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L'effet nouveau départ : pourquoi « on commence lundi » fait vraiment démarrer

· 13 min de lecture · Mis à jour juillet 2026 · 7 sources

J'ai mis du temps à comprendre pourquoi certains prospects convaincus ne signaient jamais. Un appel excellent, un « ça me parle à fond », un « on fait ça », et puis plus rien. Longtemps, j'ai cru que je les avais mal closés. La vérité, c'est que je leur demandais de démarrer un jour flou, un « dès que possible » qui n'existe nulle part dans un agenda. Et un jour flou, ça ne vient jamais.

Le déclic, je l'ai eu en lisant les travaux sur l'effet nouveau départ. Le jour où j'ai commencé à caler la mise en route sur un vrai repère du calendrier, « on démarre lundi », « on part sur le 1er », les mêmes prospects se sont mis à démarrer pour de bon. Voici pourquoi ce petit changement de date change tout, et comment t'en servir dans tes appels, tes relances, et pour toi-même.

L'essentiel

  • Le vrai frein de ton prospect n'est presque jamais le prix, c'est l'inertie : par défaut, il reste au statu quo et remet à un « plus tard » qui ne vient pas.
  • Les recherches de Dai, Milkman et Riis montrent qu'un repère temporel (lundi, 1er du mois, rentrée, anniversaire) augmente causalement l'intention de se lancer, en partie parce qu'il crée une rupture avec le soi imparfait du passé.
  • Caler la mise en route sur un vrai repère offre à ton client une ligne de départ nette derrière laquelle laisser sa version qui n'y arrivait pas.
  • Ces mêmes dates structurent tes relances : « je vous rappelle lundi, on cale le démarrage sur cette semaine-là » vaut mieux qu'un « je reviens vers vous » flou.
  • Le mécanisme marche aussi sur toi : après un creux de prospection, un repère temporel te sert de ligne de reprise pour repartir avec un soi neuf.

L'hypothèse de départ

Un prospect vraiment convaincu démarre tout de suite. S'il traîne, c'est qu'il n'était pas assez chaud, ou que mon offre ne valait pas le coup. Le problème est dans la conviction, pas dans la date.

C'est ce que je croyais. En réalité, la conviction était là, mais je posais la mise en route sur un jour qui n'existait pas dans son calendrier. Change la date de départ, et le même prospect se lance.

Les portes de départ déjà dans le calendrier de ton clientLundidébut desemaineLe 1erdébut demoisLa rentréenouvellesaisonAnniversairedate quimarque
Ton client vit déjà entouré de portes de départ : le lundi qui vient, le premier du mois, la rentrée, son anniversaire d'activité. Ces repères ne s'inventent pas, ils existent dans son calendrier. Ton rôle est de caler la mise en route sur l'une de ces dates plutôt que sur un « dès que possible ».

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Le vrai frein, c'est l'inertie, pas le prix§

Quand un prospect chaud finit par ne pas signer, tu te racontes souvent que c'est le prix. C'est rassurant, parce que ça te dédouane : « il n'avait pas le budget ». La plupart du temps, c'est faux. Ce qui l'a arrêté, c'est quelque chose de plus discret et de plus tenace : l'inertie. Par défaut, un humain reste là où il est. Ne rien changer demande zéro énergie, alors que se lancer en demande beaucoup.

Les chercheurs William Samuelson et Richard Zeckhauser ont mis un nom là-dessus en 1988 : le biais du statu quo. Dans une série d'expériences, ils ont montré que les gens s'accrochent de façon disproportionnée à l'option « ne rien faire », même quand une autre option leur serait clairement plus favorable. Ton prospect n'est pas différent. Face à ton accompagnement, il compare deux mondes : continuer comme avant, ou se lancer. Et continuer comme avant gagne par défaut, juste parce que c'est le défaut.

À ça s'ajoute la procrastination pure. Piers Steel, dans sa grande synthèse de 2007 sur le sujet, a montré que plus une action est aversive et son bénéfice lointain, plus on la repousse. Or démarrer un accompagnement, c'est exactement ça : un effort maintenant pour un résultat plus tard. Le cerveau de ton prospect fait le calcul et choisit de remettre. Le « je vais réfléchir » n'est pas un refus, c'est une remise à plus tard, et « plus tard » est le trou noir où meurent les ventes.

Comprendre ça change ta façon de conclure. Tant que tu crois que le frein est le prix, tu baisses tes tarifs ou tu ajoutes des arguments. Le jour où tu vois que le frein est l'inertie, tu comprends que ton job en fin d'appel n'est pas de convaincre davantage, c'est de donner à ton client une prise concrète pour vaincre son propre statu quo. Et cette prise, c'est une date de départ qui existe.

Ce que dit vraiment la science du nouveau départ§

C'est là qu'intervient un des résultats les plus utiles de la recherche récente pour celui qui vend un accompagnement. Hengchen Dai, Katherine Milkman et Jason Riis ont étudié ce qu'ils appellent l'effet nouveau départ. Dans leur article de 2014 paru dans Management Science, ils ont observé que les recherches Google du mot « diet », les visites en salle de sport et les engagements à poursuivre un objectif augmentent tous juste après un repère temporel : début de semaine, de mois, d'année, de semestre, un anniversaire, un jour férié.

Le point crucial est venu avec leur article de 2015 dans Psychological Science. Là, ils ne se contentent plus d'observer une corrélation, ils montrent un effet causal. Mettre en avant un repère temporel qui marque le début d'une nouvelle période augmente l'intention de se lancer dans la poursuite d'un objectif. Autrement dit, le repère ne fait pas que coïncider avec le démarrage, il le provoque. C'est exactement ce qui t'intéresse quand tu veux qu'un client démarre.

Le mécanisme qu'ils identifient est ce qui rend l'idée belle. Un repère temporel crée une rupture psychologique avec le soi imparfait du passé. Il range mentalement tes échecs, tes reports, tes mauvaises habitudes dans une période désormais close. De l'autre côté de la ligne, il y a un soi neuf, débarrassé de ce vieux dossier. C'est pour ça que « à partir de lundi » a un pouvoir que « maintenant » n'a pas : lundi, ce n'est pas juste une date, c'est une frontière derrière laquelle laisser la version de soi qui n'y arrivait pas.

Regarde ce que ça veut dire pour ton prospect. Il porte souvent la honte de ce qu'il n'a pas fait : les mois sans prospecter, les tarifs qu'il n'a pas osé monter, les projets abandonnés. Lui proposer de commencer « tout de suite », c'est lui demander de démarrer avec tout ce fardeau sur le dos. Lui proposer de commencer lundi, c'est lui offrir une remise des compteurs. Il ne démarre pas malgré son passé, il démarre parce qu'il peut enfin le laisser derrière.

Le repère crée une rupture avec le soi imparfaitLe soi du passéreports, mois ratés,projets abandonnéslundiLe soi neufcompteurs remis,prêt à se lancer
Le pouvoir de « on commence lundi » ne tient pas à la date en elle-même, mais à la frontière qu'elle trace. D'un côté, le soi imparfait chargé des reports et des mois ratés. De l'autre, un soi neuf, débarrassé du vieux dossier. Ton client démarre non pas malgré son passé, mais parce qu'il peut le laisser derrière.

Caler la mise en route sur un vrai repère§

Passons au concret, parce que c'est là que la plupart des gens ratent la marche. En fin d'appel, quand ton client dit oui, la question qui suit ne devrait jamais être « vous voulez commencer quand ? ». Cette question rouvre la porte de l'inertie : elle le renvoie à son agenda encombré et à son « dès que j'aurai le temps ». Tu lui demandes de créer lui-même la date, alors que c'est précisément l'effort qu'il n'arrive pas à fournir seul.

Ce que tu fais à la place, c'est proposer le repère toi-même. « On est jeudi. Le plus propre, c'est de démarrer lundi : tu entames la semaine avec ça en place, tête reposée. » Tu ne demandes plus s'il veut, tu poses une ligne de départ nette et tu la rends désirable. Lundi n'est pas choisi au hasard : c'est le repère le plus proche et le plus fréquent, un nouveau départ disponible chaque semaine. S'il est déjà lundi, tu vises le 1er du mois, ou la semaine qui suit une échéance qu'il t'a citée.

La formulation compte autant que la date. Compare « vous commencerez quand vous serez prêt » et « on démarre lundi 20, je te cale la première séance à 9h ». La première laisse ton client seul face à son inertie. La seconde lui donne un plan précis, avec un quand et un comment. Ce n'est pas de la manipulation, c'est de l'aide : tu fais à sa place le petit travail de décision qui, sans toi, aurait suffi à tout enterrer.

Et si ton client a besoin d'un vrai délai, sers-toi quand même du repère. Plutôt que « rappelez-moi dans deux semaines », tu proposes « on se cale sur le 1er, ça te laisse boucler ton mois et tu démarres sur une page blanche ». Tu transformes un délai flou, qui invite à repousser encore, en une date qui a du sens dans son calendrier. Le délai devient un point d'appui au lieu d'une échappatoire.

Planifier tes relances autour de ces dates§

Le même principe transforme tes relances, ce moment où tant de ventes se perdent faute de suite. La relance molle classique, « je reviens vers vous », ne dit rien à personne et n'engage à rien. Elle te laisse toi aussi dans le flou : tu ne sais pas quand relancer, donc tu ne relances pas, ou trop tard. Les repères temporels règlent les deux problèmes d'un coup, le sien et le tien.

Côté client, tu ancres la suite sur une date qui a du sens : « je te rappelle lundi, on cale le démarrage sur cette semaine-là ». Todd Rogers et Katherine Milkman ont montré en 2016, dans Psychological Science, qu'associer une intention à un repère saillant et distinctif augmente fortement le passage à l'action, davantage qu'un simple rappel écrit. Le repère agit comme un déclencheur : quand lundi arrive, il rappelle de lui-même à ton prospect la décision qu'il avait prise. Une partie du travail de relance se fait sans toi.

Côté toi, ces dates deviennent l'ossature de ton suivi. Au lieu d'un fichier de relances au petit bonheur, tu construis ton pipeline autour des portes du calendrier : les prospects qui devaient démarrer ce mois-ci, ceux qui visaient la rentrée, ceux dont l'anniversaire d'activité approche. Chaque repère te donne une raison naturelle et non collante de recontacter : « on approche du 1er, tu voulais démarrer sur ce mois, on cale ? ». Ce n'est pas une relance de vendeur qui insiste, c'est un rendez-vous logique.

Il y a un dernier bénéfice, discret mais réel. Formuler tes propres relances en plans datés, c'est t'appliquer à toi ce que Peter Gollwitzer appelle les intentions de mise en œuvre. Sa grande synthèse avec Paskal Sheeran, en 2006, montre qu'un plan précis du type « quand telle date arrive, je fais telle action » réduit fortement l'échec à se lancer. « Lundi je rappelle Marc pour caler son démarrage » a beaucoup plus de chances d'être exécuté que « il faut que je relance mes prospects ». Le repère te discipline sans que tu aies à serrer les dents.

Deux façons de relancer, un seul résultat qui tient« Je reviens vers vous »aucune date, aucun déclencheurtu oublies, il oubliela vente se dilue« Je te rappelle lundi »date réelle, déclencheur clairle repère te relance tous les deuxle démarrage se cale
Une relance sans date n'engage personne : ni ton prospect, qui n'a aucun déclencheur, ni toi, qui ne sais pas quand recontacter. Ancrée sur un repère temporel, la même relance devient un rendez-vous logique que la date elle-même vous rappelle à tous les deux. Le calendrier fait une partie du suivi à ta place.

Quand le nouveau départ se retourne contre toi§

Un outil qui marche mérite qu'on connaisse aussi son revers, sinon on l'utilise mal. Le nouveau départ a un double tranchant, et Hengchen Dai l'a démontré dans ses travaux sur les remises à zéro. Un repère qui efface le passé peut renforcer la motivation, mais il peut aussi la casser. Tout dépend de ce que tu attaches à cette ligne de départ.

Le piège numéro un, c'est le grand soir. « Lundi, nouvelle vie, tout change. » Cette promesse gonfle une attente démesurée que la première semaine imparfaite fait éclater. Ton client rate une séance, une action, et comme tu lui avais vendu une transformation totale, le moindre écart lui prouve qu'il a « déjà échoué ». Il abandonne, non parce que le repère était mauvais, mais parce que tu avais mis dessus un poids qu'il ne pouvait pas porter. Un nouveau départ survendu se retourne.

Le bon usage est l'inverse. Tu cales sur le repère un premier pas concret et découpé, pas une nouvelle vie. « Lundi, on fait juste la première séance et on liste tes 10 prospects. » Le repère lance le mouvement, mais l'objectif de départ reste petit, atteignable, à l'épreuve d'une mauvaise journée. Ton client passe la ligne avec un soi neuf, et ce qui l'attend de l'autre côté est une marche qu'il peut réellement monter, pas une falaise.

Il y a un second cas où le nouveau départ dessert : quand la personne était en fait sur une bonne dynamique. Les travaux de Dai montrent qu'une remise à zéro aide surtout ceux qui sortent d'un creux, et qu'elle peut au contraire freiner ceux qui étaient déjà lancés, en cassant leur élan. Si ton prospect est en pleine réussite et déjà en action, ne l'enferme pas dans un « on repart de zéro lundi ». Là, tu ne veux pas rompre avec son passé récent, tu veux surfer sur son élan. Le repère se réserve à celui qui a besoin de tourner une page, pas à celui qui écrit déjà la bonne.

Rebondir toi-même après un creux de prospection§

Retourne maintenant l'outil vers toi, parce que celui qui vend traverse exactement les mêmes creux que ses clients. Une série d'appels sans signature, un mois faible, et l'inertie te happe à ton tour. Tu prospectes moins, donc tu signes moins, donc tu as encore moins envie de prospecter. La spirale est connue, et la honte du creux te colle au corps comme elle colle au tien celui de ton prospect.

C'est précisément là que l'effet nouveau départ te sauve. Après un creux, tu n'as pas besoin de te flageller ni d'attendre que « la motivation revienne ». Tu as besoin d'une ligne de reprise. « À partir de lundi, je repars sur 20 appels par jour. » Le repère range le mois faible dans une période close et te rend un soi neuf, débarrassé de la série ratée. Tu ne reprends pas en traînant tout ton mauvais mois, tu reprends de l'autre côté de la ligne.

Attention au même piège que pour tes clients. « Lundi, je deviens une machine à vendre » est une promesse qui s'effondre au premier jour moyen. Ce que tu cales sur ton repère, c'est un plan précis et modeste : quand, où, combien. « Lundi 9h, à mon bureau, 20 appels avant midi. » C'est ce plan daté, cette intention de mise en œuvre à la Gollwitzer, qui déclenche vraiment la reprise, bien plus qu'un « il faut que je m'y remette » qui ne se remet jamais.

Et sois honnête sur la fréquence des repères. La beauté du système, c'est qu'il t'en offre un chaque semaine. Tu n'as pas à attendre le 1er janvier pour repartir : chaque lundi est une porte, chaque début de mois en est une plus grande. Le creux n'a jamais à durer plus longtemps que la distance jusqu'au prochain repère. Le jour où j'ai intégré ça, mes creux ont cessé d'être des tunnels et sont devenus des pauses, avec une date de sortie déjà fixée.

Du creux à la reprise : le repère comme ligne de sortieLe creuxmois faible, honteLe repère« à partir de lundi »Le plan datéquand, où, combienLa reprisesoi neuf, en action
Le même mécanisme que tu offres à tes clients te sort de tes propres creux. Le repère temporel range le mois faible dans une période close, le plan daté remplace la résolution vague, et tu reprends avec un soi neuf. Comme il y a un repère chaque semaine, ton creux n'a jamais à durer plus loin que le prochain lundi.

Le verdict§

Quand un prospect convaincu ne démarre pas, regarde la date avant d'accuser le prix. Le vrai frein est presque toujours l'inertie, ce statu quo qui gagne par défaut et cette procrastination qui repousse l'effort à un « plus tard » introuvable. La recherche de Dai, Milkman et Riis donne une prise concrète contre ça : un repère temporel augmente causalement l'intention de se lancer, parce qu'il crée une rupture avec le soi imparfait du passé. « On commence lundi » offre à ton client une ligne de départ derrière laquelle laisser la version de lui qui n'y arrivait pas.

Sers-t'en partout : pour caler la mise en route en fin d'appel, pour ancrer tes relances sur des dates qui vous rappellent la décision à tous les deux, et pour te sortir toi-même d'un creux avec une ligne de reprise. Deux garde-fous : cale toujours le repère sur un premier pas découpé, jamais sur un grand soir qui s'effondre, et réserve-le à celui qui a besoin de tourner une page, pas à celui déjà lancé. Le jour où tu arrêtes de dire « dès que possible » et où tu poses une vraie date, tes clients démarrent, et toi aussi.

Tu vois le mécanisme. Voilà par où on continue, chiffres à l'appui :

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Questions fréquentes

Parce que le vrai frein du prospect n'est presque jamais le prix, c'est l'inertie. Il reste au statu quo par défaut. Les recherches de Dai, Milkman et Riis sur l'effet nouveau départ montrent qu'un repère temporel (début de semaine, de mois, d'année, anniversaire) augmente causalement l'intention de se lancer, en partie parce qu'il crée une rupture avec le soi imparfait du passé. Proposer « on démarre lundi » offre à ton client une ligne de départ nette derrière laquelle laisser sa version qui n'y arrivait pas, au lieu d'un « dès que possible » qui se dilue dans son quotidien.

En calant tes relances sur les portes qui s'ouvrent naturellement dans le calendrier de ton prospect : le lundi qui vient, le 1er du mois, la rentrée, son anniversaire d'activité. Au lieu d'un « je reviens vers vous » flou, tu dis « je vous rappelle lundi, on cale le démarrage sur cette semaine-là ». Rogers et Milkman ont montré qu'associer une intention à un repère saillant augmente fortement le passage à l'action. Le repère fait une partie du travail de relance à ta place, et te donne à toi une date claire pour recontacter.

Non, à condition que le repère soit réel et non fabriqué. Tu ne mens pas sur une urgence, tu offres une date de départ qui existe déjà dans son calendrier. Le danger est ailleurs : promettre un grand soir. Les travaux de Dai sur le double tranchant des remises à zéro montrent qu'un nouveau départ mal utilisé, survendu comme une transformation totale, peut baisser l'engagement. Cale donc le repère sur un premier pas concret et découpé, pas sur la promesse d'une nouvelle vie qui s'effondre à la première semaine imparfaite.

Le même mécanisme marche sur toi. Après une série d'appels ratés ou un mois faible, l'inertie te tire vers le bas et la procrastination s'installe. Utilise un repère temporel comme ligne de reprise : « à partir de lundi, je reprends 20 appels par jour ». Le repère te permet de ranger le creux dans une période close et de repartir avec un soi neuf. Formule-le en plan précis (quand, où, combien) plutôt qu'en résolution vague, c'est ce qui déclenche vraiment la reprise. Et comme il y a un repère chaque semaine, ton creux n'a jamais à durer plus loin que le prochain lundi.

Sources

Analyse construite à partir d'appels de coachs et consultants dont les prospects convaincus ne démarraient pas, croisée avec la recherche sur l'effet nouveau départ (Dai, Milkman & Riis), le biais du statu quo (Samuelson & Zeckhauser), la procrastination (Steel), les intentions de mise en œuvre (Gollwitzer & Sheeran) et les rappels par association (Rogers & Milkman). Les figures illustrent le mécanisme de façon qualitative, sans donnée chiffrée.

Dai, H., Milkman, K. & Riis, J. (2015), « Put Your Imperfections Behind You: Temporal Landmarks Spur Goal Initiation When They Signal New Beginnings », Psychological Science : mettre en avant un repère temporel qui marque le début d'une nouvelle période augmente causalement l'intention de se lancer dans la poursuite d'un objectif, en partie parce que ce repère crée une rupture psychologique avec le soi imparfait du passé. Lien

Dai, H., Milkman, K. & Riis, J. (2014), « The Fresh Start Effect: Temporal Landmarks Motivate Aspirational Behavior », Management Science : les recherches de « diet », les visites en salle de sport et les engagements à poursuivre un objectif augmentent après un repère temporel (début de semaine, de mois, d'année, anniversaire, jour férié). Lien

Dai, H. (2018), « A Double-Edged Sword: How and Why Resetting Performance Metrics Affects Motivation and Performance », Organizational Behavior and Human Decision Processes : une remise à zéro aide ceux qui sortent d'un creux mais peut freiner ceux déjà lancés, en cassant leur élan. Lien

Rogers, T. & Milkman, K. (2016), « Reminders Through Association », Psychological Science : associer une intention à un repère saillant et distinctif augmente fortement le passage à l'action, davantage qu'un simple rappel écrit. Lien

Gollwitzer, P. & Sheeran, P. (2006), « Implementation Intentions and Goal Achievement: A Meta-Analysis of Effects and Processes », Advances in Experimental Social Psychology : un plan précis « quand telle situation, je fais telle action » réduit fortement l'échec à se lancer. Lien

Steel, P. (2007), « The Nature of Procrastination: A Meta-Analytic and Theoretical Review of Quintessential Self-Regulatory Failure », Psychological Bulletin : plus une action est aversive et son bénéfice lointain, plus on la repousse. Lien

Samuelson, W. & Zeckhauser, R. (1988), « Status Quo Bias in Decision Making », Journal of Risk and Uncertainty : face à un choix, les gens s'accrochent de façon disproportionnée à l'option « ne rien faire ». Lien

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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