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Attirer les bons profils

Le jour où j'ai compté combien de mes abonnés pouvaient m'acheter

· 26 min de lecture · Mis à jour août 2026 · 3 sources

Un soir, il y a deux ans à peu près, j'étais assis devant mes statistiques Instagram avec un café froid, et un petit vertige. Ça faisait déjà un an que je publiais tous les jours, sans en rater beaucoup. L'audience montait, les vues montaient, les commentaires arrivaient. Sur le papier, tout allait dans le bon sens. Sauf que quand je regardais mon compte en banque à côté, il ne racontait pas la même histoire. Il y avait un décalage, et ce décalage me rendait un peu fou.

Alors j'ai fait un truc bête, un réflexe d'ancien fiscaliste. J'ai arrêté de compter les likes et j'ai essayé de compter les portefeuilles. Concrètement : sur tous ces gens qui me suivaient, combien pouvaient réellement m'acheter quelque chose ? Le chiffre que j'ai obtenu ce soir-là m'a fait comprendre en dix minutes ce que six mois de « il me faut plus de visibilité » ne m'avaient jamais expliqué. Le problème n'était pas la taille de mon audience. C'était mon filtre.

L'essentiel

  • Le nombre d'abonnés mesure une portée, jamais une capacité d'achat. Deux comptes de même taille peuvent produire des chiffres très différents.
  • « Ça ne me ramène que des curieux » ressemble à un problème d'audience. En réalité, c'est un problème de filtre.
  • Un profil qualifié se règle à deux endroits : le contenu, qui décide qui vient, et l'appel de vente, qui décide qui reste.
  • Un contenu fait pour plaire au plus grand nombre attire large et peu solvable. Un contenu qui trie fait moins de likes et plus de conversations utiles.
  • Compter tes abonnés solvables au lieu de tes abonnés tout court change ce que tu regardes, donc ce que tu répares.

L'hypothèse de départ

Mon contenu ne ramène que des curieux, donc il me faut une plus grosse audience. Plus de vues, plus d'abonnés, plus de portée, et un jour la masse finira bien par contenir assez d'acheteurs pour que mon chiffre décolle.

C'est l'histoire que je me racontais aussi. En vrai, empiler des abonnés qui ne peuvent pas t'acheter ne fait pas monter ton cash, ça gonfle un chiffre de vanité. Le blocage n'est pas la taille de l'audience, il est dans ce que ton contenu et ton appel laissent passer.

Ton audience, et la part qui peut vraiment t'achetertous tes abonnésceux quiachètentLe grand cercle, c'est ce que tu comptes.Le petit disque, c'est ce que tu encaisses.Faire grossir le grand cerclene fait pas forcément grossir le disque.
Le grand cercle, c'est ton nombre d'abonnés, le chiffre que tu regardes tous les jours. Le petit disque à l'intérieur, c'est la part qui a le problème que tu résous et les moyens de te payer. Tant que tu ne travailles que la taille du grand cercle, tu peux doubler ton audience sans bouger le disque. Le jour où j'ai vu ça, j'ai arrêté de célébrer le mauvais chiffre.

Nouveau ici ? Commence par le manifeste → Ton service est excellent, ta vente non

Le soir où j'ai arrêté de compter les likes§

Reviens avec moi à ce soir-là, parce que tout part de là. Je venais de publier une vidéo qui avait bien marché, mes meilleures vues du mois. J'avais ce petit shot de dopamine qu'on connaît tous quand un post décolle. Et puis j'ai ouvert mes messages. Des félicitations, des « super contenu », des gens qui me disaient « j'adore ce que tu fais ». Zéro personne qui me demandait comment travailler avec moi. Une pluie de compliments et pas une conversation de vente. Le contraste m'a sauté à la gueule.

Pendant des mois, j'avais rangé ce genre de soirée dans la case « c'est normal, il faut du volume, ça viendra ». Je me disais que plus je publierais, plus la probabilité qu'un acheteur tombe dessus monterait. C'est une logique de loterie : plus je vends de tickets, plus je me rapproche du gros lot. Sauf qu'une loterie, ça suppose que tous les tickets ont une chance de gagner. Et là, mon intuition de fiscaliste a tilté : et si une bonne partie de mes tickets étaient morts d'avance ? Et si une grosse part de mon audience n'avait, tout simplement, aucune raison ni aucun moyen de m'acheter quoi que ce soit ?

Alors j'ai fait le calcul le plus simple du monde, celui que je faisais pour les boîtes que j'auditais. Je ne me suis pas demandé « combien de gens me suivent ». Je me suis demandé « combien de gens me suivent ET ont le problème que je résous ET peuvent se payer un accompagnement ». Trois conditions, pas une. Dès que j'ai posé la question comme ça, mon audience s'est dégonflée sous mes yeux. Une bonne partie était là pour le divertissement, pour l'inspiration gratuite, pour hocher la tête et repartir. Rien de méchant. Juste des gens qui n'étaient pas mes clients, et ne le seraient jamais.

Ce soir-là, j'ai compris que je pilotais mon business avec le mauvais tableau de bord. Je regardais un compteur qui montait et je me disais « ça avance », alors que le compteur en question ne mesurait rien de ce qui me faisait vivre. C'est exactement l'erreur que je débusquais chez mes clients quand je lisais leurs comptes : un indicateur flatteur en haut de la feuille, et la vraie santé cachée trois lignes plus bas. J'étais tombé dans mon propre piège. Le chiffre que je fêtais, mon nombre d'abonnés, était un chiffre de vanité.

Le déclic

Les likes mesurent qui te trouve sympa. Ton cash mesure qui te trouve indispensable. Ce sont deux populations différentes, et la première peut grossir sans la seconde. Compte les portefeuilles, pas les pouces levés.

Une grosse audience n'est pas une audience qui achète§

Il faut être clair sur une chose, parce que c'est là que presque tout le monde se trompe, moi le premier. Le nombre d'abonnés mesure une portée. Il te dit combien de personnes, potentiellement, verront passer ce que tu publies. C'est une information utile, je ne vais pas cracher dessus. Mais la portée et le chiffre d'affaires ne sont pas la même grandeur, et rien ne garantit qu'ils avancent au même rythme. Tu peux tripler ta portée et ne rien changer à ton cash, parce que ces deux nombres répondent à deux questions différentes.

La portée répond à « combien de gens me voient ». Le cash répond à « combien de gens, parmi ceux qui me voient, ont le problème que je résous et les moyens de me payer, puis passent à l'acte ». Entre les deux, il y a une série de filtres qui éliminent du monde à chaque étape. Croire que gonfler le premier nombre gonfle mécaniquement le second, c'est comme croire qu'agrandir la file d'attente devant un restaurant remplit forcément la caisse. Si la moitié des gens dans la file passent juste voir le menu et repartent, tu peux allonger la file autant que tu veux.

Ce qui compte, ce n'est donc pas combien de gens te suivent. C'est la densité de bons profils à l'intérieur de ton audience. Deux comptes qui affichent le même nombre d'abonnés peuvent produire des chiffres complètement différents, simplement parce que l'un a rempli son audience de gens concernés et solvables, et l'autre de spectateurs. J'ai vu des comptes bien plus gros que le mien signer moins, et des comptes plus petits signer beaucoup mieux. La taille n'expliquait rien. La composition expliquait tout.

Sur mes propres publications, je le constate en permanence : mes posts les plus larges, ceux qui font le plus de vues, sont rarement ceux qui me ramènent des conversations sérieuses. Ce sont souvent les plus consensuels, ceux qui plaisent à tout le monde parce qu'ils ne dérangent personne. À l'inverse, mes posts qui parlent très précisément d'une situation douloureuse et chiffrée, ceux qui font hocher la tête à peu de gens mais violemment, ce sont eux qui remplissent mon agenda. Le contenu qui fait du chiffre de vanité et le contenu qui fait du cash ne sont pas le même contenu. Je te laisse deviner lequel l'algorithme préfère.

Deux compteurs qui ne racontent pas la même histoireLe compteur de vanitévues · likes · abonnésmonte quand tu plaisau plus grand nombreLe compteur de cashprofils qualifiés · appels · signaturesmonte quand tu trieset que tu convertis
À gauche, le tableau de bord que tout le monde regarde parce qu'il est offert par la plateforme. À droite, celui qui paie tes factures et qu'il faut construire soi-même. Le piège, c'est que le premier monte souvent quand le second stagne, parce que plaire au plus grand nombre et parler au bon profil demandent deux contenus opposés. Piloter au bon compteur, c'est déjà la moitié du chemin.

Le vrai nom du problème : pas l'audience, le filtre§

Quand un coach me dit « mon contenu ne me ramène que des curieux », il pose son problème comme un problème d'audience. Sous-entendu : il n'a pas assez de monde, ou pas le bon monde, et la solution serait quelque part du côté de la visibilité. Je comprends le réflexe, je l'ai eu. Mais je pense que c'est le mauvais mot. Le bon mot, celui qui change tout ce que tu vas faire derrière, ce n'est pas audience. C'est filtre.

Un filtre, ça laisse passer certaines choses et ça en retient d'autres. Toute la question de ton business, c'est de savoir ce que tu laisses passer et à quel moment. Si des curieux arrivent jusqu'à toi, jusqu'à ton message privé ou ton appel, ce n'est pas parce qu'il y a trop de monde. C'est parce que ton filtre les a laissés entrer. Quelque part en amont, rien n'a trié. Ton contenu a dit « viens » à tout le monde au lieu de dire « viens » aux bons et « ceci n'est pas pour toi » aux autres. Le curieux n'est pas un accident du volume, c'est le produit d'un filtre trop large.

Et ce filtre, il vit à deux endroits très précis, que je vais détailler dans les deux prochaines sections. Le premier filtre, c'est ton contenu : il décide qui vient. Le second, c'est ton appel de vente : il décide qui reste. Ces deux filtres travaillent en série. Un profil traverse d'abord ton contenu, puis, s'il te contacte, il traverse ta conversation de vente. Un curieux qui signe, ça n'existe pas ; mais un bon profil que tu perds dans un appel bâclé, ça existe tous les jours. Les deux filtres comptent, et ils comptent chacun leur tour.

C'est pour ça que « il me faut plus de visibilité » est presque toujours une fausse piste. Ajouter de la visibilité en amont d'un filtre trop large, c'est faire entrer encore plus de curieux dans un système qui ne sait pas les écarter. Tu multiplies le volume à l'entrée sans changer le taux de tri, donc tu récoltes proportionnellement plus de bruit. J'ai développé cette idée en long dans le mythe du « plus de trafic », parce que c'est le réflexe le plus coûteux que je vois : réparer une fuite en versant plus d'eau dans le tuyau.

D'où je parle

Je ne te sors pas ça d'une étude. Ça fait trois ans que je publie tous les jours sur Instagram, et que j'applique sur mon propre compte tout ce que j'écris ici. J'ai testé les posts larges qui font des vues et les posts qui trient et font peu de likes. J'ai vu, sur mes propres chiffres, lesquels remplissent mon agenda de vrais appels et lesquels ne ramènent que des compliments. J'ai aussi analysé des centaines d'appels de vente d'indépendants, et la même scène revient sans arrêt : une audience qui grossit, un cash qui stagne, et un filtre trop large aux deux étages.

En 30 minutes, je te fais ton audit de filtre : où ton contenu laisse entrer les curieux, et où ton appel laisse fuir les bons profils →

Premier filtre : le contenu qui trie au lieu de plaire§

Commençons par le filtre du haut, celui qui décide qui vient. Ton contenu a un job qu'on lui refuse presque toujours : repousser. On veut tellement plaire, être aimé, faire des vues, qu'on écrit pour le plus grand nombre. Et le plus grand nombre, par définition, c'est majoritairement des gens qui ne sont pas tes clients. Un contenu conçu pour ne froisser personne attire tout le monde, donc surtout les mauvais profils, parce que les mauvais profils sont les plus nombreux. Plaire large et trier serré sont deux objectifs qui tirent dans des sens opposés.

Un contenu qui trie fait le contraire. Il nomme explicitement pour qui il est. Il parle d'une situation précise, avec des mots précis, ceux que ton bon client emploie dans sa tête à trois heures du matin. Quand tu écris « si tu fais entre 2000 et 10 000 par mois et que tu perds tes prospects sur un je vais réfléchir », tu fais deux choses en une phrase. Tu allumes une lumière chez la personne concernée, qui se dit « c'est exactement moi ». Et tu éteins l'intérêt de tous les autres, qui passent leur chemin. C'est ça, un filtre : un aimant pour les bons, un mur poli pour les autres.

Le meilleur cadre que je connaisse pour penser ça, c'est celui d'Alex Hormozi dans son livre « 100M Leads ». Son idée centrale, dite avec mes mots : ton contenu ne doit pas chercher le plus de gens possible, il doit chercher les bonnes personnes, quitte à en faire fuir beaucoup d'autres. Il parle de contenu qui qualifie, qui filtre à l'entrée pour que les conversations qui arrivent derrière soient déjà à moitié gagnées. Voilà comment moi je l'applique concrètement : avant de publier, je me demande non pas « est-ce que ça va plaire », mais « est-ce que ça va faire fuir les gens que je ne veux pas ». Si un post ne repousse personne, c'est un mauvais filtre, même s'il fait des vues.

En pratique, ça veut dire assumer trois choses que ton contenu tait souvent. Le profil : dis clairement à qui tu t'adresses, un coach, un consultant, un indépendant qui vend son accompagnement, et pas « les entrepreneurs » en général. Le prix : ne le cache pas comme un secret honteux, parle de niveaux de tarif, d'accompagnement à 2000 ou 3000, pour que ceux qui n'ont pas ce budget s'auto-éliminent avant de te contacter. Le problème : sois chirurgical, décris une douleur précise plutôt qu'un vague « développe ton business ». Ces trois curseurs, c'est ton filtre d'entrée. Serre-les, et le curieux disparaît de tes messages sans que tu aies à le vexer. J'ai creusé la différence entre un curieux et un acheteur dans acheteur ou curieux, parce que savoir les distinguer, c'est déjà savoir régler ton filtre.

Deux façons d'écrire, deux filtresContenu qui cherche à plairefiltre grand ouverttout le monde entre,surtout les curieuxContenu qui triefiltre serrépeu de gens passent,mais ce sont les bons
À gauche, un contenu conçu pour plaire laisse tout entrer, et comme les curieux sont les plus nombreux, ton agenda se remplit de curieux. À droite, un contenu qui nomme le profil, le prix et le problème resserre le filtre : moins de monde passe, mais ceux qui passent sont concernés et solvables. Les points verts, ce sont tes bons profils. Le but n'est pas d'en laisser entrer beaucoup, c'est de n'en laisser entrer qu'eux.

Une objection revient toujours ici : « mais si je repousse du monde, je vais faire moins de vues, l'algorithme va me punir ». Oui, probablement, à court terme. Et honnêtement, sur mes trois ans de contenu quotidien, c'est le prix que j'ai appris à payer avec le sourire. Un post qui trie fait souvent moins de likes qu'un post consensuel. Mais je préfère cent fois vingt personnes qui se reconnaissent violemment à mille personnes qui hochent la tête et oublient. Le premier me remplit un agenda, le second me remplit un ego. Si tu veux attirer des profils qualifiés sans dépendre d'un gros compte, j'en parle aussi dans se faire connaître en ligne sans être un influenceur.

Envie de savoir si ton contenu trie ou plaît ? On règle ton filtre en 30 min →

Deuxième filtre : l'appel qui retient au lieu de fuir§

Imaginons que ton filtre du haut soit bien réglé. Ton contenu trie, il fait fuir les curieux, et il t'amène des profils vraiment qualifiés en message privé, puis en appel. Bravo, tu as fait la moitié du chemin. Maintenant vient le deuxième filtre, celui qui décide qui reste : la conversation de vente. Et c'est là que je vois le plus de bons profils se perdre, parce que tout le monde travaille son contenu et presque personne ne travaille son appel.

Le piège est méchant, parce qu'il est invisible depuis là où tu regardes. Quand un bon profil arrive en appel et repart sans signer, tu ne te dis presque jamais « j'ai raté ma conversation ». Tu te dis « il n'était pas si chaud que ça », ou « il n'avait pas le budget finalement », ou tu retournes vers ton contenu en pensant qu'il faut en attirer d'autres. Autrement dit, tu blâmes le filtre du haut pour une fuite qui est dans le filtre du bas. Et comme tu regardes au mauvais endroit, tu répares au mauvais endroit. Tu produis encore plus de contenu pour compenser une conversation qui fuit.

Un appel qui retient et un appel qui laisse fuir ne se ressemblent pas du tout. L'appel qui fuit, c'est celui où tu déroules ta présentation, où tu expliques ta méthode, où tu remplis les silences par peur du vide, et où tu annonces ton prix en priant pour que ça passe. L'appel qui retient, c'est celui où tu fais parler la personne de son problème, de ce qu'il lui coûte, de ce qu'elle a déjà essayé, jusqu'à ce qu'elle formule elle-même pourquoi elle a besoin de bouger. Le premier essaie de convaincre. Le second aide l'autre à se convaincre. Un bon profil signe dans le second et t'échappe dans le premier.

C'est pour ça que je répète que « attirer les bons profils » se règle à deux endroits, pas un. Tu peux avoir le meilleur contenu du monde et saigner tes signatures dans des appels qui fuient. Tu peux aussi avoir un contenu moyen et un appel qui retient si bien que tu convertis une part énorme du peu de bons profils qui arrivent. Les deux filtres se multiplient, ils ne s'additionnent pas. Un excellent filtre en haut fois un mauvais filtre en bas donne un résultat médiocre. C'est le nœud de ton problème, ce ne sont pas tes leads : le débit de tout le système est fixé par le maillon le plus faible, et le maillon le plus faible est presque toujours l'appel.

Un profil qualifié traverse deux filtres, pas unFiltre 1le contenuqui vient ?Filtre 2l'appelqui reste ?Client qui signebon profil + bonneconversationLes deux filtres se multiplient. Un bon filtre en haut ne rattrape pas un mauvais filtre en bas.
Le contenu est le premier filtre : il décide qui entre dans ton monde. L'appel est le second : il décide qui devient client. Un profil qualifié doit traverser les deux. Travailler l'un en ignorant l'autre, c'est attirer de beaux prospects pour les perdre au dernier mètre, ou soigner ses appels sans jamais recevoir les bonnes personnes. Le cash sort au bout de la chaîne, quand les deux filtres sont réglés.

Le piège classique

Perdre un bon profil dans un appel qui fuit, puis retourner produire plus de contenu pour « en attirer d'autres ». Tu blâmes le filtre du haut pour une fuite du filtre du bas, tu travailles deux fois plus en amont et tu répares au mauvais endroit. Le trou n'est pas dans ta visibilité, il est dans ta conversation.

Compter les portefeuilles, pas les likes§

Revenons à ma feuille de calcul de ce fameux soir, parce que je veux te donner la méthode, pas juste l'anecdote. Pour compter mes abonnés solvables, je n'ai pas essayé de deviner un chiffre magique sur toute mon audience. J'ai fait l'inverse, en partant de mes clients réels. J'ai pris mes derniers acheteurs, ceux qui m'avaient vraiment payé, et j'ai noté ce qu'ils avaient en commun avant de passer à la caisse. Leur situation, leur métier, leur problème, leur niveau de moyens, et surtout les mots qu'ils employaient pour décrire ce qui les bloquait.

Ce portrait, c'est ton profil solvable. Il est infiniment plus précis que « ma cible, ce sont les coachs ». Il ressemble à quelque chose comme : « un coach ou un consultant qui fait déjà quelques milliers par mois, qui a des appels mais qui les perd sur des je vais réfléchir, qui commence à en avoir marre de courir après le trafic ». Une fois que tu as ce portrait, la question change complètement. Tu ne te demandes plus « combien de gens me suivent ». Tu te demandes « quelle part de mon audience ressemble à ça ». Et cette part-là, c'est ton vrai capital.

Je vais être honnête sur le chiffre exact, parce que je refuse de te vendre du vent : le pourcentage précis n'a aucune importance et il serait malhonnête de t'en donner un comme s'il valait pour tout le monde. Ce qui compte, c'est le changement de regard. Le soir où j'ai fait ça, mon audience affichée n'a pas bougé d'un abonné, mais dans ma tête elle a rétréci à sa part solvable, et d'un coup je savais quoi faire. J'ai arrêté d'écrire pour la grande masse et j'ai commencé à écrire pour ce portrait précis. Mes vues ont un peu baissé. Mes conversations ont changé de nature.

Il y a un principe de Seth Godin qui a fini de me convaincre, celui du « plus petit marché viable ». Son idée, racontée avec mes mots : au lieu de viser le plus grand public possible, choisis le plus petit groupe de gens que tu peux servir merveilleusement bien, et concentre tout sur eux. C'est contre-intuitif, parce que notre instinct crie « plus large, plus de monde, plus de chances ». Voilà comment moi je l'applique : je préfère être l'évidence pour trois cents personnes très précises que le vague énième choix pour trente mille. Le petit groupe très concerné achète. La grande masse tiède commente et repart. Compter mes portefeuilles, c'est simplement décider de servir le petit groupe et d'assumer d'ennuyer le reste.

Tu ne sais pas qui est ton profil solvable ? On dresse son portrait ensemble en 30 min →

Le verdict§

Ce que je retiens

Si ton contenu ne te ramène que des curieux, arrête de croire qu'il te manque de la visibilité. Le nombre d'abonnés mesure une portée, jamais un cash. Deux comptes de même taille encaissent des chiffres très différents, parce que ce qui compte n'est pas combien de gens te suivent, c'est combien parmi eux pourraient réellement t'acheter. Le vrai nom de ton problème n'est pas audience, c'est filtre.

Et ce filtre se règle à deux endroits qui se multiplient. Le contenu décide qui vient : fais-le trier, nomme le profil, le prix, le problème, quitte à faire moins de likes. L'appel décide qui reste : fais-le retenir, fais parler l'autre au lieu de le convaincre. Le jour où tu comptes tes portefeuilles au lieu de tes pouces levés, tu arrêtes de piloter ton business sur un chiffre de vanité, et tu répares enfin là où l'argent fuit.

À toi de jouer§

Assez lu. Fais l'exercice que j'ai fait ce soir-là, avec tes chiffres et tes clients. Compte une heure, pas plus. À la fin, tu auras un portrait, un pourcentage grossier et surtout une décision claire sur ce que tu changes cette semaine.

  1. Dresse le portrait de tes acheteurs. Reprends tes 10 derniers clients payants. Note pour chacun sa situation, son problème, son niveau de moyens et la phrase exacte qu'il employait avant de te payer. Cherche ce qui revient. Ce portrait commun, c'est ton profil solvable.
  2. Estime ta part solvable. Regarde ton audience et demande-toi, à la louche, quelle fraction ressemble vraiment à ce portrait. Le nombre exact importe peu. Le but est de sentir l'écart entre ton nombre d'abonnés affiché et ta vraie population d'acheteurs potentiels.
  3. Audite ton filtre du haut. Relis tes 5 derniers posts. Pour chacun, demande-toi : est-ce que ça nomme un profil, un prix, un problème précis ? Est-ce que ça a fait fuir quelqu'un ? Si un post ne repousse personne, c'est un filtre trop large, même s'il a bien marché.
  4. Audite ton filtre du bas. Reprends tes 3 derniers appels de vente avec de bons profils qui n'ont pas signé. Cherche le moment où tu as parlé plus que l'autre, où tu as rempli un silence, où tu as annoncé ton prix trop vite. C'est là que le bon profil t'a échappé.
  5. Choisis un seul réglage. Un seul, cette semaine. Soit tu resserres ton contenu autour de ton profil solvable, soit tu changes une chose précise dans ta conversation de vente. Change une variable à la fois, sinon tu ne sauras jamais laquelle a bougé ton chiffre.

Si tu fais cet exercice et que l'écart entre ton audience affichée et ta part solvable te pique un peu, c'est bon signe : ça veut dire qu'il y a énormément à gagner sans un abonné de plus, juste en réglant tes deux filtres. Pour transformer ce constat en signatures, il faut aller voir tes vrais appels. En 30 minutes, on prend tes 3 dernières conversations de vente et je te montre précisément où ton filtre du bas laisse fuir tes bons profils, et la phrase qui les fait rester. C'est le diagnostic « où ça fuit » : réserve ton créneau ici.

Tu vois le mécanisme des deux filtres. Voilà par où continuer, chiffres et cas à l'appui :

« Mon vrai souci, c'est pas mes leads ? » → la démonstration par l'arithmétique
« Comment distinguer un acheteur d'un curieux ? » → le tri concret avant l'appel
« Plus de trafic réglerait tout ? » → pourquoi c'est une fausse piste
« À quoi ressemble un appel qui fuit ? » → une étude de cas, deux appels

Tu veux qu'on regarde tes vrais appels et qu'on trouve où tes bons profils s'échappent ? On fait ça en 30 min.

Envie de compter tes portefeuilles au lieu de tes likes ? Réserver une consultation offerte →

Un terme technique t'échappe ? Consulte le lexique →

Questions fréquentes

Le plus souvent, parce que ton contenu est fait pour plaire au plus grand nombre au lieu de trier. Un post qui cherche le like maximum attire tout le monde, dont une majorité de gens qui n'ont ni le problème que tu résous, ni le budget pour le résoudre. Le contenu est ton premier filtre : s'il ne nomme jamais le profil que tu veux, le prix que tu pratiques et le problème précis que tu traites, il laisse entrer une audience large et peu solvable. Ce n'est donc presque jamais un manque de visibilité, c'est un défaut de filtrage à l'entrée.

Non, et c'est le piège qui m'a coûté le plus de temps. Le nombre d'abonnés mesure une portée, pas une capacité d'achat. Deux comptes de même taille peuvent produire des chiffres très différents selon la part d'abonnés qui ont le problème que tu résous et les moyens de te payer. Ce qui compte, ce n'est pas combien de gens te suivent, c'est combien parmi eux pourraient réellement t'acheter. Tant que tu comptes des likes plutôt que des portefeuilles, tu piloteras ton business sur un chiffre qui ne dit rien de ton cash.

En acceptant que ton contenu doit repousser autant qu'attirer. Nomme explicitement pour qui tu travailles, à quel niveau de prix, sur quel problème précis. Parle de ce que tes bons clients vivent, dans leurs mots, et laisse indifférents ceux qui ne sont pas concernés. Un contenu qui trie fait moins de likes et plus de conversations qualifiées, parce qu'il agit comme un aimant sur les bons et comme un mur poli sur les autres. Le but n'est pas d'être vu par plus de monde, c'est d'être vu par le bon monde, et de le dire assez clairement pour que les curieux s'auto-éliminent avant même de te contacter.

Des deux, parce qu'un profil qualifié se règle à deux endroits. Le contenu décide qui vient, l'appel décide qui reste. Tu peux avoir un contenu qui trie très bien et perdre tes bons profils dans une conversation de vente qui fuit, ou l'inverse. Le mot juste n'est pas audience, c'est filtre : un filtre à l'entrée qui écarte les curieux avant l'appel, et un filtre dans l'appel qui transforme un profil qualifié en client. Regarder l'un sans l'autre, c'est réparer une fuite en amont pendant que l'eau sort en aval.

Regarde tes clients réels, pas ton nombre d'abonnés. Reprends tes 10 derniers acheteurs et note ce qu'ils avaient en commun avant de te payer : leur situation, leur problème, leur niveau de moyens, la phrase qu'ils employaient. Ce portrait est ton profil solvable. Ensuite, demande-toi quelle part de ton audience lui ressemble vraiment. Le chiffre exact importe moins que le changement de regard : tu arrêtes de piloter sur la taille de ton audience et tu commences à piloter sur la densité de bons profils dedans, puis sur ta capacité à les convertir en appel.

Sources

Cet article ne s'appuie pas sur des études académiques, mais sur trois ans de contenu quotidien publié sur Instagram et appliqué sur mon propre compte, et sur des centaines d'appels de vente d'indépendants analysés. Les repères de praticiens ci-dessous sont cités parce que je les applique concrètement, pas pour l'autorité. Les ordres de grandeur évoqués sont mon expérience de terrain, jamais des statistiques présentées comme établies : il n'existe aucun benchmark fiable de taux de conversion à citer.

Hormozi, A. (2023), $100M Leads, Acquisition.com : le contenu doit qualifier et filtrer à l'entrée pour n'attirer que les bonnes personnes, quitte à en repousser beaucoup d'autres. Appliqué ici au réglage du filtre « contenu ».

Godin, S. (2018), This Is Marketing, Portfolio/Penguin : le « plus petit marché viable », servir merveilleusement bien un petit groupe très précis plutôt que viser la plus grande masse possible. Appliqué ici au choix du profil solvable.

Corpus original : trois ans de publications quotidiennes sur Instagram (compte Léo Fanouillet) et plusieurs centaines d'appels de vente d'indépendants analysés, récurrence du décalage entre taille d'audience et cash, et effet du tri par le contenu puis par l'appel (observations de terrain Académie Sales).

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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Léo Fanouillet

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Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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Acheteur ou curieux : qualifier un prospect