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Tes vrais appels

Le prix que tu n'oses pas demander te coûte combien par an ?

· 27 min de lecture · Mis à jour juillet 2026 · 7 sources

Dans mon ancienne vie de fiscaliste, mon métier tenait en une phrase : trouver l'argent qui dort. Une ligne mal classée, une charge oubliée, un régime pas activé, et d'un coup le chiffre changeait de zéro. Le client n'avait rien produit de plus, il avait juste arrêté de laisser filer ce qui lui appartenait déjà. J'ai gardé ce réflexe quand je me suis mis à écouter des appels de vente, et il m'a mené à un endroit précis : ton prix.

Presque tous les coachs et consultants que j'accompagne cherchent leur croissance en haut du tunnel : plus de trafic, plus de leads, une meilleure offre. Personne ne fait le calcul le plus simple, celui qui fait le plus mal : l'écart entre le prix que tu demandes et le prix que tu pourrais tenir, multiplié par le nombre de ventes que tu signes déjà. Ce chiffre-là dort dans ta compta. Voici comment le sortir, et pourquoi il se répare dans ta conversation de vente, pas dans ta pub.

L'essentiel

Le prix que tu n'oses pas demander a un coût annuel exact, et tu peux le calculer avec trois nombres à toi : l'écart entre ton prix actuel et ton prix tenable, fois ton volume de ventes sur l'année. Le résultat est souvent une somme à cinq chiffres qui n'exige aucun client de plus. Ce n'est pas un problème de leads ni de visibilité : c'est de l'argent laissé dans la conversation de vente, au moment précis où tu annonces et défends ton tarif. Répare cet endroit-là avant de dépenser un euro de publicité.

L'hypothèse de départ

Pour gagner plus, il me faut plus de clients. Donc mon chantier prioritaire, c'est le haut du tunnel : ma visibilité, mes leads, la promesse de mon offre. Le prix, on verra plus tard.

C'est l'ordre que presque tout le monde suit. Sauf que le calcul, quand on le pose vraiment, dit l'inverse : l'argent le plus accessible est déjà là, dans l'écart entre ton prix et ta valeur.

L'argent qui dort tient en un seul écartLe prix quetu demandesaujourd'huiLe prix quetu pourraistenirl'écart× ton volume annuel= le chiffre qui fait mal
Tout l'article tient dans ce schéma. Ta croissance ne dépend pas seulement du nombre de clients que tu trouves, mais de l'écart entre le prix que tu oses demander et celui que ton travail vaut réellement. Multiplié par ton volume, cet écart devient une somme concrète.

Nouveau ici ? Commence par le manifeste → Ton service est excellent, ta vente non

Le calcul que tu n'as jamais fait§

Sors une feuille. On va faire une addition que ta comptabilité ne fait jamais, parce qu'elle n'enregistre que l'argent qui est entré, jamais celui qui aurait pu entrer. C'est pourtant le second qui décide de ton année. Un fiscaliste passe sa vie à regarder cet argent invisible, celui que tu laisses partir sans t'en apercevoir, et un prix trop bas est la fuite la plus discrète et la plus régulière de toutes.

Il te faut trois nombres, tous à toi, aucun inventé. Le premier : ton prix actuel, le tarif que tu annonces vraiment en appel aujourd'hui. Le deuxième : ton prix tenable, celui que tes bons clients accepteraient encore sans que la vente s'effondre, on définira ça précisément plus loin. Le troisième : ton volume, le nombre de ventes que tu signes déjà sur une année pleine. Trois nombres que tu connais ou que tu peux estimer honnêtement en cinq minutes.

L'opération est d'une simplicité gênante. Tu soustrais ton prix actuel de ton prix tenable, ce qui te donne l'écart par vente. Tu multiplies cet écart par ton volume annuel. Le résultat, c'est le coût annuel du prix que tu n'oses pas demander. Rien d'une projection floue, rien d'un vague « tu pourrais grossir » : une somme d'argent que tu laisses sur la table chaque année, à volume identique, sans un seul prospect de plus à convaincre.

Déroulons un exemple, et je le dis franchement pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté : les nombres qui suivent sont hypothétiques, choisis pour rendre la mécanique visible, ce ne sont ni une moyenne ni une étude. Disons que tu vends un accompagnement à 3000 €. Tu le signes 4 fois par mois, soit 48 fois sur l'année. Et au fond, tu sens que ce même accompagnement tiendrait à 4000 € auprès de tes bons clients, ceux qui voient la valeur. L'écart est de 1000 € par vente.

1000 € d'écart, multipliés par 48 ventes, ça fait 48 000 € par an. À volume identique. Sans un client de plus.

Relis ce chiffre en te rappelant qu'il ne demande aucune acquisition, aucune pub, aucune nouvelle offre. Il ne demande qu'une chose : oser demander, en appel, un prix que ton travail tient déjà. C'est exactement le genre de ligne que je débusquais en compta, sauf qu'ici elle ne se cache pas dans un tableur, elle se cache dans les trente secondes où tu annonces ton tarif et où ta voix baisse d'un ton.

EXEMPLELe même volume, deux prixPrix actuel3 000 €Prix tenable4 000 €écart1 000 €1 000 € d'écart × 48 ventes par an =48 000 € laissés sur la table
Exemple pédagogique, chiffres hypothétiques. À 48 ventes annuelles, un écart de 1000 € par vente représente 48 000 € par an, sans aucun client supplémentaire. Remplace ces nombres par les tiens à la fin de l'article : la mécanique, elle, ne change pas.

Ton prix tenable n'est pas ton prix maximum§

Là, une objection légitime monte : « d'accord, mais comment je sais que mon prix tenable est 4000 et pas 3000 ? Peut-être que 3000, c'est déjà le bon prix. » Bonne question, et elle mérite mieux qu'une réponse au doigt mouillé. L'économie s'est penchée sur ce sujet bien avant que le coaching existe, et elle a des repères solides.

Le plus utile vient d'un économiste néerlandais, Peter Van Westendorp, qui a présenté en 1976 ce qu'on appelle le Price Sensitivity Meter. Son idée est simple et robuste : pour un même produit, il n'existe pas un prix juste, mais une fourchette de prix acceptables. En dessous d'un certain seuil, l'offre paraît « trop bon marché » et le client se méfie de la qualité. Au-dessus d'un autre seuil, elle devient « trop chère » et il décroche. Entre les deux, il y a toute une zone où la vente reste possible.

Ton prix tenable, ce n'est pas le plafond théorique où tu perdrais tout le monde. C'est le haut de ta fourchette acceptable : le prix le plus élevé auquel tes bons clients disent encore oui sans que ça bloque. Et voici l'observation qui devrait te déranger : la quasi-totalité des indépendants que j'écoute se positionne tout en bas de sa fourchette, collée au seuil « trop bon marché », à des kilomètres de son plafond réel. Ils confondent le prix qui les rassure avec le prix que le marché tient.

Pourquoi cet écart ? Parce que le prix bas, c'est toi que ça rassure, pas ton client. Tu le fixes au niveau où toi tu es à l'aise de le prononcer, pas au niveau où il devient difficile à vendre. La différence entre ces deux niveaux, c'est précisément ton argent qui dort. Herman Simon, sans doute le plus grand spécialiste mondial du prix, le résume ainsi dans son livre de référence : le seul vrai moteur de ce qu'un client est prêt à payer, c'est la valeur qu'il perçoit. Or ta valeur perçue est presque toujours supérieure au prix que ton propre malaise t'autorise à demander.

Concrètement, comment repérer le haut de ta fourchette sans faire une étude de marché ? Trois signaux te le disent gratuitement. Un : quand personne ne négocie jamais ton prix, c'est que tu es trop bas, un prix au bon niveau rencontre parfois une résistance. Deux : quand tes clients disent « oui » trop vite, sans même marquer un temps, tu as laissé de la valeur sur la table. Trois : quand tu prononces ton prix et que tu ressens du soulagement plutôt qu'un léger vertige, c'est le prix qui te protège toi, pas celui que le marché tient. Ces trois signaux sont ta fourchette qui te parle.

Ta fourchette de prix acceptables (schéma Van Westendorp)Trop bon marché« c'est louche »Fourchette acceptablela vente reste possibleTrop cher« il décroche »Là où tu te places(le prix qui te rassure)Ton prix tenable(le haut de ta fourchette)
Schéma d'après le Price Sensitivity Meter de Van Westendorp (1976). Il existe une fourchette de prix acceptables, pas un prix unique. La plupart des indépendants se collent au bas de leur fourchette, là où le prix les rassure. Le prix tenable est le haut de cette même fourchette, celui qu'ils n'osent pas prononcer.

D'où je parle

J'ai analysé plus de 170 appels de vente d'indépendants, et le même schéma revient sans cesse : le tarif annoncé est très en dessous de ce que la conversation pouvait tenir. Sur mes propres coachings, facturés entre 5 000 et 10 000 € sur trois ans en B2B comme en B2C, ma bascule n'est pas venue de plus de prospects, elle est venue du jour où j'ai arrêté d'annoncer le prix qui me rassurait pour annoncer celui que mon travail tenait.

En 30 minutes, on calcule ensemble ton coût annuel de sous-tarification et je te donne la phrase exacte pour tenir ton prix tenable en appel →

Pourquoi 1000 € d'écart pèse plus lourd que 10 leads§

Maintenant la partie que ta tête de fiscaliste va aimer, parce qu'elle explique pourquoi le prix bat le volume à presque tous les coups. Quand tu gagnes un client de plus, tu encaisses son chiffre d'affaires, mais tu paies aussi tout ce qu'il t'a coûté pour l'obtenir : ta pub, ton temps de prospection, tes appels perdus, ta livraison. Quand tu gagnes 1000 € de prix sur une vente que tu allais signer de toute façon, tu n'as aucun coût d'acquisition en face. Ces 1000 € tombent presque entièrement dans ta marge.

Ce n'est pas une intuition de coach, c'est un résultat d'économie établi. Dans une étude devenue un classique, publiée dans la Harvard Business Review en 1992, Michael Marn et Robert Rosiello ont mesuré l'effet d'une hausse de prix sur la rentabilité d'un large échantillon d'entreprises. Leur conclusion : une amélioration de prix de 1 % se traduit en moyenne par une hausse de 11,1 % du résultat opérationnel. Onze fois l'effort, pour un point de prix. La raison est mécanique : chaque euro de prix gagné n'a pas de coût, il va direct au résultat.

Traduis ça dans ta réalité de solo, où l'effet est encore plus brutal parce que tes coûts variables sont faibles. Si tu ajoutes un client à 3000 €, tu dois soustraire tout ce que cet acquisition t'a coûté avant de savoir ce qu'il te reste. Si tu ajoutes 1000 € au prix de dix clients que tu signais déjà, tu encaisses 10 000 € nets. Le premier chemin demande de la pub, du temps, de la chance. Le second demande une phrase mieux dite en appel. Devine lequel est le plus rentable à l'heure travaillée.

C'est là que ton hypothèse de départ vacille pour de bon. Tu crois que pour ajouter 48 000 € à ton année, il te faut une machine à leads. L'exemple d'avant dit le contraire : les mêmes 48 000 € sont accessibles en tenant 1000 € de plus sur les ventes que tu réalises déjà. Une voie te demande de doubler ton trafic, l'autre te demande de retravailler trois minutes d'appel. Les deux mènent au même montant. Une seule est à ta portée cette semaine.

Attention, je ne dis pas que les leads ne servent à rien. Je dis que l'ordre dans lequel tu attaques tes chantiers est presque toujours inversé. Aller chercher du volume quand ton prix fuit, c'est remplir une baignoire sans avoir mis le bouchon. Tu peux ouvrir le robinet à fond, tant que l'écart de prix s'écoule à chaque vente, tu compenses une fuite au lieu de la fermer. Ferme d'abord le bouchon, ensuite ouvre le robinet.

EXEMPLEAjouter 48 000 € à ton année, deux cheminsChemin du volumetrouver ~16 clientsde plus à 3 000 €coûte pub, temps,appels, énergieChemin du prixtenir +1 000 € surles 48 déjà signéescoûte une phrasemieux dite en appelMême montant au bout. Un seul chemin est à ta portée cette semaine.
Exemple pédagogique, chiffres hypothétiques. Les deux chemins ajoutent la même somme à ton année. Le premier réclame des coûts d'acquisition ; le second n'en a aucun, parce qu'un euro de prix gagné n'a pas de coût en face. C'est l'effet mesuré par Marn et Rosiello : le prix agit sur la marge bien plus fort que le volume.

Un prix trop bas peut te faire perdre la vente§

Il reste une croyance à démonter, la plus tenace : « oui mais si je baisse, je signe plus, donc au fond mon petit prix protège mon volume. » C'est faux plus souvent que tu ne crois, et pour une raison contre-intuitive : un prix trop bas ne rassure pas toujours, il inquiète. En dessous d'un certain seuil, ton client ne se dit pas « quelle bonne affaire », il se dit « pourquoi c'est si peu cher, où est le piège ».

Ce mécanisme est documenté depuis longtemps. Akshay Rao et Kent Monroe ont réuni en 1989 les résultats de dizaines d'études sur le lien entre prix et qualité perçue, dans une méta-analyse publiée au Journal of Marketing Research. Le constat est net : le prix sert de signal de qualité. À information égale, un prix plus élevé est perçu comme le marqueur d'une meilleure offre. Ton tarif ne dit pas seulement combien ça coûte, il dit ce que ça vaut, avant même que tu aies ouvert la bouche.

Pour un coach ou un consultant, ce signal est décisif, parce que ton client ne peut pas « essayer » ton accompagnement avant d'acheter. Il ne voit pas le résultat, il ne peut pas le tester, il achète une promesse. Dans cette situation d'incertitude, le prix devient l'un des rares indices tangibles de ton sérieux. Un tarif trop bas ne le rassure pas sur ton accessibilité, il le fait douter de ton niveau. Tu crois lui faire un cadeau, tu lui envoies un avertissement.

Résultat, la sous-tarification te coûte deux fois, et c'est là que le calcul devient vertigineux. Elle te coûte l'écart de prix sur les ventes que tu signes, c'est le premier étage, celui de nos 48 000 €. Et elle te coûte les ventes que tu ne signes pas parce que ton prix trop bas a semé le doute sur ta valeur, c'est le second étage, invisible sur ta compta parce qu'un client qui part n'apparaît nulle part. Le prix bas n'achète donc même pas le volume qu'on lui prête.

Attention à ne pas surcorriger : je ne te dis pas de gonfler ton prix au hasard pour paraître premium, ça ne trompe personne longtemps. Herman Simon est clair là-dessus, le prix ne crée pas la valeur, il la signale. Ton job, c'est de porter ton prix jusqu'au haut de la fourchette que ta valeur justifie déjà, puis de savoir la défendre en appel. Le prix juste est celui qui reflète ta valeur réelle, pas celui qui apaise ta peur ni celui qui joue à l'esbroufe.

Ton problème n'est pas en haut du tunnel§

On arrive au fond du sujet, celui qui relie cet article à tous les autres. Quand un coach me dit « je stagne », son premier réflexe est toujours de regarder vers le haut : pas assez de trafic, pas assez de leads, une offre à retravailler, un tunnel à optimiser. C'est le récit dominant du web, et c'est aussi le plus rassurant, parce qu'il place le problème à l'extérieur de la conversation qu'il redoute.

Or le calcul qu'on vient de dérouler pointe un tout autre endroit. L'argent le plus accessible de ton activité n'est pas dans les leads que tu n'as pas encore, il est dans les ventes que tu réalises déjà, à l'instant précis où tu annonces ton prix et où tu le laisses filer trop bas. Ce moment ne se joue pas dans ta pub ni dans ta page de vente, il se joue dans ta conversation, en direct, quand ta voix hésite sur le chiffre.

Cette erreur d'aiguillage n'est pas propre aux indépendants. La Global Pricing Study 2025 de Simon-Kucher, qui interroge chaque année des milliers de dirigeants dans le monde, montre que même les grandes entreprises continuent de miser d'abord sur le volume pour croître, alors que leurs propres données désignent le prix comme le moteur de profit le plus négligé. Si des sociétés avec des équipes entières dédiées font cette erreur, tu peux te pardonner de la faire seul dans ton bureau. Mais tu peux surtout la corriger plus vite qu'elles.

Voilà pourquoi je répète, article après article, la même chose : ton problème n'est presque jamais tes leads, c'est ta conversation de vente. J'en ai fait la démonstration arithmétique complète dans ton problème, ce ne sont pas tes leads, et cet article-ci n'en est qu'un cas particulier : le cas du prix. Chaque euro que tu n'oses pas demander est un euro que tu essaies ensuite de récupérer en doublant ton trafic. C'est l'ordre le plus coûteux qui soit.

La bonne nouvelle, c'est que la conversation de vente, contrairement au trafic, ne dépend pas d'un algorithme ni d'un budget pub. Elle dépend de toi, de ta préparation, de ta capacité à annoncer ton prix sans t'excuser et à tenir le silence qui suit. C'est le seul chantier de croissance que tu contrôles à 100 %, et c'est aussi le plus rentable à l'heure. Commence par là, et le haut du tunnel deviendra un accélérateur au lieu d'un pansement.

Où tu cherches ta croissance, où elle se trouveHaut du tunneltrafic, leads, offrelà où tu regardes d'abordLa conversationtu annonces ton prixla fuitede prix est iciL'argent le plus accessible est en bas, pas en haut.Ferme le bouchon avant d'ouvrir le robinet.
Le récit dominant t'envoie chercher ta croissance en haut du tunnel. Le calcul, lui, la situe en bas, dans la conversation de vente, à l'instant où ton prix fuit. C'est le seul endroit que tu contrôles à 100 %, et le plus rentable à l'heure travaillée.

Le verdict§

Le prix que tu n'oses pas demander n'est pas une abstraction, c'est une ligne comptable que ta compta n'affiche pas. Son coût annuel se calcule avec trois nombres à toi : l'écart entre ton prix actuel et ton prix tenable, fois ton volume de ventes. Le résultat est presque toujours une somme à cinq chiffres qui n'exige aucun client de plus, juste le courage d'annoncer un prix que ton travail tient déjà. C'est l'argent le plus accessible de ton activité, et le plus régulièrement laissé sur la table.

Ce que l'économie confirme, ta peur le contredit tous les jours. Le prix agit sur ta marge bien plus fort que le volume, un tarif trop bas peut même te faire douter aux yeux du client au lieu de le rassurer, et ton prix tenable est presque toujours au-dessus de celui qui t'arrange. Le vrai chantier n'est donc pas en haut de ton tunnel, dans tes leads ou ta visibilité. Il est dans les trente secondes où tu annonces ton prix. Répare cet endroit-là, et tu récupères plus d'argent qu'en doublant ton trafic, sans dépenser un euro de publicité.

À toi de jouer§

Assez de théorie. Sors une feuille, ou l'appli notes de ton téléphone, et fais le calcul avec TES chiffres. Cinq étapes, dix minutes, un nombre au bout.

  1. Écris ton prix actuel. Le tarif que tu annonces vraiment en appel aujourd'hui, celui qui sort de ta bouche, pas celui affiché sur ta page. Sois honnête, remises comprises.
  2. Écris ton prix tenable. Le prix le plus haut auquel tes bons clients diraient encore oui. Doute ? Reprends les trois signaux : personne ne négocie jamais, les oui arrivent trop vite, tu ressens du soulagement en annonçant. Si les trois sont là, monte ton estimation.
  3. Calcule l'écart. Prix tenable moins prix actuel. C'est ce que tu laisses filer à chaque vente.
  4. Multiplie par ton volume annuel. Le nombre de ventes que tu signes déjà sur une année pleine. Écart × volume = le coût annuel du prix que tu n'oses pas demander. Regarde ce nombre en face.
  5. Décide de la prochaine vente. Sur ton prochain appel, tu annonces ton prix tenable, calmement, et tu tiens le silence. Une seule vente au bon prix te rembourse déjà des semaines de pub.

Tu as ton nombre et il t'a fait un peu mal ? C'est bon signe, c'est de l'argent qui existe déjà et que tu peux commencer à récupérer dès ton prochain rendez-vous. Si tu veux qu'on transforme ce nombre en plan concret, réserve une consultation offerte : en 30 minutes, on calcule ensemble ton coût annuel de sous-tarification à partir de tes vrais chiffres, et je te repars avec la phrase exacte pour annoncer et tenir ton prix tenable au prochain appel, sans t'excuser.

Tu vois le calcul. Voilà par où on continue, chiffres à l'appui :

« Mon vrai souci, c'est pas les leads ? » → la démonstration par l'arithmétique
« Mon taux de signature vaut combien ? » → pourquoi il pèse plus que tes leads
« Combien vaut un seul appel ? » → la valeur d'un appel en euros

Tu veux qu'on regarde tes vrais appels et qu'on trouve où ton prix fuit ? On fait ça en 30 min.

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Questions fréquentes

Trois nombres suffisent. Prends l'écart entre ton prix actuel et le prix tenable (celui où tes bons clients disent encore oui), multiplie-le par le nombre de ventes que tu signes déjà sur une année, et tu obtiens le coût annuel de ta sous-tarification. Exemple pédagogique : si tu vends à 3000 € un accompagnement qui tiendrait à 4000 €, l'écart est de 1000 €. Sur 48 ventes par an, ça fait 48 000 € qui restent sur la table, sans un seul client de plus à trouver. Le chiffre est hypothétique, la mécanique, non.

C'est le prix le plus haut auquel tes bons clients disent encore oui sans que la vente bloque, pas le prix maximum théorique. L'économiste Peter Van Westendorp a montré dès 1976 qu'il existe une fourchette de prix acceptables entre un seuil « trop bon marché » (où l'offre paraît suspecte) et un seuil « trop cher » (où le client décroche). La plupart des indépendants se placent tout en bas de cette fourchette, très loin du plafond. Ton prix tenable, c'est le haut de ta fourchette, celui que tu n'oses pas encore prononcer.

Moins que tu ne le crains, et l'arithmétique le montre. Une étude de référence de Marn et Rosiello dans la Harvard Business Review (1992) a établi qu'une hausse de prix de 1 % améliore en moyenne le résultat opérationnel de 11,1 %, parce que chaque euro de prix gagné tombe directement dans ta marge. Tu peux perdre quelques prospects au bord de ta fourchette et gagner nettement plus sur tous les autres. Et un prix trop bas envoie son propre signal négatif : la recherche de Rao et Monroe (1989) montre qu'un prix perçu comme trop faible fait douter de la qualité.

C'est l'hypothèse la plus courante, et souvent la fausse. Avant de chercher plus de leads, regarde combien d'argent dort déjà dans les ventes que tu signes. Un écart de 1000 € sur 48 ventes annuelles pèse plus lourd que dix prospects supplémentaires, et il se trouve entièrement dans ta conversation de vente, là où tu annonces et défends ton prix. La Global Pricing Study 2025 de Simon-Kucher confirme que les entreprises sur-investissent le volume et sous-utilisent le prix. Le vrai chantier est dans l'appel, pas en haut du tunnel.

Sources

Article construit à partir de l'analyse de plus de 170 appels de vente d'indépendants (données de terrain Académie Sales), croisée avec la littérature économique sur le prix : sensibilité au prix, effet du prix sur la marge, prix comme signal de qualité, sous-utilisation du prix face au volume. Les exemples chiffrés sont hypothétiques et clairement étiquetés comme tels ; ils illustrent une mécanique, ils ne rapportent aucune statistique.

Van Westendorp, P. H. (1976), « NSS Price Sensitivity Meter (PSM) : A New Approach to Study Consumer Perception of Prices », Proceedings of the 29th ESOMAR Congress, Venise, p. 139-167 : il existe une fourchette de prix acceptables, entre un seuil « trop bon marché » et un seuil « trop cher ».

Marn, M. V. & Rosiello, R. L. (1992), « Managing Price, Gaining Profit », Harvard Business Review, sept.-oct. : une amélioration de prix de 1 % accroît en moyenne le résultat opérationnel de 11,1 %.

Rao, A. R. & Monroe, K. B. (1989), « The Effect of Price, Brand Name, and Store Name on Buyers' Perceptions of Product Quality : An Integrative Review », Journal of Marketing Research, 26, p. 351-360 : à information égale, un prix plus élevé est perçu comme signal d'une meilleure qualité.

Simon, H. (2015), Confessions of the Pricing Man: How Price Affects Everything, Springer : le seul vrai moteur du consentement à payer est la valeur perçue par le client ; le prix signale la valeur, il ne la crée pas.

Simon-Kucher (2025), Global Pricing Study 2025, enquête auprès de plus de 2 200 dirigeants dans 28 pays : le volume reste privilégié pour croître alors que le prix demeure le moteur de profit le plus négligé.

Marshall, A. (1890), Principles of Economics : consentement à payer, surplus du consommateur et élasticité-prix ; la valeur qu'un client accorde à un service dépasse souvent le prix qu'on lui demande.

Buffett, W. (2011), audition devant la Financial Crisis Inquiry Commission : « La décision la plus importante pour évaluer une entreprise, c'est le pouvoir de fixer ses prix. »

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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Léo Fanouillet

Une lettre, chaque semaine

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Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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Le mythe du « plus de trafic »