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Attirer les bons profils

Ton contenu attire des curieux, et c'est exactement ce que tu lui as demandé

· 24 min de lecture · Mis à jour août 2026 · 3 sources

« Je n'attire que des gens qui n'ont pas les moyens. » C'est la phrase que j'entends le plus souvent quand un coach me montre son compte Instagram. Il fait défiler ses posts, ses reels qui tournent, ses commentaires enthousiastes, et il lâche ça avec une vraie lassitude dans la voix. Il a l'impression de tomber, semaine après semaine, sur la même population : des gens adorables, qui aiment, qui commentent « trop vrai », qui sauvegardent, et qui, le jour où on parle d'argent, s'évaporent. Il en conclut que son problème, c'est son audience.

Je vais te dire quelque chose que j'ai mis du temps à accepter pour mon propre contenu, alors que je poste tous les jours depuis 3 ans. Ces curieux ne sont pas une malchance. Ils ne sont pas le signe que « le marché n'a pas les moyens ». Ils sont exactement le résultat de ce que tu as demandé à ton contenu de faire. Tu lui as demandé de plaire au plus grand nombre, il t'a ramené le plus grand nombre. Et le plus grand nombre, par construction, c'est surtout des gens qui regardent, jamais des gens qui achètent.

L'essentiel

  • Un contenu réglé pour plaire au plus grand nombre ramène mécaniquement la population la plus large, c'est-à-dire surtout des curieux sans intention d'acheter. Le profil que tu attires n'est jamais un hasard, c'est la consigne que tu as donnée.
  • « Attirer des profils qualifiés » ressemble à un problème d'audience. C'est un problème de filtre, et un filtre se règle, jamais une population qu'on subit.
  • Le contenu est ton premier filtre, avant même l'appel. Il décide de qui décroche son téléphone pour te parler, donc de la qualité brute de tout ce qui arrive ensuite.
  • Filtrer ne réduit pas ton audience, ça la concentre : tu échanges un gros volume tiède contre un ensemble plus dense de profils qui peuvent réellement travailler avec toi.
  • Il y a un second filtre, ta conversation de vente, qui décide de ce que tu fais des profils qui, eux, avaient le budget. On répare les deux, jamais l'un en oubliant l'autre.

L'hypothèse de départ

Mon contenu attire des curieux parce que mon audience n'a pas les moyens. Il me faudrait toucher d'autres gens, une audience plus « premium », et les bons profils arriveraient enfin.

C'est l'histoire que se raconte presque tout le monde qui stagne autour de 2K. En réalité, ce n'est pas la population qui est en cause, c'est le réglage du contenu qui va la chercher. Change le filtre, et la même audience te livre d'autres profils.

Tu vises « tout le monde », tu récoltes surtout des curieuxcontenu pensé pour plaire au plus grand nombrecurieux : aiment, commentent, sauvegardent, repartentprofilsqui peuvent acheterPlus le contenu cherche à plaire large, plus la bande grise domine.
Un contenu réglé pour ne fâcher personne et rester utile à tous ratisse la population la plus large possible. Or cette population est surtout composée de gens qui te suivent par intérêt général, sans intention d'acheter. La bande étroite à droite, celle des profils qui peuvent réellement travailler avec toi, se retrouve noyée. Le curieux n'est pas un accident, c'est le centre de gravité de ce que tu vises.

Nouveau ici ? Commence par le manifeste → Ton service est excellent, ta vente non

Ton contenu fait exactement ce que tu lui as appris à faire§

Reprenons à froid, comme je posais les chiffres d'une compta avant de chercher la fuite. Un contenu, c'est une consigne que tu répètes chaque jour à un algorithme et à une audience. Cette consigne, tu ne l'écris jamais noir sur blanc, mais elle se lit dans tes choix : le sujet que tu prends, le ton que tu adoptes, le titre que tu mets, la promesse que tu fais. Et la plupart des coachs que je croise ont, sans jamais l'avoir décidé, réglé cette consigne sur un seul objectif : ne perdre personne.

Ne perdre personne, ça se traduit en contenu très précis. Des sujets larges, valables pour tout le monde. Des conseils utiles mais génériques, ceux que ta cliente idéale connaît déjà. Un ton rassurant, jamais clivant, qui ne risque de froisser aucune sensibilité. Une promesse floue, « je t'aide à aller mieux », « je t'accompagne vers ta meilleure version », parce qu'une promesse précise exclurait forcément quelqu'un. Chacun de ces choix est raisonnable pris isolément. Mis bout à bout, ils dessinent une machine à ratisser large.

Et une machine à ratisser large fait ce pour quoi elle est faite. Elle ramène du volume, elle ramène de l'engagement, elle ramène des gens qui te trouvent sympa et pertinent. Ce que tu appelles « des curieux qui n'ont pas les moyens », c'est en réalité le public exact d'un message conçu pour être digeste par le plus grand nombre. Tu as optimisé pour la portée et pour les likes, tu récoltes de la portée et des likes. L'algorithme t'a parfaitement obéi. Le malentendu, c'est que tu croyais lui demander des clients.

La première fois que j'ai regardé mes propres posts avec cette grille, ça m'a piqué. Mes contenus qui « marchaient » le mieux, ceux qui tournaient, étaient souvent mes plus consensuels, mes plus universels, ceux que personne ne pouvait contester. Ils me ramenaient des vagues d'abonnés adorables et parfaitement inoffensifs pour mon chiffre. Mes contenus les plus tranchés, eux, faisaient moins de bruit, mais c'est d'eux que venaient les messages sérieux. Le volume et la qualité tiraient dans deux directions opposées, et je passais mon temps à courir après le mauvais.

Le déclic

Ton contenu n'attire pas des curieux malgré tes efforts. Il attire des curieux à cause de tes efforts, parce que tu as passé des mois à lui apprendre à plaire au plus grand nombre. Change la consigne, tu changes la population.

Le curieux n'est pas un accident, c'est ta cible par défaut§

Il faut voir « plaire au plus grand nombre » pour ce que c'est vraiment : un choix de cible déguisé en absence de choix. Quand tu refuses de restreindre à qui tu parles, tu ne parles pas à tout le monde de façon neutre. Tu parles, en pratique, à la moyenne. Et la moyenne d'une audience gratuite sur Instagram, ce n'est pas ta cliente prête à investir dans un accompagnement à 2000 €. C'est la personne qui consomme du contenu de développement pour se sentir un peu mieux le soir, sans intention de sortir la carte.

Je ne dis pas ça avec mépris, au contraire. Ces gens ont le droit d'aimer ton contenu gratuit, c'est même sain qu'ils l'aiment. Le problème n'est jamais qu'ils existent, le problème c'est que ton contenu a été calibré pour eux, et qu'ils forment donc l'écrasante majorité de ceux qui te contactent. Tu as construit une porte d'entrée dimensionnée pour le passant, puis tu t'étonnes de ne recevoir que des passants. La porte fait son travail. Elle laisse entrer exactement le profil pour lequel tu l'as taillée.

Le glissement mental est facile à repérer, parce que je l'ai fait moi-même. On confond « beaucoup de gens réagissent » avec « je touche les bonnes personnes ». Ce sont deux choses sans rapport. Un post peut faire un carton en portée et ne ramener que du vent en clientèle, et un post peut faire un score modeste et déclencher deux conversations sérieuses. Tant que tu juges ton contenu à l'aune de sa portée, tu optimises pour attirer plus de curieux, et tu appelles ça « grandir ». Tu grandis dans la mauvaise direction.

C'est exactement le raisonnement que je dévide dans le mythe du « plus de trafic » : verser plus de monde dans un système qui ne trie pas ne change pas la nature de ce qui sort, ça amplifie ce qui entre. Si ton entrée est réglée sur le curieux, plus de portée te donne plus de curieux. Tu n'as pas un problème de quantité, tu as un problème de sélection à l'entrée. Et la sélection à l'entrée, ça a un nom simple : le filtre.

« Ça fait des vues » et « ça ramène des clients » sont deux réglagesRéglé pour la portéelarge, consensuel, rassurantbeaucoup de likespeu de conversations sérieusesRéglé pour le profilprécis, situé, engageantmoins de bruitdes messages qui comptent
Un contenu qui score en portée et un contenu qui ramène des profils qui achètent obéissent à deux consignes opposées. Le premier cherche à ne perdre personne, le second accepte de trier. Tant que tu juges tes posts à leurs likes, tu optimises pour la colonne de gauche et tu t'étonnes du résultat à droite. Ce sont deux réglages, jamais la même course.

Le contenu est ton premier filtre, avant même l'appel§

Voilà l'idée centrale de cet article, celle que je veux que tu retiennes même si tu oublies tout le reste. On croit que la qualification d'un prospect commence à l'appel, au moment où tu poses tes questions et où tu sens s'il est sérieux ou non. C'est faux. La qualification commence bien avant, dans ton contenu. Ton contenu est le premier filtre. Il décide de qui, dans la masse, se sent assez concerné pour lever la main et venir te parler. Quand ce filtre est réglé sur « tout le monde », il fait remonter tout le monde.

Regarde la chaîne dans l'ordre. Un contenu attire une population. Dans cette population, une fraction se sent suffisamment interpellée pour t'écrire ou réserver un créneau. Ces gens-là arrivent en appel. En appel, tu qualifies, tu convertis ou non. Le point que presque personne ne voit, c'est que la qualité de ce qui arrive à l'étape « appel » est déjà largement décidée à l'étape « contenu ». Si ton contenu a fait remonter des curieux, tu passes tes appels à qualifier des curieux. Tu répares en aval une fuite qui vient de l'amont.

C'est épuisant, et je l'ai vécu. Tu enchaînes des appels avec des gens sympas, motivés, qui « adorent ce que tu fais », et au moment du budget, ça bloque à chaque fois. Tu en sors lessivé, tu te dis que tu es mauvais en vente, ou que ton marché est cassé. La vérité est plus mécanique : ton contenu t'envoie des profils non solvables et ton appel n'a aucune chance de transformer en or ce qui est arrivé en plomb. Un bon appel ne rattrape jamais un mauvais filtre de contenu. Il travaille avec ce que le contenu lui a livré.

Distinguer le curieux de l'acheteur, c'est tout un travail que je détaille dans acheteur ou curieux. Mais l'essentiel tient en une phrase : plus ton contenu trie tôt, moins ton appel a de travail sale à faire. Un contenu qui filtre bien t'amène des gens qui ont déjà compris qu'ils avaient un vrai problème, que le résoudre a une valeur, et qu'ils sont prêts à y mettre les moyens. Un contenu qui ne filtre pas t'amène des gens qu'il faut convaincre de tout ça pendant l'appel, ce qui est presque impossible en 45 minutes.

D'où je parle

Je publie sur Instagram tous les jours depuis 3 ans, et j'applique sur mon propre compte tout ce que j'écris ici. Sur mes propres posts, je constate la même chose sans exception : mes contenus les plus consensuels font le plus de portée et ramènent le moins de conversations sérieuses, et mes contenus les plus situés font moins de bruit mais déclenchent les échanges qui comptent. Je le recroise ensuite dans les appels de vente d'indépendants que j'analyse : quand un coach « n'attire que des curieux », son contenu est presque toujours réglé pour plaire large. C'est du réglage, jamais une fatalité d'audience. Je ne t'avance aucun taux miracle, il n'existe aucun benchmark fiable là-dessus, juste ce que je vois tourner chez moi et chez ceux que j'accompagne.

En 30 minutes, on prend tes 5 derniers contenus et ton dernier appel, et je te montre à quel endroit précis ton filtre laisse passer les curieux →

Ce qu'un contenu qui filtre dit tout haut§

Passons du diagnostic au concret. Un contenu qui filtre, ça ressemble à quoi ? D'abord, ça nomme précisément à qui ça parle. « Si tu es coach et que tu stagnes à 2K parce que tu n'oses pas annoncer ton prix » trie infiniment mieux que « si tu veux développer ton activité ». La première phrase fait fuir tous ceux qui ne sont pas dans ce cas exact, et fait sursauter celui qui l'est. C'est précisément ce sursaut, ce « il parle de moi », qui déclenche le passage du spectateur au prospect.

Ensuite, un contenu qui filtre assume le niveau d'exigence et l'ordre de grandeur de ce que tu proposes. Tu n'as pas besoin d'afficher un tarif à chaque post, mais tu as besoin d'arrêter de te présenter comme accessible à tous, gratuitement, indéfiniment. Un contenu qui parle du coût de rester bloqué, du travail réel que demande un changement, de l'engagement attendu, écarte de lui-même celui pour qui ce n'est ni le moment ni le budget. Tu ne repousses pas des clients, tu épargnes des appels à des gens qui n'auraient jamais signé.

Enfin, un contenu qui filtre prend des positions. Il dit ce en quoi tu crois et ce que tu refuses, quitte à déplaire. C'est là que beaucoup se crispent, parce que déplaire fait peur quand on a passé des années à chercher l'approbation. Mais c'est justement la prise de position qui trie : elle repousse ceux qui ne partagent pas ta vision, et elle soude ceux qui la partagent. Un curieux ne se déplace pas pour une opinion, un acheteur, si. La conviction est un aimant qui n'attire que le bon métal.

C'est exactement l'idée que défend Seth Godin quand il parle du « plus petit marché viable ». Son conseil va à l'encontre de tout instinct : au lieu de te demander « comment toucher le plus de monde », demande-toi « quel est le plus petit groupe que je puisse servir de façon si spécifique qu'il ne pourrait plus se passer de moi ». Moi, voilà comment je l'applique concrètement à mon contenu : avant de publier, je me demande qui ce post va faire fuir. Si la réponse est « personne », je sais que je viens d'écrire un aimant à curieux, et je le retravaille jusqu'à ce qu'il vise quelqu'un pour de bon.

Trois réglages qui font passer de « plaire » à « filtrer »1. Nommer la cible« si tu es coach à 2Kqui n'ose pas son prix »fait fuir ceux quine sont pas concernés2. Assumer la valeurle coût de rester bloqué,l'engagement attenduécarte ceux pour quice n'est pas le moment3. Prendre positiondire ce que tu croiset ce que tu refusessoude ceux quipartagent ta vision
Un contenu qui filtre ne fait rien de spectaculaire : il nomme précisément qui il vise, il assume la valeur et l'engagement que demande ton travail, et il prend des positions quitte à déplaire. Chacun de ces trois réglages fait fuir une part des curieux et fait avancer d'un cran les profils qui se reconnaissent. Le tri se fait dans le contenu, longtemps avant l'appel.

Filtrer ne réduit pas ton audience, il concentre les bons profils§

Ici arrive la peur qui bloque tout le monde, et je la comprends parce que je l'ai eue. « Si je restreins, si je prends position, si j'assume mes prix, je vais perdre des abonnés, mon compte va rétrécir, et j'aurai encore moins de clients. » C'est l'intuition la plus naturelle du monde, et c'est une erreur de raisonnement. Elle confond la taille de ton audience avec sa densité en profils qui peuvent t'acheter. Ce sont deux choses différentes, et c'est la seconde qui paie tes factures.

Faisons l'arithmétique simple, avec des nombres que je choisis juste pour l'exemple. Imagine 10 000 abonnés dont une toute petite part correspond à ta cliente réelle, le reste étant du curieux. Maintenant imagine que tu affûtes ton contenu, que tu perds une partie des curieux qui ne se reconnaissent plus, et que tu tombes à 8000 abonnés, mais que la part de vrais profils, elle, a grossi parce que ton message parle enfin d'eux. Tu as un compte plus petit sur le papier et une audience plus riche en clients potentiels. Le chiffre d'ego a baissé, le chiffre qui compte a monté.

C'est contre-intuitif seulement parce qu'on nous a appris à regarder le mauvais nombre. Le nombre d'abonnés est une mesure de vanité, confortable et trompeuse. La densité de bons profils dans ceux qui te contactent, elle, ne se voit pas sur ton profil, mais elle se voit dans ton agenda d'appels et sur ton compte en banque. Filtrer, ce n'est jamais amputer ton audience, c'est en changer la composition. Tu troques du volume tiède contre de la matière signable. Personne n'a jamais payé son loyer avec des abonnés.

Et il y a un effet secondaire que je n'avais pas anticipé sur mon propre compte. Quand ton contenu se met à trier, ceux qui restent te suivent pour une raison beaucoup plus forte. Ils ne sont plus là par habitude ou par consommation passive, ils sont là parce que tu dis quelque chose qu'eux vivent. Cette audience-là te fait confiance autrement, elle te lit vraiment, elle vient te parler avec un vrai problème. Un petit groupe qui te croit vaut dix fois une foule qui te scrolle. La concentration ne coûte pas des clients, elle en fabrique.

Le piège classique

Chercher à « augmenter ton audience » avant d'avoir réglé ce que ton contenu va chercher, c'est accélérer une machine mal calibrée. Tu vas ramener plus de curieux, passer plus d'appels épuisants, et conclure à tort qu'il te faut encore plus de monde. Le nombre d'abonnés qui grimpe est une fausse bonne nouvelle tant que le filtre n'est pas réglé.

Le second filtre : ce qui passe le contenu se joue dans l'appel§

Maintenant, la moitié de l'histoire qu'on oublie toujours. Régler ton contenu améliore la qualité de ce qui arrive, mais ça ne suffit pas, parce qu'il existe un second filtre en aval : ta conversation de vente. Le contenu décide de qui décroche le téléphone. L'appel décide de ce que tu fais des profils qui, eux, avaient réellement le budget et le besoin. Un contenu parfait qui alimente un appel qui fuit, c'est comme un beau robinet branché sur un seau percé.

J'insiste là-dessus parce que je vois des indépendants basculer d'un extrême à l'autre. Ils comprennent que le contenu est un filtre, ils l'affûtent, les profils s'améliorent, et ils croient le travail terminé. Puis ils continuent de laisser repartir de bons prospects avec un « je vais réfléchir », faute d'avoir travaillé leur conversation. Ils ont réparé le premier filtre et laissé le second grand ouvert. Le résultat, c'est un contenu qui trie bien pour une vente qui fuit quand même. Frustrant, parce que la matière était bonne cette fois.

La logique des deux filtres est en fait la meilleure nouvelle de cet article. Ça veut dire qu'« attirer des profils qualifiés », ce problème qui ressemble à une malédiction d'audience impossible à corriger, se règle en réalité à deux endroits parfaitement identifiables. Le premier, le contenu, tu peux le régler dès ton prochain post. Le second, l'appel, tu peux le mesurer sur tes 3 dernières conversations. Aucun des deux ne dépend d'un algorithme mystérieux ou d'un marché qui aurait décidé que tu ne mérites pas de clients. Ce sont deux réglages sous ton contrôle.

C'est aussi pour ça que je répète que ton problème, ce ne sont pas tes leads. Je le démontre par l'arithmétique dans ton problème, ce ne sont pas tes leads : tant que ton contenu ne trie pas et que ton appel fuit, doubler le trafic double surtout ta fatigue. Répare les deux filtres, et le même volume de départ te donne des profils plus denses ET des signatures plus fréquentes. Tu n'as pas besoin de plus de monde. Tu as besoin que le monde qui passe soit mieux trié à l'entrée et mieux servi à la sortie.

Deux filtres, deux réglages sous ton contrôleTon contenu1er filtrequi te contacteprofils reçussolvables si le1er filtre a triéTon appel2e filtrequi signesignature
« Attirer des profils qualifiés » se règle à deux endroits, jamais un seul. Le contenu, premier filtre, décide de la qualité brute de ceux qui te contactent. L'appel, second filtre, décide de ce que tu fais des profils qui avaient le budget. Réparer l'un en laissant l'autre ouvert donne soit de bons profils qui repartent, soit un appel affûté qui ne reçoit que des curieux. On règle les deux.

Le verdict§

Si ton contenu n'attire que des curieux, arrête de chercher le coupable du côté de ton audience. « Je n'attire que des gens sans les moyens » n'est pas un verdict du marché, c'est le reflet exact d'un contenu réglé, sans que tu l'aies décidé, pour plaire au plus grand nombre. Tu as demandé la portée, tu as reçu la portée, et la portée est faite surtout de gens qui regardent. Le curieux n'est jamais tombé du ciel, il est le produit fidèle de ta consigne.

La sortie ne passe pas par plus de monde, elle passe par le filtre, réglé à deux endroits. Le contenu, ton premier filtre, qui décide de qui vient te parler : nomme ta cible, assume ta valeur, prends position, et demande-toi devant chaque post qui il va faire fuir. La conversation de vente, ton second filtre, qui décide de ce que tu signes parmi les profils solvables qui restent. Filtrer ne rétrécit pas ton activité, ça la concentre sur la matière qui paie. Un petit groupe qui te croit vaut mille passants qui te scrollent, et ça, c'est un réglage, jamais une fatalité.

À toi de jouer§

Assez de théorie. Ouvre ton compte, remonte tes 10 derniers contenus, et fais passer chacun au crible ci-dessous. À la fin, tu sauras précisément où ton filtre fuit et quoi changer dès ton prochain post.

  1. Trie tes 10 derniers contenus en deux tas. D'un côté ceux qui ont fait de la portée et des likes, de l'autre ceux qui ont déclenché de vraies conversations en message. Regarde s'ils se recoupent. S'ils tirent dans deux directions opposées, tu tiens ta preuve : tu optimisais pour le mauvais nombre.
  2. Pour chaque post, réponds : qui ça fait fuir ? Si la réponse est « personne », le post est un aimant à curieux. Marque-le. Le simple fait de te poser cette question devant chaque contenu change déjà ta façon d'écrire le suivant.
  3. Nomme ta cible dans une phrase. Écris le « si tu es… et que tu… » le plus précis possible, celui qui fait sursauter une seule personne et fuir tout le reste. C'est ta nouvelle porte d'entrée. Teste-la en tête de ton prochain post.
  4. Repère où tu esquives la valeur. Sur tes 10 posts, combien évoquent le coût de rester bloqué, l'engagement attendu, l'idée d'investir dans un résultat ? Si c'est zéro, ton contenu apprend à ton audience que tu es gratuit et accessible à l'infini. Ajoute-le.
  5. Regarde ton second filtre. Sur tes 3 derniers appels avec des profils qui avaient le budget, où ça a coincé exactement ? C'est là, dans la conversation, que se joue la moitié restante. Note le moment précis du blocage, c'est ta prochaine réparation.

Si tu as fait cet exercice et que tu vois maintenant deux tas bien distincts, tu tiens déjà l'essentiel. Pour transformer ce constat en profils qui signent, il faut aller regarder les deux filtres ensemble. En 30 minutes, on passe tes 5 derniers contenus et tes 3 derniers appels, et je te sors ta phrase de cible réécrite, le contenu type qui trie pour toi, et le moment exact de ton appel où les bons profils repartent. C'est le diagnostic « filtre à curieux » : réserve ton créneau ici.

Tu vois le mécanisme. Voilà par où on continue, sur la même logique de filtre :

« Mon vrai souci, c'est pas mes leads ? » → la démonstration par l'arithmétique
« Comment distinguer un curieux d'un acheteur ? » → qualifier un profil pour de vrai
« Est-ce qu'il me faut juste plus de trafic ? » → pourquoi c'est un mythe
« Comment me faire connaître sans être influenceur ? » → la voie sans la course aux vues

Tu veux qu'on regarde ton contenu et tes vrais appels, et qu'on trouve où tes profils fuient ? On fait ça en 30 min.

Envie de savoir pourquoi ton contenu ne ramène que des curieux ? Réserver une consultation offerte →

Un terme technique t'échappe ? Consulte le lexique →

Questions fréquentes

Le plus souvent, parce que ton contenu est réglé, sans que tu l'aies décidé, pour plaire au plus grand nombre. Un message pensé pour ne fâcher personne, rester utile pour tout le monde et récolter un maximum de likes ramène mécaniquement la population la plus large possible, et cette population contient surtout des gens qui te suivent par intérêt général, sans intention d'acheter. Le curieux n'est donc presque jamais un accident ou de la malchance, c'est le résultat exact de la consigne que tu as donnée à ton contenu. Tu lui as demandé de séduire tout le monde, il ramène tout le monde, budget ou pas.

Non, filtrer ne veut pas dire perdre du monde, ça veut dire concentrer. Un contenu qui nomme clairement à qui il parle, quel problème précis il traite et à quel niveau d'engagement, fait fuir les curieux qui ne se reconnaissent pas et fait avancer d'un cran ceux qui se reconnaissent. Ton nombre d'abonnés bouge peu, mais la composition de ceux qui te contactent change du tout au tout. Tu échanges une grosse audience tiède contre une audience plus petite en apparence et beaucoup plus dense en profils qui peuvent réellement travailler avec toi. C'est une concentration, jamais une amputation.

En arrêtant de cacher ce qui trie naturellement. Un contenu qui parle du niveau d'exigence que ton accompagnement demande, qui assume l'ordre de grandeur de ce que ça représente, qui montre à qui tu t'adresses et à qui tu ne t'adresses pas, écarte de lui-même ceux pour qui ce n'est ni le moment ni le budget. Tu n'as pas besoin d'afficher un prix en gros, tu as besoin de cesser de te vendre comme accessible à tous. Le filtre du contenu, c'est le premier tri, celui qui décide qui décroche son téléphone pour te parler.

Des deux, et c'est une bonne nouvelle parce que ce sont deux réglages, jamais une fatalité d'audience. Le contenu est le premier filtre : il décide de la qualité des profils qui arrivent jusqu'à toi. L'appel de vente est le second filtre : il décide de ce que tu fais des profils qui, eux, avaient le budget. Un contenu qui ne trie pas t'envoie des curieux, et un appel qui fuit laisse repartir des acheteurs. La plupart des indépendants réparent l'un en oubliant l'autre, et concluent à tort qu'il leur faut plus de trafic. Tes profils se règlent en amont, tes signatures se règlent dans la conversation.

Ce n'est pas obligatoire, mais arrêter d'esquiver le sujet aide énormément. Tu n'as pas besoin d'un tarif affiché à chaque post, tu as besoin de contenus qui assument que ton travail a une valeur, qui parlent du coût de rester au même point, qui montrent le niveau d'engagement attendu. Un contenu qui n'évoque jamais l'idée d'investir attire naturellement des gens qui n'ont jamais envisagé d'investir. Le jour où ton message rend normal le fait de payer pour un résultat, les profils qui te contactent ont déjà fait, tout seuls, une partie du chemin que tu passais tes appels à faire à leur place.

Sources

Cet article ne s'appuie pas sur des études : il vient de mon expérience directe, 3 ans de contenu quotidien sur Instagram appliqué à mon propre compte, et des appels de vente d'indépendants que j'analyse. Les nombres cités dans les figures et le corps sont des exemples arithmétiques, clairement étiquetés comme tels, destinés à illustrer la mécanique. Aucun n'est une statistique de marché, et je n'avance aucun taux de conversion « moyen », parce qu'il n'en existe aucun de fiable. Les deux références ci-dessous sont des praticiens dont j'utilise une idée, racontée et appliquée à ma pratique.

Seth Godin, This Is Marketing (2018), Portfolio : l'idée du « plus petit marché viable », viser le plus petit groupe qu'on peut servir de façon assez spécifique pour devenir indispensable. Je l'applique en me demandant, avant chaque post, qui il va faire fuir.

Alex Hormozi, $100M Leads (2023), Acquisition.com : l'idée qu'un contenu et une offre gagnent à repousser volontairement les mauvais profils au lieu de séduire tout le monde. Je la traduis en contenu qui trie à l'entrée plutôt qu'en course à la portée.

Corpus original : 3 ans de contenu quotidien sur Instagram appliqué à mon propre compte, et appels de vente d'indépendants analysés, récurrence du plateau « je n'attire que des curieux » quand le contenu vise le plus grand nombre (observations de terrain Académie Sales, sans taux fabriqué).

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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Léo Fanouillet

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