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Annoncer ton prix dans ton contenu : le filtre le plus violent

· 26 min de lecture · Mis à jour août 2026 · 3 sources

Il y a un message que je reçois toutes les semaines, presque au mot près. « Léo, mon contenu marche pas mal, j'ai des vues, des likes, même des DM, mais au final ça ne ramène que des curieux. Des gens qui veulent des conseils gratuits, qui posent trois questions et qui disparaissent quand je parle d'accompagnement. » Et à chaque fois, je vais voir le compte. Et à chaque fois, je trouve la même chose : nulle part, dans aucun post, dans aucune story, dans aucune bio, il n'y a le moindre chiffre. Jamais un prix. Jamais un ordre de grandeur. Rien.

Ça fait 3 ans que je publie tous les jours sur Instagram, et j'ai fini par comprendre un truc que je trouvais contre-intuitif au début. Le contenu qui n'ose pas parler d'argent ne fait pas venir plus de monde, il fait venir le mauvais monde. Ton prix n'est pas une information que tu gardes pour la fin par pudeur commerciale. C'est un filtre. Et quand tu le caches, tu ne protèges pas ta vente, tu la sabotes. Cet article, c'est pourquoi afficher ton prix écarte la majorité et garde les acheteurs, et comment le faire sans jamais passer pour arrogant.

L'essentiel

  • Un contenu qui ne dit jamais combien ça coûte n'a pas de videur à l'entrée : tout le monde passe, et surtout les curieux qui n'achèteront jamais.
  • Le prix est le filtre le plus violent qui existe. Il écarte de lui-même ceux que tu ne veux pas en appel et rassure ceux qui sont prêts à investir.
  • Tu ne fais pas fuir des clients en donnant ton prix. Tu fais fuir des curieux, et tu déplaces leur départ avant qu'il te coûte un appel.
  • Un prix passe pour arrogant quand il flotte seul, jamais quand il est posé à côté du résultat qu'il achète et de la personne pour qui il est fait.
  • Le prix dans le contenu est le premier filtre, jamais le seul. Le contenu décide qui vient, l'appel décide qui reste.

L'hypothèse de départ

Si je donne mon prix trop tôt, je vais faire fuir des gens avant même de leur avoir montré ma valeur. Mieux vaut créer du lien, prouver mon expertise, et amener le prix le plus tard possible, une fois qu'ils sont convaincus.

C'est l'histoire que je me racontais aussi. En réalité, cacher le prix ne retient pas les acheteurs, ça retient les curieux, ceux qui te coûtent du temps et repartent au premier chiffre. Le prix n'est pas la fin de la conversation, c'est le début du tri.

Ton contenu, avec ou sans videur à la porteSans prixtout le monde entre en appelsurtout les curieuxAvec un ordre de grandeurles curieux partent d'eux-mêmesrestent ceux qui achètent
À gauche, un contenu qui ne dit jamais combien ça coûte : la porte n'a pas de videur, tout le monde entre, et ton agenda d'appels se remplit de gens qui ne paieront jamais. À droite, un ordre de grandeur affiché fait partir les curieux avant l'appel et garde ceux qui sont dans la zone. Le prix ne réduit pas ton monde, il le trie.

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Ton contenu sans prix, c'est une porte sans videur§

Reprenons la plainte du départ : « ça ne ramène que des curieux ». Quand quelqu'un me dit ça, mon premier réflexe n'est pas de regarder son nombre d'abonnés, ni la qualité de ses visuels, ni son taux d'engagement. Je regarde une seule chose : est-ce qu'à un moment, n'importe où, il assume ce que coûte de travailler avec lui. La plupart du temps, la réponse est non. Et à partir de là, le reste du diagnostic est presque écrit d'avance.

Imagine une soirée à l'entrée gratuite, sans personne à la porte, sans aucune indication de ce qui se passe à l'intérieur. Qui entre ? Tout le monde. Les gens qui cherchent vraiment ce que tu proposes, mais aussi ceux qui passaient là par hasard, ceux qui veulent juste se réchauffer, ceux qui prennent un verre et repartent. Ton contenu sans prix, c'est exactement cette soirée. Tu attires un flux, tu es content de voir du monde, et tu t'étonnes ensuite que la salle soit pleine de gens qui n'ont aucune intention de consommer.

Le prix, c'est le videur. Ce n'est pas un détail qu'on garde pour la fin, c'est le premier message que tu envoies sur qui est concerné et qui ne l'est pas. Un ordre de grandeur posé quelque part dans ton contenu fait un travail que ni ton expertise, ni ton storytelling, ni tes preuves ne font : il découpe ton audience en deux, ceux pour qui ce chiffre est une évidence et ceux pour qui c'est hors sujet. Et ce découpage, tu veux qu'il se fasse le plus tôt possible, pas au bout de trois messages et d'un appel de 45 minutes.

Voilà pourquoi ton contenu ramène des curieux : il ne trie pas. Il attire large, il ne pose aucune barrière, et il laisse le tri se faire au pire endroit, dans ton agenda. Chaque curieux qui prend un appel avec toi parce qu'il n'avait aucune idée du prix, c'est un créneau que tu ne donnes pas à un acheteur. Le problème n'a jamais été le volume de gens qui viennent, c'est l'absence de porte. J'en fais la démonstration ailleurs, parce que c'est le cœur de tout : ton problème, ce ne sont pas tes leads, c'est ce que tu en fais.

Le déclic

Ton contenu ne manque pas de monde, il manque de porte. Sans prix affiché, tu ne filtres rien : tu laisses le tri se faire dans ton agenda d'appels, au moment où il te coûte le plus cher.

Pourquoi le prix est le filtre le plus violent qui existe§

Il y a mille façons de filtrer une audience. Tu peux parler à une cible précise, employer un vocabulaire de métier, raconter des cas qui ne résonnent que chez certains, poser des conditions d'accès. Toutes marchent un peu. Mais aucune n'a la puissance d'un chiffre. Le prix est le filtre le plus violent qui existe parce qu'il ne se discute pas et qu'il tombe en une fraction de seconde. Tu écris « l'accompagnement démarre à 3000 € », et dans la tête de chaque personne qui lit, un tri s'opère instantanément, sans que tu aies à argumenter quoi que ce soit.

Violent, ici, n'est pas un gros mot. Un filtre, par définition, sert à retenir une partie et à laisser passer l'autre. Un filtre qui ne retient personne n'est pas un filtre, c'est un tuyau. Le prix retient beaucoup de monde, et c'est précisément sa valeur. Alex Hormozi, dans son livre 100M Offers, insiste sur une idée que j'ai mis du temps à vraiment digérer : un prix élevé ne fait pas que financer ton business, il change qui se présente et comment ils se comportent une fois là. Un prix bas attire des gens qui cherchent le moins cher et se plaignent le plus. Un prix assumé attire des gens qui prennent la chose au sérieux. Voilà comment moi je l'applique : je considère mon prix comme la première phrase de ma vente, pas comme la dernière.

Regarde ce qui se passe concrètement quand tu affiches un ordre de grandeur. Celui qui n'a ni le budget ni l'intention le voit et passe son chemin, sans t'écrire, sans te prendre un appel, sans même que tu saches qu'il existait. Celui qui hésite se pose une vraie question, celle qu'il devra se poser de toute façon. Et celui qui est prêt à investir se dit « ok, on est dans les mêmes ordres de grandeur, ça vaut le coup que je regarde ». Trois réactions, un seul chiffre, et le tri est fait avant même le premier message. Aucune autre information dans ton contenu ne travaille aussi vite.

La grande peur, c'est de croire que ce filtre te fait perdre des clients. Il ne te fait perdre que des curieux. Un acheteur ne renonce pas à une transformation qui l'intéresse parce qu'il en connaît le prix à l'avance ; au contraire, il est soulagé de ne pas avoir à jouer au jeu du « combien ça coûte » pendant trois échanges. Ceux qui partent au premier chiffre sont ceux qui seraient partis au moment de payer. Tu ne perds rien, tu gagnes juste le temps que tu aurais gâché avec eux. Pour bien distinguer les deux profils, j'ai écrit un article entier là-dessus : acheteur ou curieux, comment les reconnaître.

exempleUn seul chiffre, trois réactionsLe curieux→|passe son cheminsans te coûter un appelL'hésitant?se pose la vraie questiontôt, pas en appelL'acheteurest rassuré, te contactedéjà dans la zone
Pour illustrer le mécanisme. Le même ordre de grandeur, lu par trois profils, produit trois réactions, et le tri se fait avant le moindre appel. Le curieux part de lui-même, l'hésitant tranche tôt, l'acheteur arrive rassuré et déjà d'accord sur les ordres de grandeur. Aucun chiffre inventé ici, juste la mécanique d'un filtre.

D'où je parle

Je publie tous les jours depuis 3 ans, et j'ai testé les deux versions sur mes propres posts : ceux qui restent flous sur l'argent et ceux qui posent un ordre de grandeur. Sur mes propres contenus, je constate que dès que je nomme un chiffre, le volume de messages baisse et la qualité monte : moins de « c'est combien ? » sans suite, plus de gens qui arrivent en sachant déjà où on va. J'ai vu la même bascule dans les appels de vente d'indépendants que j'analyse, ceux qui affichent un cadre de prix ont des appels plus courts et plus nets.

En 30 minutes, je relis tes 5 derniers posts et je te dis lesquels filtrent vraiment et lesquels ne font que ramasser des curieux →

Les 3 peurs qui te font cacher ton prix§

Si le prix est un filtre aussi puissant et aussi simple, pourquoi presque personne ne l'affiche ? Parce que trois peurs travaillent en silence, et elles se déguisent toutes en bonne stratégie. La première, c'est la peur de faire fuir. « Si je donne mon prix, les gens vont partir. » On vient de la démonter : les gens qui partent sont les curieux, et leur départ est une bonne nouvelle. Mais cette peur est tenace parce qu'elle confond le volume de vues avec le volume de clients. Voir partir des gens fait mal à l'ego, même quand ce sont exactement les bons à voir partir.

La deuxième peur, c'est celle de paraître arrogant. « Afficher un prix élevé, ça va donner l'impression que je me prends pour qui ? » Cette peur mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle contient une part de vrai : un prix mal amené peut sonner arrogant. On va y consacrer toute la section suivante. Mais retiens déjà ceci : ce n'est jamais le montant qui passe pour arrogant, c'est la manière. Un chiffre posé calmement, relié à ce qu'il règle, ne choque personne. Un chiffre balancé comme un trophée, oui. La différence n'est pas dans le nombre, elle est dans la formulation.

La troisième peur est plus rarement avouée : la peur de se faire copier, ou de « donner des informations à la concurrence ». Celle-là, je la trouve presque touchante, parce qu'elle suppose que ton prix est un secret stratégique. Ton prix n'est pas ta recette, c'est ton panneau d'entrée. Le cacher ne protège rien du tout, ça ne fait que priver tes futurs clients de l'information dont ils ont besoin pour se reconnaître. Un concurrent qui veut connaître ton prix le connaîtra en prenant un appel. La seule personne à qui tu caches vraiment ton prix, c'est l'acheteur pressé qui aurait signé plus vite s'il avait su.

Ces trois peurs ont un point commun : elles partent toutes de toi, jamais du client. Peur pour ton ego, peur pour ton image, peur pour ton pré carré. Aucune ne se demande ce qui aide réellement la personne en face à décider. Et c'est là le renversement : afficher ton prix n'est pas un acte de courage commercial, c'est un service que tu rends à celui qui te lit. Tu lui évites de perdre son temps s'il n'est pas concerné, et tu lui donnes une raison de te faire confiance s'il l'est. La transparence sur l'argent est une des formes les plus concrètes du respect que tu dois à ta cible.

Le piège classique

Croire que retarder le prix « laisse le temps de convaincre ». En réalité, plus tu retardes, plus tu investis d'énergie dans des gens qui vont partir au chiffre de toute façon. Le temps que tu passes à convaincre un curieux avant de lui donner le prix, c'est du temps volé aux acheteurs qui attendent une réponse claire.

Comment annoncer ton prix sans passer pour arrogant§

On arrive au vrai sujet, celui qui bloque la plupart des coachs et des consultants même quand ils sont convaincus par tout le reste. Comment donner un chiffre sans avoir l'air de se la raconter ? La réponse tient en une phrase : un prix ne passe jamais pour arrogant quand il est relié à ce qu'il règle et à la personne pour qui il est fait. L'arrogance vient toujours d'un prix qui flotte tout seul, sans contexte, comme s'il valait par lui-même. Répare le contexte, et le même chiffre devient de la clarté.

Le premier geste, c'est de toujours poser le prix à côté du résultat, jamais à côté de toi. « Mon accompagnement coûte 3000 € » sonne sec et centré sur ta valeur. « Ce format est fait pour celui qui veut arrêter de bricoler sa vente seul et signer à un prix qui tient, et l'investissement démarre à 3000 € » raconte une autre histoire : le chiffre est au service d'un problème, pas d'une posture. Tu ne dis pas « je vaux ça », tu dis « voilà ce que ça règle, voilà l'ordre de grandeur ». La nuance a l'air minuscule, elle change tout dans l'oreille de celui qui lit.

Le deuxième geste, c'est de dire pour qui ce n'est pas. Rien ne désarme mieux l'accusation d'arrogance que de reconnaître ouvertement que ton offre ne s'adresse pas à tout le monde. « Si tu débutes tout juste et que chaque euro compte, ce n'est pas pour toi maintenant, et c'est normal. » En excluant honnêtement une partie des gens, tu montres que ton prix n'est pas une frime mais un cadre, avec des bords, pensé pour une situation précise. Seth Godin appelle ça viser le plus petit marché viable : au lieu de plaire à tout le monde et de ne convaincre personne, tu parles fort à un groupe restreint qui se reconnaît. Voilà comment moi je l'applique : je préfère qu'un post fasse dire « ce n'est clairement pas pour moi » à beaucoup, plutôt que « pourquoi pas un jour » à tout le monde.

Le troisième geste, le plus sous-estimé, c'est le calme. La sérénité avec laquelle tu donnes le chiffre compte souvent plus que le chiffre lui-même. Si tu annonces ton prix en te justifiant, en empilant les arguments, en t'excusant à moitié, tu envoies le signal que toi-même tu le trouves cher. Si tu le poses sans trembler, comme une information factuelle, tu envoies le signal qu'il est juste. Un prix arrogant, ce n'est pas un prix haut, c'est un prix mal assumé, soit gonflé pour impressionner, soit lâché avec un malaise qui se sent à dix kilomètres. Le bon dosage est plat, presque ennuyeux : voilà ce que ça règle, voilà pour qui, voilà l'investissement, point.

La règle

Un prix arrogant n'est pas un prix haut, c'est un prix mal assumé. Relie-le au résultat, dis pour qui ce n'est pas, donne-le sans trembler. Le montant choque rarement, la gêne toujours.

Où poser le chiffre dans ton contenu, concrètement§

Convaincu sur le principe, il reste la question pratique : où mettre ce prix pour qu'il filtre sans que tu passes ta vie à répéter un tarif. Tu n'as pas besoin d'écrire ton prix dans chaque post, ce serait lourd et ça finirait par ne parler que d'argent. Tu as besoin qu'il soit trouvable, plusieurs fois, à des endroits où celui qui se pose la question tombe forcément dessus. Le but n'est pas la répétition, c'est la présence.

Le premier endroit, c'est le contenu qui parle directement de ton offre. Quand tu présentes ce que tu fais, la manière dont tu accompagnes, les résultats que ça donne, c'est le moment naturel pour poser un ordre de grandeur. Un post qui décrit une transformation sans jamais dire ce qu'elle coûte laisse le lecteur dans le flou volontaire, et le flou attire les curieux. Ajoute une phrase, une seule, qui situe l'investissement, et tu transformes un post inspirant en un post qui trie.

Le deuxième endroit, ce sont les moments où tu réponds à l'objection du prix en public. Un des contenus qui filtre le mieux, dans mon expérience de 3 ans à publier, c'est celui où tu prends de front la question « c'est cher ? ». Tu expliques pourquoi ton offre coûte ce qu'elle coûte, ce qu'elle règle, pour qui elle est faite, et tu donnes le cadre. Ce type de contenu fait deux choses à la fois : il pose le chiffre et il désamorce la peur, si bien que ceux qui te contactent ensuite ont déjà digéré l'ordre de grandeur. Ils ne viennent plus marchander, ils viennent vérifier que c'est pour eux.

Le troisième endroit, c'est la conversation en message privé, avant l'appel. Quand quelqu'un t'écrit « comment on travaille ensemble ? », la pire réponse est « on en parle en appel, tu réserves un créneau ? » sans un mot sur le prix. Tu viens d'inviter un curieux à te prendre 30 minutes. La bonne réponse donne l'ordre de grandeur tout de suite : « l'accompagnement démarre à tel montant, si c'est dans tes possibilités on cale un appel pour voir si c'est le bon format pour toi ». Tu filtres en une phrase, et l'appel que tu obtiens ensuite est un vrai appel, avec quelqu'un qui a passé la porte. Le trafic qui te reste après ce filtre est de meilleure qualité, et c'est là tout l'enjeu : le problème n'a jamais été d'avoir plus de monde, comme je le raconte dans le mythe du plus de trafic.

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Le filtre du contenu ne remplace jamais l'appel§

Maintenant, la nuance qui évite de tout casser. Afficher ton prix est le premier filtre, jamais le seul. J'insiste, parce que je vois régulièrement l'erreur inverse : des indépendants qui, une fois convaincus, se mettent à croire que le prix affiché va faire tout le travail. Ils postent leur tarif partout, se disent que désormais seuls les acheteurs les contacteront, et s'étonnent que des appels ne signent toujours pas. Le prix dans le contenu écrème en amont. Il ne pilote pas la conversation.

Voilà pourquoi. Le filtre du contenu répond à une question binaire : est-ce que cette personne a le budget et l'intention de mettre cet ordre de grandeur. C'est déjà énorme, ça t'évite des dizaines d'appels inutiles. Mais passer ce filtre ne veut pas dire acheter. Quelqu'un peut avoir le budget, être dans la bonne zone, arriver en appel rassuré sur le prix, et repartir quand même. Parce que l'appel ne fait pas remonter son vrai problème. Parce que tu déroules ton offre au lieu de le faire parler. Parce qu'au moment d'annoncer le chiffre exact, tu trembles et tu casses tout ce que ton contenu avait construit.

Le contenu décide qui vient, l'appel décide qui reste. Ce sont deux filtres à deux endroits, et ils ne se remplacent pas. Un contenu qui filtre bien mais un appel qui fuit, ça te donne des gens qualifiés qui repartent, et tu conclus à tort que « même les bons ne signent pas ». Un appel solide mais un contenu qui ne filtre pas, ça te noie sous les curieux et t'épuise avant même d'arriver aux acheteurs. Il faut les deux. Répare la porte, puis répare la conversation. L'un sans l'autre laisse toujours une fuite quelque part.

C'est exactement ce que je vois quand j'analyse des appels de vente. Prends deux exemples de mon suivi : une coach dont le contenu filtrait parfaitement, des prospects toujours dans le budget, mais qui perdait la moitié de ses appels au moment d'annoncer le prix exact parce qu'elle le noyait dans dix justifications. Et à l'inverse, quelqu'un dont les appels étaient nets mais dont le contenu ne parlait jamais d'argent, condamné à faire le tri lui-même, appel après appel, jusqu'à l'épuisement. Deux fuites, deux endroits. Je raconte ce genre de cas en détail dans cette étude de cas, où tout se joue sur ce que la personne dit à l'instant du prix.

Deux filtres, deux endroits, deux fuites possiblesFiltre 1 : le contenudécide qui vientle prix affiché écrèmeFiltre 2 : l'appeldécide qui restela conversation signefuite ?fuite ?
Le prix dans le contenu et la conversation de vente sont deux filtres distincts. Le premier écrème en amont, le second signe. Une fuite peut se loger à l'un ou l'autre, ou aux deux. Réparer seulement la porte laisse fuir l'appel ; réparer seulement l'appel te noie sous les curieux. Il faut regarder les deux endroits.

Le verdict§

Ce que je retiens

Si ton contenu ne ramène que des curieux, ne cherche pas plus de monde, mets une porte. Le prix est le filtre le plus violent qui existe : un ordre de grandeur affiché écarte de lui-même ceux qui n'achèteront jamais et rassure ceux qui sont prêts. Tu ne fais pas fuir des clients en le donnant, tu déplaces le départ des curieux avant qu'il te coûte un appel.

Et non, ça ne te rend pas arrogant. Un prix passe pour arrogant quand il flotte seul ; relié au résultat qu'il achète, posé pour une cible précise, donné sans trembler, il devient de la clarté. Mais garde la tête froide : le prix affiché est le premier filtre, jamais le dernier. Le contenu décide qui vient, l'appel décide qui reste. Répare la porte, puis répare la conversation. C'est là que ton chiffre se joue vraiment.

À toi de jouer§

Assez lu. Ouvre ton compte, regarde-le comme un curieux le regarderait, et fais passer ton contenu au test du videur. Voilà les 5 étapes que je ferais à ta place, ce soir.

  1. Fais le test de la porte. Parcours tes 10 derniers posts, ta bio, tes stories à la une. À un seul endroit, est-ce qu'un inconnu peut trouver ce que ça coûte de travailler avec toi ? Si la réponse est non, tu tiens ta fuite : ton contenu n'a pas de videur.
  2. Choisis ton ordre de grandeur public. Une fourchette ou un plancher que tu es prêt à assumer publiquement, pas ton prix exact au centime. « À partir de tel montant » suffit. Ce chiffre est ton filtre, il doit être assez haut pour trier et assez clair pour ne laisser aucun doute.
  3. Écris le post qui prend le prix de front. Un contenu qui répond à « pourquoi ça coûte ça », qui dit ce que ça règle et pour qui ce n'est pas. Termine par l'ordre de grandeur, posé calmement, sans une seule justification de trop. C'est le contenu qui filtre le mieux, teste-le en premier.
  4. Change ta réponse type en message privé. La prochaine fois qu'on te demande « comment on travaille ensemble ? », donne l'ordre de grandeur dans ta réponse, avant de proposer un appel. Compare : la qualité des appels qui suivent va changer en une semaine.
  5. Regarde l'autre filtre. Le prix affiché nettoie l'entrée. Maintenant écoute un de tes derniers appels au moment précis où tu annonces le chiffre exact. Est-ce que tu le poses net, ou est-ce que tu le noies ? C'est la deuxième fuite, et elle se répare aussi.

Si tu fais ces 5 choses, tu vas voir ton volume de messages baisser un peu et ta qualité de conversations monter beaucoup. C'est le signe que le filtre fonctionne. Et si tu veux qu'on regarde ensemble les deux endroits où ça fuit, le contenu et l'appel, c'est exactement ce que je fais en diagnostic. En 30 minutes, on prend tes 3 derniers appels de vente et tes 5 derniers posts, et je te sors la carte de tes 2 filtres : où ton contenu laisse passer les curieux, et le moment exact de ta conversation où tu perds les acheteurs. C'est le diagnostic « filtre à deux étages » : réserve ton créneau ici.

Tu vois le mécanisme. Voilà par où on continue, contenu et appel :

« C'est un acheteur ou juste un curieux ? » → comment les reconnaître avant l'appel
« Mon vrai souci, c'est pas les leads ? » → la démonstration par l'arithmétique
« Il me faut juste plus de trafic, non ? » → pourquoi c'est le faux problème
« Comment me faire connaître sans grosse audience ? » → la version sans influenceur

Tu veux qu'on regarde tes vrais appels et ton contenu pour trouver où ça fuit ? On fait ça en 30 min.

Envie de savoir si ton contenu filtre vraiment, ou s'il ramasse des curieux ? Réserver une consultation offerte →

Un terme technique t'échappe ? Consulte le lexique →

Questions fréquentes

Dans la plupart des cas, oui, au moins un ordre de grandeur. Un contenu qui ne dit jamais combien ça coûte laisse la porte ouverte à tout le monde, et surtout aux curieux qui n'ont ni le budget ni l'intention d'acheter. Le prix agit comme un videur : il écarte de lui-même ceux que tu ne veux pas en appel et il rassure ceux qui sont prêts à investir. Tu ne perds pas des clients en donnant ton prix, tu perds du temps en ne le donnant pas. La seule vraie question est de savoir où le poser, un ordre de grandeur dans le contenu, le chiffre exact dans l'appel, et comment le formuler pour que ça ressemble à de la clarté et non à de l'arrogance.

Ça va faire fuir des gens, oui, et c'est exactement le but. Ceux qui partent au premier chiffre sont ceux qui seraient partis de toute façon au moment de payer, sauf qu'ils t'auraient d'abord pris un appel, de l'énergie et de l'espoir. Afficher un ordre de grandeur, c'est déplacer ce départ le plus tôt possible, avant qu'il te coûte quoi que ce soit. Les acheteurs, eux, ne fuient pas devant un prix clair, ils sont rassurés par quelqu'un qui l'assume. Tu ne fais pas fuir des clients, tu fais fuir des curieux, et tu gardes de la place dans ton agenda pour ceux qui achètent.

En reliant toujours le chiffre à ce qu'il règle, jamais à ta personne. Un prix devient arrogant quand il flotte tout seul, comme un trophée. Il devient clair quand il est posé à côté du résultat qu'il achète et de la personne pour qui il est fait. Tu peux dire pour qui c'est, pour qui ce n'est pas, ce que ça débloque, puis donner l'ordre de grandeur sans t'excuser et sans en rajouter. La formulation la plus solide reste factuelle et calme : voilà ce que ça règle, voilà pour qui, voilà l'investissement. La sérénité avec laquelle tu donnes le chiffre compte souvent plus que le chiffre lui-même.

Un ordre de grandeur dans le contenu, le prix exact dans l'appel. Le contenu sert à filtrer, donc une fourchette ou un plancher suffit pour écarter ceux qui ne sont pas dans la zone. Le chiffre précis, lui, dépend de la situation réelle de la personne, de ce qu'elle veut débloquer, du format, et se pose dans la conversation où tu peux le relier à sa réalité. Donner une fourchette publique et le chiffre exact en appel n'a rien de contradictoire, c'est le même filtre à deux étages : le contenu écrème, l'appel ajuste. Le but n'est pas de tout dévoiler partout, c'est que personne n'arrive en appel en tombant des nues sur le prix.

Parce que le prix dans le contenu est le premier filtre, jamais le seul. Il écarte en amont ceux qui n'ont ni le budget ni l'intention, mais il ne pilote pas la conversation. Une personne peut passer ce premier filtre, avoir le budget, et repartir quand même si l'appel ne fait pas remonter son problème, son coût, son enjeu. Le contenu décide qui vient, l'appel décide qui reste. Si tu as réparé le premier filtre et que ça fuit encore, la fuite est dans la conversation, et c'est là qu'il faut regarder, sur tes vrais appels, ce que tu dis au moment où tu annonces le chiffre et l'instant d'après.

Sources

Cet article ne s'appuie pas sur des études de marché mais sur ma pratique : 3 ans de contenu publié tous les jours sur Instagram, testé sur mes propres posts, et les appels de vente d'indépendants que j'analyse. Les deux références de praticiens ci-dessous éclairent la mécanique, je raconte comment je l'applique dans le corps de l'article. Les chiffres qui apparaissent dans les figures sont des exemples clairement étiquetés « exemple », destinés à illustrer un mécanisme. Aucun n'est une statistique de marché : il n'existe d'ailleurs aucun benchmark fiable de taux de conversion ou de « prix moyen » sur ce type d'offre.

Hormozi, A. (2021), $100M Offers: How to Make Offers So Good People Feel Stupid Saying No, Acquisition.com : un prix assumé ne fait pas que financer l'offre, il change qui se présente et comment ils se comportent. J'y relie ma pratique du prix comme première phrase de la vente, pas comme la dernière.

Godin, S. (2018), This Is Marketing, Portfolio/Penguin : viser le « plus petit marché viable » plutôt que plaire à tout le monde. C'est le principe derrière « dire pour qui ce n'est pas » quand j'annonce un prix.

Corpus original : 3 ans de contenu quotidien sur Instagram et appels de vente d'indépendants analysés, récurrence du contenu sans prix qui ramène des curieux et effet d'un ordre de grandeur affiché sur la qualité des conversations (observations de terrain Académie Sales, ordres de grandeur issus de ma propre pratique, jamais de statistique établie).

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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Léo Fanouillet

Une lettre, chaque semaine

Not Vendeur But Coach

Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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Acheteur ou curieux : qualifier un prospect