par nature, et si tu tentes de la copier quand même, tu tombes exactement dans le piège Elmaleh. Reprendre les mots et le ton d'un autre, c'est du calque, ça sonne faux, et ça se démasque au premier split-screen. La voix ne se prête pas, elle se construit, et elle appartient à une seule personne.
La couche du milieu, c'est le squelette, la mécanique. Le hook qui arrête le scroll, la structure qui organise l'idée, le format choisi, le rythme, la manière dont la tension monte et retombe, l'endroit où arrive le CTA. Cette couche est neutre. Elle ne parle de rien en particulier, elle est juste une charpente qui fonctionne. Et c'est exactement celle que tu dois modéliser, parce qu'elle porte 80 % de la raison pour laquelle le post a marché, et qu'une fois vidée de son sujet et de ses mots, elle ne trahit plus aucune source. Deux personnes qui remplissent le même squelette produisent deux posts que personne ne songerait à mettre côte à côte.
Retiens donc la règle une bonne fois : tu voles la couche du milieu, tu jettes celle du dessus, tu gardes précieusement la tienne au fond. Le reste de cet article n'est que la méthode pour faire ça proprement, en trois temps : capturer, disséquer, remplir.
Le swipe file : ta banque de posts qui marchent§
Avant de savoir copier, il faut avoir de quoi copier sous la main. Les copywriters, les publicitaires qui écrivent pour vendre, ont un vieux réflexe qui vaut de l'or : le swipe file. C'est un dossier où ils collectionnent, depuis des décennies, les publicités et les textes qui ont marché, pour ne jamais partir d'une page blanche. Quand ils doivent écrire, ils ouvrent leur swipe file, y trouvent une structure éprouvée, et démarrent de là. Tu vas te constituer le tien, version Instagram.
Le principe est simple. Dès qu'un post t'arrête, le tien ou celui d'un autre, tu le mets de côté. Un dossier de captures d'écran sur ton téléphone, une collection dans les favoris d'Instagram, un carnet, peu importe le support tant qu'il est à portée de main. Et tu ajoutes une note d'une ligne : pourquoi celui-là m'a arrêté selon moi. « Le hook promet un secret. » « La première seconde montre le résultat avant le problème. » « Le format liste rend l'idée digeste. » Cette note vaut plus que la capture, parce qu'elle t'oblige à isoler la mécanique dès la collecte.
Deux règles pour un bon swipe file. La première : garde surtout tes propres posts qui ont marché. On oublie toujours d'étudier ses propres succès, alors qu'ils contiennent tes squelettes gagnants, ceux qui marchent avec ta voix à toi. Quand un de tes contenus dépasse tes chiffres habituels, ne te contente pas d'être content, dissèque-le et range-le. C'est le gisement le plus sûr, parce que tu peux réutiliser sa structure sans le moindre risque de ressembler à quelqu'un d'autre.
La seconde règle : va chercher hors de ta niche. Si tu ne collectionnes que des posts de coachs comme toi, tu finiras par leur ressembler, puisque vous puisez tous dans le même vivier de structures. Les squelettes les plus puissants, tu les trouveras chez un vulgarisateur scientifique, un humoriste, une marque de sport, un chef cuisinier. Ces gens ont des mécaniques d'attention rodées que personne de ton marché n'utilise. Quand tu ramènes une structure qui cartonne en cuisine dans un post sur la vente, tu apportes de la nouveauté sans inventer quoi que ce soit. C'est exactement la méthode que défendait Oussama Ammar avec son idée de Culture Pub : t'imprégner en masse de contenus efficaces, de tous horizons, jusqu'à absorber sans effort ce qui fait qu'une histoire fonctionne.
Le piège classique
Modéliser uniquement les gros comptes de ta propre niche est le meilleur moyen de devenir leur version dégradée. Vous copiez tous les mêmes structures, sur les mêmes sujets, avec un cran de retard sur l'original. Le résultat est un marché où tout le monde se ressemble. Le squelette volé loin de chez toi te démarque, celui volé chez ton voisin te dilue.
Disséquer : pourquoi ce post a marché, en six pièces§
Une fois que tu as un post gagnant sous les yeux, ne l'admire pas, démonte-le. Un bon post est une machine, et une machine se comprend en identifiant ses pièces. Voici les six à isoler, dans l'ordre où ton lecteur les rencontre.
Le hook, d'abord. La première ligne d'un texte, la première seconde d'un reel, la première image d'un carrousel. C'est ce qui a arrêté le scroll, et sans lui rien d'autre n'existe. Demande-toi précisément ce qu'il fait : promet-il un secret, annonce-t-il une erreur commune, montre-t-il un résultat surprenant, pose-t-il une question qui dérange ? Le hook porte souvent la moitié du succès à lui seul. J'en ai fait un article entier, trois hooks et lequel ramène des acheteurs, parce que c'est la pièce qui mérite le plus d'attention.
La tension ou la promesse, ensuite. Une fois le scroll arrêté, qu'est-ce qui donne envie de rester ? Le post fait espérer quelque chose, ou redouter quelque chose. Il ouvre une boucle que le cerveau veut refermer. Repère ce que le lecteur attend après le hook, et comment le post entretient cette attente au lieu de la satisfaire trop vite. La tension est le fil invisible qui tient le lecteur jusqu'au bout.
La structure, troisième pièce. Comment l'idée est-elle agencée ? Les grandes familles se comptent sur les doigts : la liste numérotée, l'histoire chronologique, la contre-intuition qui prend le lecteur à revers, l'avant-après, le mythe démonté, le pas-à-pas. Nomme la structure du post que tu étudies, parce que c'est elle, le squelette transférable par excellence. Elle est totalement neutre par rapport au sujet, donc tu pourras la remplir de n'importe quoi.
Le format, quatrième. Reel, carrousel ou texte, chaque format a ses forces, et le même contenu ne marche pas pareil selon le contenant. J'ai comparé ça dans reel, carrousel ou story, lequel ramène des clients. Note le format du post gagnant, parce qu'une bonne structure dans le mauvais format tombe à plat.
La preuve, cinquième pièce, celle qui rend le post crédible. Un chiffre, une capture, un exemple concret, un nom, une démonstration. Regarde où et comment le post prouve ce qu'il avance. C'est une pièce que tu vas garder dans son principe, mais remplir avec ta preuve à toi, jamais celle de l'original.
Le CTA, enfin, ce que le post demande de faire. Commenter un mot, enregistrer, partager, cliquer, écrire en message. Chaque post devrait avoir un job, une seule action visée, comme je l'explique dans chaque post doit avoir un job. Note l'action que le post gagnant cherche à déclencher, parce qu'elle fait partie de sa mécanique.
Une fois les six pièces posées, une évidence saute presque toujours aux yeux : le succès du post tient à une ou deux pièces, rarement à toutes. Un hook exceptionnel avec une structure banale. Ou une structure de contre-intuition brillante avec un hook moyen. Ta cible, c'est cette pièce-là, celle qui a fait le vrai travail. C'est elle que tu vas extraire et modéliser en priorité.
Extraire le squelette : du post concret au modèle vide§
Voici l'étape que presque personne ne fait, et c'est exactement celle qui sépare le modélisateur du photocopieur. Entre le post original et ton post, tu ajoutes une marche intermédiaire : le modèle vide. Tu réécris la structure du post gagnant sous forme de patron neutre, débarrassé du sujet et des mots d'origine. Un squelette abstrait qui ne parle de rien.
Un exemple rend ça limpide. Imagine un post d'un coach en productivité qui a cartonné, et qui dit à peu près : « J'ai cru pendant dix ans qu'il fallait se lever à 5h. Puis j'ai testé trois autres routines. Voici celle qui a tout changé, et pourquoi les gourous ont tort. » Tu ne recopies pas ce texte. Tu en extrais le squelette :
Ce modèle ne parle plus de réveil à 5h ni de productivité. Il est neutre, transférable, prêt à recevoir n'importe quel sujet. Et c'est là toute sa puissance : tu peux le remplir avec la vente, la nutrition, la finance, le dressage de chien. Personne ne pourra jamais faire le lien avec le post d'origine, parce qu'il ne reste plus rien de sa surface. Tu as gardé la mécanique, tu as jeté le contenu.
Fais-le par écrit, vraiment, ne le fais pas de tête. Écrire le modèle t'oblige à comprendre la structure au lieu de la ressentir vaguement, et c'est cette compréhension qui te permettra de le réutiliser dix fois sans t'en apercevoir. Au bout de quelques semaines de cet exercice, ton swipe file ne contient plus des captures d'écran, il contient une collection de modèles vides, tes patrons personnels, dans lesquels tu piocheras à chaque fois que tu séches devant un post à écrire.
Remplir avec ta voix et ta preuve§
Le modèle vide n'est qu'une charpente. Ce qui va rendre le post vivant, unique et à toi, c'est la matière que tu y mets, et cette matière vient de trois endroits que personne ne peut te voler.
Ta voix, d'abord. Le squelette est neutre, mais la manière dont tu l'écris ne l'est pas. Prends le modèle et remplis-le avec ton ton habituel, tes expressions, ton rythme. Un même patron rempli par une voix cash et par une voix douce donne deux posts qui n'ont plus rien à voir. C'est la voix qui fait qu'un lecteur te reconnaît, même quand la structure vient d'ailleurs. Si tu ne sais pas encore quelle est ta voix, c'est le moment de la travailler, parce que c'est elle qui transforme une structure empruntée en contenu personnel.
Ton sujet, ensuite, tiré de ton expertise et de ton marché. Le modèle sur la croyance longtemps tenue et fausse, tu le remplis avec une croyance de ton domaine à toi. Pour moi, ça donnerait : « J'ai cru pendant des années qu'il fallait plus de leads. » Le squelette est identique à celui du coach en productivité, le sujet est le mien, et le résultat parle uniquement de vente. La structure voyage d'un marché à l'autre sans laisser de trace.
Ta preuve, enfin, la couche la plus importante et la plus incopiable. Là où le post original mettait son chiffre ou son cas, tu mets le tien. C'est ce que je développe dans la preuve que personne ne te donne sur ton contenu : un squelette rempli de ta preuve réelle devient impossible à confondre avec quoi que ce soit. Deux personnes peuvent utiliser le même patron de contre-intuition, elles n'auront jamais la même preuve à mettre dedans, parce qu'elles n'ont pas vécu la même chose. La preuve est ce qui scelle définitivement la copie en création.
D'où je parle
Je publie tous les jours depuis 3 ans, et je n'ai quasiment jamais inventé une structure de zéro. Mon swipe file est plein de posts de vulgarisateurs, d'humoristes et de marques qui n'ont rien à voir avec la vente. Je vole leurs squelettes et je les remplis avec ma lentille d'ex-fiscaliste, ma façon de lire un appel comme une compta, et mes vrais chiffres. Personne n'a jamais pu dire « ah, ça vient de tel post », parce que la seule chose que je garde de l'original est une charpente que tout le monde a le droit d'utiliser. D'ailleurs, ma marque, je l'ai d'abord bâtie dans la fiscalité en faisant le travail pour de vrai, et cette matière première, elle, est à moi seul. On peut copier ma structure, jamais mon vécu.
Les cinq squelettes qui reviennent le plus souvent§
Pour t'aider à démarrer ton swipe file, voici cinq structures que tu vas croiser en boucle dans les posts qui marchent, toutes niches confondues. Je te les donne déjà sous forme de modèle vide, prêtes à remplir. Reconnais-les dans ton fil, et tu auras un temps d'avance.
La liste numérotée
Le squelette le plus digeste. Modèle : hook qui annonce un nombre et une promesse, puis N points courts et autonomes, puis une ligne de conclusion qui relie le tout. Il marche parce que le cerveau adore savoir combien d'efforts l'attendent. Parfait pour condenser une expertise en format scannable.
L'histoire personnelle
Le squelette qui crée le lien. Modèle : une scène précise et datée, puis le problème que tu vivais, puis le tournant, puis la leçon utile au lecteur. Il marche parce qu'on retient les histoires bien mieux que les conseils. C'est ici que ta preuve de vécu fait toute la différence, puisque personne d'autre n'a vécu ta scène.
La contre-intuition
Le squelette qui arrête le scroll net. Modèle : hook qui prend le lecteur à revers en attaquant une croyance répandue, puis la démonstration de pourquoi elle est fausse, puis la vérité de remplacement. Il marche parce que le désaccord réveille l'attention. C'est le squelette de mon post qui a fait dix fois mes chiffres, et je l'avais volé à un vulgarisateur.
L'avant-après
Le squelette qui vend une transformation. Modèle : l'état de départ pénible et concret, puis le déclic ou la méthode, puis l'état d'arrivée mesurable. Il marche parce qu'il rend le changement visible et désirable. Remplis-le avec un vrai cas client, jamais avec une promesse en l'air.
Le mythe démonté
Le squelette qui installe ton autorité. Modèle : nomme une idée reçue de ton marché, explique pourquoi tout le monde y croit, puis démonte-la avec un argument ou une preuve. Il marche parce qu'il te positionne comme celui qui voit clair là où les autres répètent. C'est aussi une excellente façon de désigner ton ennemi de marque.
Cinq squelettes, une infinité de posts. Aucun ne t'appartient, aucun n'appartient à personne, ils circulent depuis que les gens racontent des histoires. Ce qui t'appartient, c'est ce que tu coules dedans. Repère lequel structure le prochain post qui t'arrête, range-le, et tu n'écriras plus jamais devant une page blanche.
Le test du split-screen : le garde-fou anti-photocopie§
Avant de publier une copie, un seul test suffit à savoir si tu as modélisé proprement ou si tu as glissé vers la photocopie. Mets ton post à côté de l'original, mentalement ou pour de vrai, et regarde. Si quelqu'un qui verrait les deux côte à côte pourrait dire « c'est copié », tu as gardé trop de la surface ou trop des mots. Retourne à l'étape du modèle vide, abstrais davantage, et recommence. Si on ne voit qu'une structure commune remplie par deux personnes différentes, sur deux sujets différents, avec deux preuves différentes, tu es bon. Personne ne met en split-screen deux posts qui n'ont en commun qu'un squelette.
Ce test est le même que celui de l'affaire CopyComic, retourné à ton avantage. Ce qui a coulé Elmaleh, c'est que le split-screen révélait la copie, parce qu'il avait gardé le sujet, la construction et parfois les mots. Toi, tu ne gardes que la couche neutre, celle que le split-screen ne peut pas incriminer, parce qu'elle appartient à tout le monde. Une structure de liste, un hook de contre-intuition, un format carrousel ne sont la propriété de personne. Ce que tu mets dedans, si, et c'est là que tu es unique.
Une dernière précaution de bon sens. Modéliser un squelette est sain, reprendre mot pour mot la phrase d'accroche exacte d'un autre ne l'est pas, même si c'est tentant parce qu'elle marche. Une formule précise, ciselée par quelqu'un, lui appartient un peu, comme une punchline appartient à l'humoriste qui l'a écrite. Prends la mécanique de son accroche, le fait qu'elle promette un secret ou annonce une erreur, mais réécris-la avec tes mots. La ligne est simple : tu copies des principes et des structures, tu n'empruntes jamais des phrases entières.
Le verdict§
Le verdict
Copier un post qui a marché n'a rien de honteux, c'est même une des compétences les plus rentables du créateur, à condition de copier la bonne couche. Un post en a trois : le sujet en surface, que copier te transforme en photocopie visible. La voix au fond, que copier te fait tomber dans le piège du plagiat démasqué au split-screen. Et le squelette au milieu, neutre et transférable, qui porte l'essentiel du succès et que tu peux modéliser sans jamais trahir de source. Vole la couche du milieu, garde la tienne au fond.
La méthode tient en trois temps. Capture les posts qui marchent dans un swipe file, surtout hors de ta niche. Dissèque chacun en six pièces pour trouver celle qui a fait le travail. Extrais le squelette sous forme de modèle vide, puis remplis-le avec ta voix, ton sujet et ta preuve. Passe le résultat au test du split-screen, et si on ne voit qu'une structure commune, tu as créé au lieu de copier. Vole comme un artiste, disait Kleon. Prends la gamme de tout le monde, et joue ta mélodie.
À toi de jouer§
Assez lu. Prends le prochain post qui t'arrête dans ton fil, le tien ou celui d'un autre, et fais tourner la méthode en cinq gestes. En vingt minutes, tu auras ton premier squelette réutilisable.
- Ouvre ton swipe file. Crée un dossier ou une collection, et mets-y trois posts qui ont marché : un des tiens, et deux venus d'autres niches que la tienne. Ajoute à chacun une note d'une ligne sur ce qui t'a arrêté.
- Dissèque le meilleur en six pièces. Hook, tension, structure, format, preuve, CTA. Remplis les six cases, puis entoure la pièce qui a vraiment fait le travail. C'est presque toujours le hook ou la structure.
- Écris le modèle vide. Réécris la structure sous forme de patron neutre, sans le sujet ni les mots d'origine. Il doit pouvoir accueillir n'importe quel thème. Écris-le, ne le garde pas en tête.
- Remplis-le avec toi. Prends ton sujet, ta voix, et surtout ta preuve réelle, et coule-les dans le modèle. Le squelette vient d'ailleurs, la matière vient de toi.
- Passe le test du split-screen. Mets ton post à côté de l'original. Si on voit la copie, abstrais davantage et recommence. Si on ne voit qu'une structure commune, publie.
Si tu veux qu'on fasse cet exercice ensemble sur un vrai post et un vrai sujet à toi, je te propose un diagnostic en 30 minutes. On prend un post qui a cartonné, on en extrait le squelette, et tu repars avec un modèle réutilisable rempli de ta voix et de ta preuve : réserve ton créneau ici.
Tu tiens la méthode. Voilà par où on continue, côté contenu :
« Quel hook choisir pour remplir mon squelette ? » → trois hooks et lequel ramène des acheteurs
« Un même squelette sur reel, carrousel ou story ? » → recycler une idée sur 3 formats
« Quel job donner à chaque post ? » → chaque post doit avoir un job
« Comment rester unique en copiant des structures ? » → être unique dans un marché saturé
Tu veux qu'on sorte ensemble le squelette d'un post qui a marché, prêt à remplir à ta sauce ? On fait ça en 30 min.
Un terme technique t'échappe ? Consulte le lexique →

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.
▶ Découvrir mon histoire →Questions fréquentes
Tout dépend de la couche que tu copies. Un post a trois couches : le sujet en surface, le squelette au milieu (le hook, la structure, le format, le rythme), et la voix au fond (ton style, ta preuve, ton vécu). Copier le squelette est la base de tout apprentissage créatif, exactement comme un musicien reprend une structure d'accords pour écrire sa propre mélodie. Copier la voix et les mots d'un autre, en revanche, est du plagiat, et ça se voit dès qu'on met les deux posts côte à côte. La règle tient en une phrase d'Austin Kleon : vole comme un artiste plutôt que comme un plagieur. Tu prends la mécanique qui a fait marcher le post, tu la remplis avec ce qui n'appartient qu'à toi.
En le disséquant en six pièces et en isolant celle qui a fait le travail. Le hook, c'est-à-dire la première ligne ou la première seconde qui a arrêté le scroll. La promesse ou la tension, ce que le post fait espérer ou redouter. La structure, la façon dont l'idée est agencée, liste, histoire, contre-intuition, avant-après. Le format, reel, carrousel ou texte. La preuve, ce qui rend crédible. Le CTA, ce qu'il demande de faire. Prends un post qui a cartonné, remplis ces six cases, et tu verras vite que son succès tient à une ou deux pièces précises, plus qu'à un coup de chance. C'est cette pièce que tu vas modéliser.
Un swipe file est ta banque personnelle de posts qui ont marché, gardés pour t'en inspirer. C'est un vieux réflexe des copywriters, qui collectionnaient les publicités efficaces pour ne jamais partir d'une page blanche. Concrètement, dès qu'un post t'arrête, le tien ou celui d'un autre, même hors de ta niche, tu le mets de côté dans un dossier, un carnet ou les favoris d'Instagram, avec une note d'une ligne sur ce qui a marché selon toi. En quelques semaines, tu as une bibliothèque de squelettes qui fonctionnent, et tu ne fixes plus jamais un curseur vide. Les meilleures idées viennent souvent d'un post croisé dans un tout autre domaine que le tien.
En passant par l'abstraction. Tu ne recopies pas le post, tu extrais son squelette sous forme de modèle vide, sans le sujet ni les mots d'origine. Par exemple, un post à succès devient le patron suivant : hook qui annonce une erreur commune, puis trois exemples, puis la correction, puis une question en CTA. Ce patron est neutre, il ne parle de rien. Ensuite tu le remplis avec ton sujet, ta voix et ta preuve. Le test final est le split-screen : mets ton post à côté de l'original. Si on voit que c'est copié, tu as gardé trop de la surface ou des mots. Si on ne voit qu'une structure commune remplie par deux personnes différentes, tu as modélisé proprement.
Les deux, mais les squelettes volés hors de ta niche te démarquent bien plus. Si tu ne modélises que des posts de coachs comme toi, tu finis par leur ressembler, puisque vous puisez tous dans le même vivier. En allant chercher une structure qui marche chez un vulgarisateur scientifique, un humoriste ou une marque de sport, tu ramènes dans ton marché une mécanique que personne de ta niche n'utilise. Le squelette est le même pour tout le monde, seule la matière change. C'est exactement ce que conseillait Oussama Ammar avec sa méthode Culture Pub : s'imprégner de masses de contenus efficaces, de tous horizons, pour absorber sans t'en rendre compte ce qui fait qu'une histoire fonctionne.
Article construit à partir de mon expérience de création de contenu quotidienne depuis 3 ans et de la dissection systématique de mes propres posts qui ont marché. Les modèles cités (réveil à 5h, plus de leads) sont des illustrations de la mécanique et non des posts réels attribués à quelqu'un.
Kleon, A. (2012), Steal Like an Artist, Workman : le bon copiage créatif, la distinction entre reproduire et transformer, et l'idée que rien ne naît de rien.
Ammar, O., Storytelling 101 (cours en ligne, daedalium.notion.site) : la méthode « Culture Pub », s'imprégner en masse de contenus efficaces de tous horizons pour absorber leurs mécaniques.
Hormozi, A. (2021-2023), contenus sur les hooks et la rétention d'attention : la première ligne comme facteur décisif d'un contenu qui performe.
Tradition du swipe file en copywriting (Eugene Schwartz, Gary Halbert) : la pratique de collectionner et de modéliser les textes qui ont vendu plutôt que de partir d'une page blanche.
Corpus original : 3 ans de contenu quotidien publié par Léo Fanouillet, et la dissection régulière de ses posts les plus performants.