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Prix & offre

Faut-il faire des remises quand tu vends ?

· 10 min de lecture · Mis à jour janvier 2024 · 7 sources

La remise, c'est le réflexe de celui qui a peur. Le prospect fronce un sourcil, et hop, « je peux vous faire un petit prix ». Sauf que le prospect, lui, il entend un truc très différent de ce que tu crois. Il entend : « ah, donc il gonflait son tarif, cool, je vais gratter plus ». Tu voulais le rassurer, tu viens de lui apprendre à négocier contre toi. Le pire, c'est que la plupart du temps son problème, ce n'est même pas le prix, c'est qu'il n'est pas sûr que ça marche. Et ça, aucune remise au monde ne le règle : tu baisses le prix, il achète en doutant, et il te demande un remboursement 3 semaines plus tard. Moi, je ne baisse quasiment jamais. Et si je le fais, c'est toujours en échange de quelque chose de concret : un engagement plus long, un paiement comptant, une décision tout de suite. Jamais pour faire plaisir. Un prix qu'on tient, ça rassure. Un prix qui dégouline, ça inquiète. Ta valeur, tu la défends, tu ne la soldes pas.

Le prospect fait la moue sur le prix, et ta main tremble déjà vers le bouton « remise ». C'est le réflexe le plus naturel du monde, et l'un des plus destructeurs de la vente. Parce que baisser son prix pour sauver une vente, ça paraît malin sur le moment, mais ça coûte bien plus cher qu'on ne croit : pas seulement en marge, mais en valeur, en crédibilité, et en ventes futures. On va voir ce qu'une remise dit vraiment de toi, ce qu'elle abîme, pourquoi elle rate presque toujours sa cible, et les rares cas où elle est justifiée.

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En 30 secondes
  • Une remise réflexe signale que ton prix de départ était gonflé : le prospect ne se dit pas « quelle chance » mais « c'est combien, le vrai prix ? ».
  • Elle détruit ta marge, mais surtout la valeur perçue : un prix qui tombe facilement dévalue instantanément ce qu'il achète.
  • Baisser le prix rate presque toujours sa cible : la vraie objection est un doute de valeur, pas de prix. La remise laisse le doute intact.
  • Une remise n'est légitime que comme contrepartie : jamais gratuite, jamais en premier, toujours contre quelque chose (engagement, comptant, volume).

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Ce qu'une remise réflexe dit vraiment de toi§

Commençons par ce que le prospect entend quand tu baisses ton prix à la première résistance, parce que ce n'est pas ce que tu crois. Tu penses lui faire plaisir ; en réalité, tu lui signales que ton prix de départ était gonflé. Céder dès la première moue revient à admettre : « d'accord, je demandais trop ». Et à partir de là, la confiance dans toute ton offre se fissure.

Le prospect ne se dit pas « quelle chance, une réduction ». Il se dit « ah, donc c'était négociable... alors c'est combien, le vrai prix ? ». Et il pousse pour obtenir plus, logiquement, puisque tu viens de lui apprendre que tes prix sont élastiques. La remise facile crée le marchandage qu'elle prétendait éviter, et te met en position de faiblesse pour tout le reste de la conversation. Tu voulais lever un frein, tu viens d'en installer un plus gros : le doute sur ta parole. Un prix qu'on défend inspire plus confiance qu'un prix qui s'effondre.

Tu baisses le prix à lapremière résistanceLe prospect comprend que c'estnégociableIl pousse pour obtenir plusTa valeur et ta marges'effondrent
Le piège de la remise réflexe : elle crée le marchandage qu'elle prétendait éviter, et tourne en boucle.

Ce que la remise détruit (au-delà de la marge)§

On parle toujours du coût évident d'une remise, la marge perdue : 3 000 devenus 2 500, ce sont 500 euros envolés pour toujours. C'est déjà cher. Mais le vrai dégât est ailleurs, plus insidieux : la remise détruit la valeur perçue. Dans l'esprit humain, prix et valeur sont intimement liés, et un prix qui tombe facilement dévalue instantanément ce qu'il achète. Ce qui coûtait 3 000 et vaut soudain 2 500 semble, rétroactivement, valoir moins.

Tu ne perds donc pas seulement de l'argent sur cette vente-ci. Tu abîmes la perception de ton offre, et tu t'installes dans une relation biaisée : le client qui a obtenu un rabais en attendra un à chaque fois, et parlera peut-être de « son » prix à d'autres. Tu as créé un précédent. C'est tout l'inverse du travail patient d'installation de la valeur que tu avais fait avant d'annoncer ton tarif : une remise réflexe défait en 3 secondes ce que tu as construit en 30 minutes. La remise n'est pas une petite concession commerciale, c'est une déclaration sur ce que vaut vraiment ton offre.

D’où je parle

Plus de 400 000 € générés en 2 ans et demi, sur plus de 1 000 appels. Sur toute cette période, je n’ai quasiment jamais signé grâce à une baisse de prix. Les fois où j’ai cédé, la personne partait quand même, ou revenait 2 semaines plus tard négocier autre chose. Une remise réflexe ne rachètera jamais une découverte bâclée.

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Pourquoi baisser le prix rate presque toujours sa cible§

Voici la raison de fond qui devrait te retenir : la remise ne répond presque jamais à la vraie objection. Quand un prospect hésite, ce n'est que rarement parce que ton prix est objectivement trop haut. C'est, la plupart du temps, parce qu'il n'est pas convaincu de la valeur, pas certain que ça va marcher pour lui, pas sûr de son coup. Le « c'est trop cher » est un symptôme, pas la maladie, et je décortique ce qu'il cache vraiment dans l'objection du prix.

Or que fait une remise face à un doute de valeur ? Rien, sinon le masquer. Tu baisses le prix, le prospect achète peut-être, mais son doute est intact : il n'était pas plus sûr que ça marche, il a juste pris moins de risque financier. Résultat, tu as acheté une vente fragile, celle qui se rétracte, qui demande un remboursement, qui ne recommande personne. Tu as traité le symptôme et laissé la cause. La bonne réponse à un doute de valeur, ce n'est jamais moins d'argent, c'est plus de preuve et de clarté sur le résultat. Baisser le prix pour un problème de conviction, c'est répondre à une question qu'on ne t'a pas posée.

Ajouter un bonusAugmente la valeur perçueÉtaler le paiementLève le frein de trésorerieRéduire le périmètreMoins d'offre, moins cher
3 alternatives à la remise qui résolvent le blocage sans jamais dire que ton offre valait moins que son prix.

Quand une remise est légitime : la contrepartie§

Faut-il alors ne jamais faire de remise ? Non, ce serait dogmatique. Une remise peut être parfaitement saine, à une condition : qu'elle soit une contrepartie, jamais un cadeau. Concéder sur le prix contre quelque chose de réel garde toute sa logique : un engagement plus long, un volume plus important, un paiement comptant plutôt qu'étalé, un témoignage, une décision immédiate plutôt que « je réfléchis ».

La règle qui sépare la remise qui construit de la remise qui détruit tient en une phrase : jamais gratuite, jamais en premier, toujours contre quelque chose. Gratuite, elle dévalue ; contre une contrepartie, elle récompense un comportement que tu veux encourager. En premier, elle avoue que ton prix était trop haut ; en dernier recours et justifiée, elle reste crédible. Une remise donnée est une faiblesse ; une remise échangée est une négociation entre égaux. « Je peux ajuster le prix si vous vous engagez sur 12 mois au lieu de 6 » n'a rien à voir avec « bon, allez, je vous fais un petit geste ». La première renforce ta position, la seconde la ruine. Si tu remises, remise toujours contre, jamais pour faire plaisir. Une étude de Marc Mertes, Dana Kunz et Joachim Hüffmeier (2023, Collabra: Psychology) apporte ici une nuance qui compte : concéder trop peu, avec des demandes élevées et des concessions minimes, fait nettement grimper le risque d'impasse totale. Et surtout, ce qui déclenche le blocage, ce n'est pas la « violation » d'une norme de réciprocité, mais la faible valeur réellement lâchée. Autrement dit, le geste symbolique qui ne concède presque rien ne débloque rien : si tu ajustes ton prix contre une contrepartie, encore faut-il que la concession ait une valeur réelle, sinon elle n'apaise pas le prospect et peut carrément casser la négociation. Et la façon d'échelonner compte autant que la valeur concédée. Une étude de Tey, Schaerer, Madan et Swaab (2021, Organizational Behavior and Human Decision Processes), menée sur 7 études et 2311 participants, montre qu'une série de concessions décroissantes (par exemple 1500, puis 1210, 1180, 1170) signale au prospect qu'on approche de son plancher : il formule alors des contre-offres moins ambitieuses et accepte un accord moins avantageux pour lui. À l'inverse, une grosse remise lâchée d'un coup l'invite à pousser encore. Si une remise devient inévitable, mieux vaut donc la donner par petits paliers de plus en plus serrés que d'un seul geste généreux.

Les alternatives qui préservent ta valeur§

Le plus souvent, la meilleure réponse à un prix qui coince n'est même pas une remise, mais l'une des alternatives qui préservent ta valeur. 3 valent mieux qu'un rabais. Ajouter plutôt que retrancher : offrir un bonus, un accompagnement supplémentaire, augmente la valeur perçue au lieu de la diminuer, pour un coût souvent inférieur à la remise équivalente. Étaler le paiement pour lever un simple frein de trésorerie, sans toucher au prix, ce que je détaille dans le paiement en plusieurs fois.

Et enfin réduire le périmètre : si le budget est vraiment le mur, propose une version plus légère de l'offre à un prix plus bas, plutôt que la même offre bradée. Le message est radicalement différent : « moins d'offre pour moins cher » préserve le lien prix-valeur, alors que « la même chose en moins cher » le casse. Ces alternatives résolvent le blocage sans jamais dire que ton offre valait moins que son prix. Alors, faut-il faire des remises en vente ? Le moins possible, jamais par réflexe, jamais gratuitement, et presque toujours il existe une meilleure option qui protège ta valeur tout en aidant le prospect. Ton prix est le reflet de ce que tu vaux : tiens-le, et ne le brade que les yeux ouverts, en échange de quelque chose. Le reste du travail, c'est de vendre la valeur assez fort pour que le prix ne soit plus le sujet.

  • Ne baisse jamais ton prix par réflexe : ça signale un prix gonflé et invite au marchandage.
  • Souviens-toi du vrai coût : au-delà de la marge, une remise facile détruit la valeur perçue de ton offre.
  • Diagnostique l'objection : un doute de valeur ne se soigne pas avec moins d'argent, mais avec plus de preuve.
  • Si tu remises, fais-le en contrepartie : jamais gratuite, jamais en premier, toujours contre quelque chose.
  • Privilégie les alternatives : ajouter un bonus, étaler le paiement, ou réduire le périmètre plutôt que brader.
Le verdict

Faut-il faire des remises en vente ? Le moins possible, et jamais par réflexe.

Baisser son prix à la première résistance signale au prospect que le tarif de départ était gonflé : il ne se dit pas « quelle chance » mais « c'est combien, le vrai prix ? », et la remise facile crée le marchandage qu'elle prétendait éviter. Au-delà de la marge perdue, elle détruit la valeur perçue, car prix et valeur sont liés dans l'esprit : un prix qui tombe facilement dévalue ce qu'il achète et installe une relation où le client attendra toujours un rabais.

Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

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Questions fréquentes

Le moins possible, et jamais par réflexe. Baisser son prix à la première résistance signale que le tarif de départ était gonflé, détruit la valeur perçue et crée le marchandage. Une remise n'est légitime que comme contrepartie (engagement, volume, paiement comptant, décision immédiate), selon la règle : jamais gratuite, jamais en premier, toujours contre quelque chose. Et le plus souvent, une alternative préserve mieux ta valeur.

Parce qu'elle signale un prix gonflé et invite le prospect à négocier plus : il ne se dit pas « quelle chance » mais « c'est combien, le vrai prix ? ». Au-delà de la marge perdue, elle détruit la valeur perçue, car prix et valeur sont liés dans l'esprit. Et elle installe une relation où le client attendra toujours un rabais. Un prix qu'on défend inspire bien plus confiance qu'un prix qui s'effondre.

Rarement, car la vraie objection est presque toujours un doute de valeur, pas de prix. Baisser le prix laisse ce doute intact : le prospect achète peut-être, mais en n'étant pas plus convaincu que ça marchera, ce qui donne une vente fragile qui se rétracte ou demande un remboursement. La bonne réponse à un doute de valeur n'est jamais moins d'argent, mais plus de preuve et de clarté sur le résultat.

3 alternatives préservent ta valeur. Ajouter plutôt que retrancher : un bonus ou un accompagnement augmente la valeur perçue au lieu de la baisser. Étaler le paiement pour lever un simple frein de trésorerie sans toucher au prix. Ou réduire le périmètre : proposer une version plus légère à un prix plus bas, ce qui garde le lien prix-valeur, au lieu de brader la même offre. Ces options résolvent le blocage sans dévaluer l'offre.

Tu connais la théorie. Restent tes propres freins, ceux qui te font lâcher une vente que tu tenais :

« J'ai peur de paraître insistant » → vendre sans en avoir l'air
« Mon prospect dit c'est trop cher » → la vraie réponse
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Sources

Méthodo : cet article traite de la stratégie de la remise (faut-il baisser son prix), distincte de l'échelonnement (étaler le même prix) et du traitement de l'objection « c'est trop cher », traités à part. Ce sont des principes de négociation et de psychologie de la valeur, sans statistique inventée ni promesse de résultat : la règle de la contrepartie et les alternatives proposées relèvent du bon sens commercial.

Nagle, T., Hogan, J. & Zale, J., The Strategy and Tactics of Pricing, Routledge : pourquoi défendre son prix et éviter la remise réflexe.

Anderson, E. & Simester, D. (2003), "Mind Your Pricing Cues", Harvard Business Review : les signaux de prix et l'effet d'une remise sur la valeur perçue.

Ariely, D. (2008), Predictably Irrational, HarperCollins : prix et valeur perçue sont liés dans l'esprit de l'acheteur.

Monroe, K. B., Pricing: Making Profitable Decisions : relation prix / qualité perçue / marge.

Dixon, M. & Adamson, B. (2011), The Challenger Sale, Portfolio : concéder de la valeur plutôt que du prix.

Mertes, M., Kunz, D. et Hüffmeier, J. (2023), « A Deep Dive Into Distributive Concession Making and the Likelihood of Impasses in Negotiations », Collabra: Psychology : des concessions distributives (demandes élevées, concessions minimes) augmentent nettement le risque d'impasse, et ce risque tient à la faible valeur réellement concédée, non à la violation de la norme de réciprocité.

Tey, K. S., Schaerer, M., Madan, N. et Swaab, R. I. (2021), « The impact of concession patterns on negotiations: When and why decreasing concessions lead to a distributive disadvantage », Organizational Behavior and Human Decision Processes : sur 7 études (N=2311), une série de concessions décroissantes signale qu'on approche de sa limite et pousse le destinataire à formuler des contre-offres moins ambitieuses et à accepter un moins bon accord.

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'aide les coachs et les consultants à mieux vendre leur accompagnement. J'écris ces articles en croisant la donnée publique, la recherche et le terrain, et je garde seulement ce qui tient une fois le bullshit retiré. Zéro promesse magique.

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Léo Fanouillet

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