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Consultant B2B : vendre tes missions quand il n'y a rien à montrer

· 15 min de lecture · Mis à jour janvier 2024 · 5 sources

Toi, tu vends un truc que personne ne peut toucher avant de payer. C'est ça qui rend ta vente si dure : t'as rien à montrer, y a juste toi. Ton prospect signe, et il verra après si t'étais bon. Du coup tout se joue sur un seul truc : la confiance. Il achète pas ta mission, il achète le sentiment que t'as compris son problème et que tu vas l'aider. Et là, le move contre-intuitif : dans ton métier, tu vends en NE vendant pas. Tu conseilles. Tes questions, ton diagnostic, ta façon de reformuler son problème mieux que lui, c'est ÇA qui fait signer. Si à la fin il se dit « ce type a pigé mon truc mieux que moi », c'est plié. Deuxième règle : facture jamais au temps. « C'est tant de jours à tant », et tu deviens un taux journalier qu'on compare à trois autres. Vends la valeur : ta mission règle un problème qui lui coûte de l'argent tous les mois. À côté de ça, ton prix devient un détail. Dernier truc : c'est long, plusieurs rendez-vous, plusieurs personnes. Faut de la patience. C'est exigeant, mais c'est le haut du panier.

Le conseil, l'expertise, les prestations intellectuelles : c'est peut-être la vente la plus pure qui soit, parce que tu vends quelque chose d'entièrement intangible, que ton prospect ne peut ni toucher, ni voir, ni tester avant de payer, et souvent à un prix élevé. Vendre de l'invisible cher à un dirigeant qui engage son argent et sa crédibilité, c'est un exercice exigeant, avec ses propres règles. Voyons-les, appliquées à ta vente à toi.

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En 30 secondes
  • Tu vends de l'intangible : ton prospect n'a rien à toucher ni à tester avant de payer.
  • Comme la qualité de ton travail est invisible avant l'achat, tout se joue sur la confiance et les signaux de sérieux.
  • En face, un dirigeant qui engage son argent et sa responsabilité : tu vends la valeur que tu crées, pas tes heures.
  • Ta posture gagnante est celle du conseiller de confiance, jamais du vendeur, avec un cycle souvent plus long.

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Vendre l'invisible : ton vrai défi§

Ce qui rend ton métier unique, c'est que tu vends quelque chose d'invisible. Un coach sportif peut faire imaginer un avant/après ; une agence peut montrer des campagnes. Toi, ton prospect achète de l'expertise, un accompagnement, une réflexion, quelque chose qu'il ne pourra juger qu'après t'avoir payé, parfois longtemps après. C'est le cas d'école du marché où la qualité reste cachée avant l'achat.

Conséquence directe : quand on ne peut pas juger le travail à l'avance, on se raccroche à des signaux. Ta réputation, ton assurance, la précision de ton diagnostic, la clarté de ta pensée, tes preuves de résultats passés. Ton prospect n'achète pas ce qu'il ne peut pas voir (le contenu de ta mission), il achète ce qu'il peut ressentir : la confiance que tu sais de quoi tu parles et que tu vas lui apporter de la valeur. Toute ta vente se construit là-dessus. Ce qui définit la posture à tenir.

Posture vendeurConseiller de confianceTu pousses : ledirigeant sebraqueTu conseilles :ta découverte vend
Dans ton métier, la posture de vendeur est contre-productive : un dirigeant veut être conseillé, et ta découverte est ta meilleure vente.

Conseiller de confiance, pas vendeur§

Dans ton métier, la posture de vendeur classique est contre-productive. Un dirigeant qui achète de l'expertise ne veut pas qu'on lui vende, il veut être conseillé. Ta posture gagnante, c'est celle du conseiller de confiance : quelqu'un qui pose les bonnes questions, comprend le problème mieux que le client lui-même parfois, et donne l'impression d'être déjà en train d'aider, avant même le contrat.

Concrètement, ça veut dire que ta découverte est ta meilleure vente. La qualité de tes questions, la pertinence de ton diagnostic, la façon dont tu reformules le problème du dirigeant en montrant que tu le saisis en profondeur : c'est ça qui vend, bien plus qu'un argumentaire. Si, en fin d'appel, ton prospect se dit « ce type a compris mon problème mieux que moi », ta vente est quasi faite, parce qu'il projette : « s'il comprend si bien, il saura sûrement m'aider ». Le paradoxe de ton métier : tu vends en ne vendant pas, en conseillant. C'est l'inverse du forcing, et c'est le pendant B2B premium de la vente par la valeur.

D'où je parle

Au début, mes honoraires se justifiaient par mon parcours. À la fin, par un déroulé daté. Entre les 2, plus de 3 ans à vendre mes propres accompagnements entre 5 000 et 10 000 €, autant à des entreprises qu'à des particuliers. Vendre de l'intangible cher m'a appris une chose : le prospect n'achète jamais ta compétence, il achète la certitude de savoir à quoi ressemblera le premier mois. Tant que ce mois reste flou, tes honoraires paraissent arbitraires.

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Vendre la valeur, jamais tes heures§

L'erreur classique quand on vend du service, c'est de facturer au temps : « c'est tant de jours de prestation, à tant par jour ». Tu te sabordes, pour 2 raisons. D'abord, ça plafonne ta valeur au nombre d'heures que tu peux vendre. Ensuite et surtout, ça détourne l'attention du résultat vers le coût. Le dirigeant se met alors à comparer des taux journaliers, le tien et ceux de 3 confrères, et tu deviens interchangeable.

La bonne approche, c'est de vendre sur la valeur économique que tu crées. Une mission qui règle un problème coûtant 200 000 € par an à ton client, ou qui débloque un projet à fort enjeu, ne se compare pas à un taux journalier : elle se compare à ce qu'elle rapporte ou fait économiser. Toute ta vente consiste à faire émerger, en découverte, l'enjeu réel et son coût, pour que ton prix apparaisse comme une fraction de la valeur que tu apportes. C'est le principe de la vente de valeur : plus tu ancres la conversation sur le résultat et son enjeu chiffré, moins ton prix paraît élevé, parce qu'il n'est plus comparé à des heures mais à un retour.

Vendre l'invisibleRien à tester avantLa confianceLe seul repèreLa valeurJamais les heures
Tu vends de l'intangible cher : comme la qualité de ton travail est invisible avant l'achat, tout se joue sur la confiance et la valeur, pas sur un taux journalier.

La recommandation, ton meilleur moteur§

Une particularité économique de ton métier : une grande partie de ton business vient de la recommandation et de ta réputation, pas de la prospection à froid. Un dirigeant que tu as bien servi en parle à d'autres dirigeants, et ces prospects-là arrivent déjà à moitié convaincus, avec une confiance préétablie. Pour toi, ça change la donne : tes meilleures ventes sont souvent celles où quelqu'un t'a déjà vendu avant l'appel, par le bouche-à-oreille.

Conséquence pratique : chaque client bien servi devient un actif qui t'en ramène d'autres, et la qualité de la relation compte autant que la vente elle-même. Dans ton secteur, tu ne penses pas seulement à conclure, tu penses à créer des clients qui te recommandent. Ça renforce l'idée que la posture de conseiller de confiance, et non de vendeur pressé, est la bonne : la confiance que tu inspires aujourd'hui prépare tes ventes de demain, amenées par ceux que tu as bien servis.

Faire avancer une décision sans harceler§

Ton cycle long pose un défi concret : comment faire avancer une décision sur des semaines sans devenir lourd ? Le mauvais réflexe, c'est la relance insistante (« alors, vous avez décidé ? »), qui agace un dirigeant et abîme ta posture de conseiller. Le bon réflexe : apporter de la valeur à chaque contact. À chaque échange, tu glisses un élément utile (une réflexion, une réponse à une question, un éclairage) plutôt que de simplement demander où en est la décision.

Comme ça, tu restes présent et utile sans jamais harceler, et tu continues de démontrer ta valeur pendant tout le cycle. Chaque interaction confirme à ton prospect qu'il a intérêt à travailler avec toi, ce qui fait mûrir la décision naturellement. Faire avancer une vente longue, c'est accompagner, pas relancer : reste le conseiller utile jusqu'au bout, et laisse la valeur que tu apportes faire le travail que la pression ne fera jamais.

Te positionner en expert, pas en prestataire§

Une chose décisive dans ta vente, c'est ton positionnement. 2 personnes qui vendent le même service peuvent être perçues radicalement différemment : l'une comme un prestataire interchangeable qu'on choisit sur le prix, l'autre comme un expert qu'on veut absolument, presque quel que soit le prix. Cette différence de perception ne tient pas au service lui-même, mais à la façon dont tu te positionnes.

Ton positionnement d'expert se construit par la spécialisation (être LA référence sur un problème précis plutôt qu'un généraliste), par la sélectivité (un expert ne prend pas tous les clients, ce qui augmente sa valeur perçue), et par la posture (parler d'égal à égal, oser challenger le dirigeant, ne pas être en position de demandeur). Pour toi, ça a une implication forte : ta vente commence bien avant l'appel, dans la façon dont tu es perçu. Un expert n'a presque pas à vendre, on vient à lui ; un prestataire doit convaincre et négocier. Travailler ton positionnement, c'est te faciliter toutes tes ventes futures. Le prix que tu peux défendre est directement fonction de la place que tu occupes dans la tête de ton prospect.

Structurer ton offre et tes honoraires§

Vendre du conseil, c'est aussi savoir structurer ton offre, parce qu'une même mission peut se vendre de façons très différentes. Facturer à la mission (un forfait pour un livrable défini), en accompagnement récurrent (un abonnement mensuel de conseil), ou même en partie sur les résultats obtenus : chaque structure change la perception du prix et l'engagement de ton client. Le forfait rassure sur le budget mais fige le périmètre ; le récurrent installe une relation durable mais te demande de prouver ta valeur en continu.

Choisis la structure qui aligne ton intérêt et celui du client, et qui rend sa décision plus facile. Proposer un premier engagement limité, quitte à élargir ensuite, réduit souvent la peur de s'engager sur du long et de l'intangible. De même, ancrer une partie de ta rémunération sur un résultat visible peut lever la méfiance sur un service dont on ne voit pas la qualité à l'avance. La façon dont tu structures et présentes ton offre fait partie de ta vente autant que ce que tu vends : un bon montage peut transformer un « je ne suis pas sûr » en un « essayons ». C'est une force propre à ton métier, où la souplesse de ton offre devient un atout.

Un cycle long, plusieurs interlocuteurs§

Dernière spécificité, à connaître avant de te lancer : vendre du service B2B implique souvent un cycle plus long que le B2C. Un dirigeant qui engage un budget conséquent sur de l'intangible prend rarement sa décision en un seul appel. Tu auras fréquemment plusieurs échanges, parfois plusieurs interlocuteurs à convaincre (un décideur, mais aussi des personnes qui influencent ou valident), et un temps de maturation. Ce n'est pas un défaut, c'est la nature d'une décision importante et impliquante.

Pour toi, ça implique une posture différente de la vente rapide : du suivi, de la patience, l'art de faire avancer une décision sur la durée sans harceler. Ton secteur récompense ceux qui sont à l'aise dans la relation et le temps long, pas ceux qui cherchent à conclure en 5 minutes. En contrepartie, tes tickets sont élevés, tes clients fidèles et prescripteurs, et vendre de la valeur pure à des dirigeants reste l'un des exercices les plus gratifiants et les mieux payés. C'est exigeant, plus confortable une fois que tu as de la bouteille, mais au sommet de ce que la vente peut offrir. Pour situer ton offre, compare avec la vente de SaaS et les codes du B2B.

  • Assume que tu vends de l'invisible : la qualité de ton travail étant invisible avant l'achat, tout se joue sur la confiance et les signaux.
  • Tiens la posture de conseiller, pas de vendeur : un dirigeant veut être conseillé, pas qu'on lui vende.
  • Fais de ta découverte ta meilleure vente : « ce type a compris mon problème mieux que moi » vaut tous les arguments.
  • Vends la valeur, jamais tes heures : ancre ton prix sur le résultat et son enjeu chiffré, pas sur un taux journalier.
  • Accepte le cycle long et les interlocuteurs multiples : suivi, patience, relation, plutôt que de vouloir conclure vite.
Le verdict

Vendre du conseil et des services intellectuels, c'est peut-être la vente la plus pure : tu vends de l'intangible, que ton prospect ne peut ni toucher ni tester avant de payer, et cher. Comme la qualité de ton travail reste invisible avant l'achat, il se raccroche à des signaux (réputation, assurance, précision du diagnostic, preuves passées) et achète ce qu'il ressent, la confiance que tu sais de quoi tu parles. La posture de vendeur classique y est contre-productive : un dirigeant veut être conseillé, et ta découverte devient ta meilleure vente, parce que « ce type a compris mon problème mieux que moi » vend plus que tout argumentaire.

Vends la valeur économique que tu crées, jamais tes heures, sous peine de devenir une commodité comparée à des taux journaliers. Enfin, ton cycle est souvent long, avec plusieurs interlocuteurs, ce qui récompense la patience et la relation plutôt que la vente express. C'est long, c'est exigeant, mais c'est là que se signent tes plus gros tickets.

Léo Fanouillet

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Questions fréquentes

Parce que tu vends de l'intangible : ton expertise, une réflexion, un accompagnement que ton prospect ne peut ni toucher, ni voir, ni tester avant de payer, et qu'il ne jugera qu'après. Comme la qualité de ton travail est invisible avant l'achat, ton prospect se raccroche à des signaux : ta réputation, ton assurance, la précision de ton diagnostic, tes preuves de résultats passés. Il n'achète pas ta prestation, il achète la confiance que tu sais de quoi tu parles. Toute ta vente se construit sur cette confiance, pas sur une démonstration de produit.

En tenant la posture de conseiller de confiance plutôt que de vendeur, parce qu'un dirigeant qui achète de l'expertise veut être conseillé, pas qu'on lui vende. Ta meilleure vente, c'est ta découverte : la qualité de tes questions, la pertinence de ton diagnostic, la façon dont tu reformules son problème en montrant que tu le saisis en profondeur. Si ton prospect se dit « ce type a compris mon problème mieux que moi », il projette que tu sauras l'aider, et la vente est quasi faite. Le paradoxe de ton métier : tu vends en conseillant, pas en argumentant.

Parce que facturer au temps (tant de jours à tant par jour) plafonne ta valeur à des heures et détourne l'attention du résultat vers le coût : le dirigeant se met à comparer des taux journaliers et tu deviens interchangeable. Vends plutôt la valeur économique que tu crées : une mission qui règle un problème coûtant 200 000 € par an à ton client se compare à ce qu'elle rapporte ou fait économiser, pas à un tarif horaire. En ancrant la conversation sur l'enjeu chiffré, ton prix apparaît comme une fraction de la valeur que tu apportes.

C'est un secteur exigeant, plus confortable une fois que tu as déjà de la bouteille. Il te demande d'être à l'aise avec l'intangible et la vente de valeur, de tenir une posture de conseiller crédible face à un dirigeant, et de gérer un cycle long avec plusieurs interlocuteurs à convaincre. Ce n'est pas un terrain de vente express. En contrepartie, tes tickets sont élevés, tes clients fidèles et prescripteurs, et vendre de la valeur pure à des dirigeants reste l'un des exercices les mieux payés et les plus gratifiants. Si tu débutes, tu peux y venir après avoir fait tes armes sur des offres plus simples à montrer.

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Sources

Méthodo : cet article s'appuie sur des travaux établis (Maister sur le conseiller de confiance, Rackham sur la vente complexe, Anderson & Narus sur la vente de valeur, Cialdini, Akerlof sur l'asymétrie d'information) appliqués à la vente de tes missions de conseil, sans statistique inventée.

Maister, D., Green, C. & Galford, R. (2000), The Trusted Advisor, Free Press : dans les services intellectuels, on n'achète pas une prestation mais une relation de confiance avec un conseiller.

Rackham, N. (1988), SPIN Selling : la vente complexe se gagne par la découverte du problème et de son implication, pas par l'argumentaire de la solution.

Anderson, J. & Narus, J. (1998), Harvard Business Review : vendre sur la valeur économique créée pour le client, chiffrée, plutôt que sur les caractéristiques.

Cialdini, R. (2006), Influence : l'autorité et la preuve, ressorts déterminants quand on vend de l'expertise intangible et difficile à évaluer.

Akerlof, G. (1970), « The Market for Lemons », Quarterly Journal of Economics : quand la qualité est invisible avant l'achat (cas des services), la confiance et les signaux deviennent centraux.

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'aide les coachs et les consultants à mieux vendre leur accompagnement. J'écris ces articles en croisant la donnée publique, la recherche et le terrain, et je garde seulement ce qui tient une fois le bullshit retiré. Zéro promesse magique.

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Léo Fanouillet

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