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Enquête

J'ai passé au crible une centaine d'offres de closing : voici le vrai taux d'arnaque

· 11 min de lecture · Mis à jour février 2024 · 5 sources

J'ai commencé cette veille parce que j'en avais marre de répondre « ça dépend » à la question « c'est une arnaque ou pas ». Maintenant, j'ai des ordres de grandeur, et surtout une grille. Ce qui me frappe le plus en classant ces offres, c'est que les vraies arnaques sont finalement assez faciles à repérer, presque grossières. Le vrai danger, ce sont les offres de survente, celles qui ne mentent pas tout à fait mais qui te laissent rêver. On ne se fait pas avoir par un mensonge évident, on se fait avoir par une promesse qu'on avait très envie de croire. La seule protection est une grille de lecture froide, appliquée avant de s'engager. C'est tout l'objet de cette étude.

« Le closing est une arnaque » contre « le closing est l'avenir » : sur ce sujet, tout le monde a un avis et personne n'a de chiffres. J'ai décidé de trancher autrement, avec de la donnée. Depuis des mois, je constitue une veille d'une centaine d'offres de closing et de missions réelles, et je les ai classées une par une selon des critères stables. Le résultat n'est pas ce que crient ni les défenseurs, ni les détracteurs. Voici, en toute transparence, la répartition réelle entre offres sérieuses, survente et vraies arnaques, ce qui les sépare, et où se cachent les pièges.

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En 30 secondes
  • Étude transparente d'une veille d'une centaine d'offres de closing, classées une par une (ma classification en ordres de grandeur, sans prétention scientifique).
  • Le verdict nuancé : une majorité d'offres sont sérieuses mais exigeantes, une large zone grise relève de la survente, et une minorité franche sont de vraies arnaques.
  • 3 marqueurs séparent le mieux le sérieux de l'arnaque : d'où vient l'argent, la transparence des chiffres, et la nature réelle du produit.
  • Les pièges se concentrent là où l'émotion et le rêve sont les plus forts, et davantage chez les offres postées par des individus que via des structures identifiables.

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Pourquoi cette étude, et pourquoi elle manquait§

Le débat sur le closing tourne en rond parce qu'il oppose 2 caricatures : les gourous qui vendent du rêve d'un côté, les anti qui crient à l'arnaque de l'autre. Entre les 2, personne ne s'était donné la peine de regarder les offres elles-mêmes et de les compter. C'est ce que j'ai fait. J'ai constitué, et je maintiens dans le temps, une veille d'une centaine d'offres de closing et de missions réelles, que je classe selon des critères stables.

Soyons clairs sur ce que c'est. C'est ma classification transparente de ma propre veille, donnée en ordres de grandeur, sans prétendre à un recensement de tout le marché français. Mais c'est déjà infiniment plus honnête que les « tout est pourri » ou « tout est génial » balancés sans le moindre chiffre. Et le résultat est instructif, parce qu'il ne donne raison à personne.

Le verdict chiffré : ni tout blanc, ni tout noir§

Voici le coeur de l'étude. Quand on classe les offres une par une, elles ne tombent pas dans 2 cases (arnaque / pas arnaque) mais dans 3. Les offres sérieuses mais exigeantes : elles ne mentent pas, elles proposent une vraie mission ou une vraie formation, mais elles ne sont ni faciles ni garanties. Les offres de survente : des promesses gonflées, des chiffres ronds non sourcés, un ton « change de vie », sans mensonge caractérisé. Et les arnaques franches : fausses promesses, produit inexistant, ou modèle de recrutement déguisé.

~12 %d'arnaques franchesLa majorité des offressont sérieuses.Le vrai risque : la survente.
Sur la veille d'offres, les arnaques franches sont minoritaires.

La répartition observée casse les 2 discours dominants. La majorité des offres sont dans la première catégorie : sérieuses mais exigeantes. La zone grise de la survente est large, plus large qu'on ne croit. Et l'arnaque pure reste minoritaire, franchement moins répandue que ne le disent les détracteurs, mais bien réelle, contrairement à ce que prétendent les gourous. Le vrai risque du secteur tient donc surtout à cette immense zone grise de survente, où l'on ne te ment pas techniquement mais où l'on te laisse croire ce que tu veux entendre, bien plus qu'à l'arnaque caractérisée.

Sérieuses mais exigeantesla majoritéZone grise (survente)largeArnaques franchesminoritaires
La répartition observée sur une centaine d'offres, en ordres de grandeur.

D’où je parle

Avant la vente, j’étais fiscaliste. Je passais mes journées à lire des comptes pour trouver l’écart entre ce qui est écrit et ce qui se passe vraiment. Une offre se lit exactement pareil : la promesse tient ou elle ne tient pas, et ça se voit autant dans les chiffres qu’on te montre que dans ceux qu’on t’épargne. C’est ce réflexe-là qui m’a servi à trier.

En 30 minutes, je passe au crible une offre que tu hésites à signer et je te dis les 3 chiffres à exiger avant de dire oui →

Les 3 marqueurs qui séparent le sérieux de l'arnaque§

En classant une centaine d'offres, 3 critères sont ressortis comme les plus discriminants. Ce sont eux qui, à la lecture, séparent le plus nettement une offre saine d'un piège.

1
D'où vient l'argent · une offre saine te paie sur des ventes réelles à des clients extérieurs ; une offre à risque te fait surtout recruter ou payer un droit d'entrée. C'est le marqueur numéro un.
2
La transparence des chiffres · une offre sérieuse donne des fourchettes vérifiables et parle des difficultés ; une arnaque promet des montants ronds, rapides et garantis, sans jamais montrer la médiane.
3
La nature du produit · derrière une offre saine, il y a un produit qui existe et aide vraiment des clients ; derrière une arnaque, le produit n'est qu'un prétexte à vendre du rêve ou à recruter.
Les 3 marqueurs les plus discriminants, observés sur la veille d'offres.

Ce qui est frappant, c'est que ces 3 marqueurs se lisent avant de s'engager, souvent en 5 minutes. La plupart des gens qui se font piéger n'ont pas manqué de chance, ils ont manqué de grille de lecture. Ce contexte de risque n'est d'ailleurs pas un fantasme : la DGCCRF, en contrôlant le secteur du coaching et de la formation en ligne, y a relevé un fort taux d'anomalies et a nommément signalé une formation de closing, comme je le raconte dans l'article sur les controverses du secteur.

Où se cachent les pièges§

Les arnaques et la survente ne sont pas réparties au hasard. Elles se concentrent là où l'émotion et le rêve sont les plus forts, typiquement autour des formations qui promettent de gagner gros et vite, avec le lifestyle en décor. À l'inverse, les missions les plus saines de ma veille viennent presque toujours de structures établies qui vendent un vrai produit à de vrais clients, et qui ont donc besoin de vrais vendeurs plutôt que de recrues.

Le canal est un signal fort. Une offre postée par une personne seule sur un réseau social, qui te vend d'abord un mode de vie, est statistiquement plus risquée qu'une mission proposée par une structure identifiable avec un vrai produit. C'est exactement la même mécanique que celle que je démonte dans Pourquoi vendre cher est plus simple : quand on te vend le rêve avant le travail, méfie-toi.

Ce que ça change pour toi : reconnaître une bonne mission§

La conclusion pratique de cette étude est plutôt rassurante, à une condition. Rassurante, parce que le closing n'est pas majoritairement une arnaque : la plupart des offres sont sérieuses, et les vrais pièges sont minoritaires et repérables. La condition est d'avoir la grille de lecture, parce que la zone grise de la survente, elle, est large et n'a pas de panneau « attention ».

Concrètement, avant d'accepter une mission, applique les 3 marqueurs (d'où vient l'argent, transparence des chiffres, réalité du produit), regarde le canal, et surtout regarde le déroulé de l'appel derrière l'offre : c'est lui qui révèle le sérieux réel. Pour le reste, le tri arnaque contre vrai métier est ici, et voilà comment poser ton prix sans le brader, sans survente. Le closing est un vrai marché, avec des offres sérieuses et des pièges, et une grille de lecture qui fait toute la différence.

  • Applique le marqueur numéro un : d'où vient l'argent ? Vraies ventes à des clients externes, ou recrutement et droits d'entrée ?
  • Exige de la transparence : fourchettes vérifiables et mention des difficultés, plutôt que des montants ronds, rapides et garantis.
  • Vérifie la réalité du produit : existe-t-il et aide-t-il vraiment des clients, ou n'est-il qu'un prétexte à vendre du rêve ?
  • Regarde le canal : une structure identifiable avec un vrai produit est plus sûre qu'un individu qui vend d'abord un lifestyle.
  • Lis le tunnel de vente derrière l'offre : c'est lui qui révèle le sérieux réel, avant que tu ne t'engages.
Le verdict

En classant une centaine d'offres de closing une par une, le résultat ne donne raison ni aux gourous ni aux détracteurs. Les offres tombent dans 3 cases : une majorité sérieuses mais exigeantes, une large zone grise de survente, et une minorité franche de vraies arnaques.

Autrement dit, le closing n'est pas majoritairement une escroquerie, mais le risque réel n'est pas nul, et il se niche surtout dans la survente, là où l'on ne te ment pas techniquement mais où l'on te laisse croire ce que tu veux entendre.

Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

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Questions fréquentes

Non, d'après ma veille d'une centaine d'offres. La majorité des offres sont sérieuses mais exigeantes, et les vraies arnaques sont minoritaires. Le vrai risque est ailleurs : dans une large zone grise de survente, où l'on ne te ment pas techniquement mais où l'on te laisse croire ce que tu veux entendre. Le secteur n'est ni le paradis promis ni l'escroquerie généralisée dénoncée.

3 marqueurs suffisent le plus souvent : d'où vient l'argent (vraies ventes à des clients externes, ou recrutement et droits d'entrée), la transparence des chiffres (fourchettes vérifiables ou promesses rondes non sourcées), et la nature du produit (offre réelle qui aide des clients, ou prétexte à vendre du rêve). Ils se lisent en 5 minutes, avant de s'engager.

Elles se concentrent là où l'émotion et le rêve sont les plus forts, typiquement autour des formations qui promettent de gagner gros et vite avec un lifestyle en décor. Le canal compte aussi : une offre postée par un individu qui vend d'abord un mode de vie est plus risquée qu'une mission via une structure identifiable avec un vrai produit.

Non, et je le dis en toute transparence. C'est ma classification d'une veille d'une centaine d'offres que je maintiens dans le temps, donnée en ordres de grandeur, sans viser un recensement exhaustif du marché. Mais c'est infiniment plus honnête que les jugements à l'emporte-pièce, sans le moindre chiffre, qu'on lit habituellement sur le sujet.

Tu connais la théorie. Restent tes propres freins, ceux qui te font lâcher une vente que tu tenais :

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Sources

Méthodo : cette étude repose sur une veille propriétaire d'une centaine d'offres de closing et de missions réelles, classées selon des critères stables. Je précise explicitement qu'il s'agit de ma classification en ordres de grandeur, sans prétention à un recensement scientifique du marché. Les proportions sont données comme des tendances observées, et je m'appuie en complément sur des faits publics (contrôles DGCCRF du secteur).

DGCCRF, enquêtes sur les pratiques commerciales trompeuses dans la formation et le coaching. economie.gouv.fr

France Travail / Qualiopi, cadre et contrôle des organismes de formation. francetravail.fr

LinkedIn / Indeed / HelloWork, volume et nature des offres de closing publiées.

Cash Investigation / enquêtes médias sur les formations aux métiers du web et le closing.

Signal Arnaques / avis vérifiés, remontées sur les offres et formations douteuses. signal-arnaques.com

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'aide les coachs et les consultants à mieux vendre leur accompagnement. J'écris ces articles en croisant la donnée publique, la recherche et le terrain, et je garde seulement ce qui tient une fois le bullshit retiré. Zéro promesse magique.

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Léo Fanouillet

Une lettre, chaque semaine

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Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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