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Recruter un Head of Sales : quand structurer la couche au-dessus de tes closers

· 9 min de lecture · Mis à jour juin 2026 · 8 sources

Quand tu passes d'un closer à plusieurs, tu deviens le goulot d'étranglement : c'est toi qui pilotes, debriefes, recrutes, et ta vente plafonne sur ta propre capacité. La question devient alors : qui manage tes closers à ta place ? Petite transparence : cet article, je l'ai co-écrit avec un head of sales du marché francophone qui structure des équipes de closing depuis des années et qui a préféré ne pas mettre son nom. Le contenu vient donc de quelqu'un qui le fait vraiment au quotidien, pas de la théorie. Je te déroule la hiérarchie et le bon timing.

Un closer, tu peux le manager toi-même. Trois ou cinq, tu deviens le goulot, et ta croissance bute sur ton temps à toi. C'est le moment de structurer la couche au-dessus : team lead, sales manager, head of sales. Mais la plupart des infopreneurs s'y prennent mal, en bombardant leur meilleur closer manager du jour au lendemain. Voici la hiérarchie réelle d'une équipe de vente, quand ajouter chaque couche, et le piège classique à éviter.

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En 30 secondes
  • Un closer se manage seul. À partir de 3 à 5 closers, tu deviens le goulot et il te faut une couche de management
  • La hiérarchie : closer, puis team lead, puis sales manager, puis head of sales, chacun avec un rôle distinct
  • Le team lead, c'est ton meilleur closer en joueur-coach : il continue à closer (environ 80 %) et coache les autres (environ 20 %)
  • Le piège classique : ton meilleur closer n'est pas forcément un bon manager, c'est le syndrome Michael Jordan
  • Le sales manager pilote l'équipe et le pipeline, et là tu le sors du closing : impossible de faire les deux à fond
  • Le head of sales structure la stratégie, le recrutement, le sizing, les process et les outils

Le signal : tu es devenu le goulot§

Tant que tu as un closer, tu peux tout suivre toi-même : ses chiffres, ses appels, ses relances. Le problème arrive quand tu en as trois, cinq, sept. Tu passes tes journées à debriefer, recruter, motiver, et ta croissance ne dépend plus de ton offre mais de ton temps disponible. C'est le signal qu'il faut une couche de management entre toi et tes closers.

Si ta vente plafonne sur ta propre capacité à manager, le problème n'est plus commercial, il est structurel.

Les 4 couches d'une équipe de vente§

Une équipe de vente structurée a une hiérarchie claire, et chaque étage a un job précis. Le closer vend. Le team lead (ou closer senior) est un capitaine d'équipe qui vend encore tout en aidant ses pairs. Le sales manager pilote la performance et les objectifs de l'équipe, sans plus closer lui-même. Le head of sales, au sommet, structure la stratégie, le recrutement et les process de tout le département.

Tu n'as pas besoin de tous ces étages d'un coup. Tu les ajoutes au fur et à mesure que ton équipe grandit, dans cet ordre. Sauter une marche, par exemple recruter un head of sales pour piloter deux closers, c'est aussi inutile que coûteux.

Le team lead : ton meilleur closer en joueur-coach§

La première couche, et la plus naturelle. Avec une équipe de 2 à 5 closers, tu montes ton meilleur élément en capitaine. Il ne lâche pas le téléphone : il continue à closer pour la majeure partie de son temps, et consacre le reste à aider les autres, écouter leurs appels, partager ses bons réflexes. C'est le modèle du pod joueur-coach que des opérateurs comme Hormozi utilisent à grande échelle : environ 80 % de son temps à vendre, 20 % à faire monter l'équipe.

L'intérêt est double : tu gardes ta meilleure force de vente sur le terrain, et tu fais progresser les autres par quelqu'un qui ferme vraiment des deals, pas par un manager théorique. Le team lead te fait aussi des remontées terrain précieuses sur ce qui coince dans les appels.

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Le piège : meilleur joueur n'est pas meilleur capitaine§

Voici l'erreur que presque tout le monde commet : promouvoir son meilleur closer manager parce qu'il fait les meilleurs chiffres. C'est le syndrome Michael Jordan, un joueur de génie qui ne fait pas forcément un bon entraîneur. Closer et faire closer sont deux compétences différentes. Certains de tes meilleurs vendeurs seront de très mauvais coachs, et tu perdras sur les deux tableaux : une force de vente cassée et une équipe mal managée.

Promeus sur l'aptitude à transmettre et à faire progresser les autres, pas seulement sur le classement. Et accepte que certains de tes top closers veuillent rester joueurs : c'est très bien, un excellent closer qui close vaut souvent plus qu'un manager moyen.

Ne mélange pas les team leads closer et setter§

Un détail qui évite bien des dégâts : un team lead issu du closing manage des closers, pas des setters. Le setting et le closing sont deux métiers, avec des KPI et des réflexes différents. Demander à un closer senior de coacher aussi tes setters, c'est le mettre en échec sur un terrain qui n'est pas le sien. Si tu as les deux populations, structure-les séparément, comme je l'explique dans construire ton équipe setter-closer.

Sales Manager et Head of Sales : franchir le pas§

Quand l'équipe grossit encore, le team lead ne suffit plus, parce qu'on ne peut pas closer à fond et piloter à fond en même temps. Tu passes alors au sales manager : tu le sors du closing, et son job devient de faire performer l'équipe et le pipeline, c'est-à-dire les opportunités déjà générées. Au-dessus, le head of sales prend un rôle stratégique : recrutement, dimensionnement de l'équipe, process, outils, alignement avec ta stratégie de croissance.

Le bon timing dépend de ton volume et de ta taille d'équipe, pas d'un chiffre magique. Mais la règle d'or est constante : tu montes d'un étage quand l'étage actuel passe plus de temps à gérer qu'à produire. Et n'oublie pas le prérequis : une couche de management n'a de pouvoir que si tu l'intègres vraiment à tes décisions. Un sales manager que tu n'écoutes pas ne sert à rien.

3-5
closers avant d'ajouter un premier team lead
80/20
le split temps de vente / coaching d'un team lead
4
couches : closer, team lead, sales manager, head of sales

Où placer le triageur, et pourquoi une équipe resserrée se pilote mieux§

Une question revient une fois que l'équipe grossit : où mettre le triageur, ce rôle qui qualifie les prospects avant le closer ? Il se situe en amont de la chaîne, entre l'acquisition et le closing, et il ne relève pas de la même logique que tes team leads. La chaîne complète ressemble à ça : acquisition, puis setter ou triageur qui prépare, puis closer qui conclut, le tout chapeauté par un team lead, puis un sales manager quand le volume l'exige.

Et voici le contre-pied le plus utile : une petite équipe d'élite se pilote bien mieux qu'une grosse équipe moyenne. Deux ou trois closers machine de guerre, épaulés par des triageurs, font souvent plus de chiffre que dix closers tièdes, et ils te coûtent infiniment moins d'énergie de management. Tu as moins de gens à coacher, moins de conflits, moins de turnover. Avant de grossir ta salesfloor, demande-toi toujours si tu ne ferais pas mieux de la resserrer.

  • Repère le signal : si tu passes plus de temps à manager qu'à faire avancer ton offre, structure.
  • Commence par un team lead : ton meilleur closer en joueur-coach (80 % vente, 20 % coaching).
  • Promeus sur l'aptitude à faire progresser les autres, pas seulement sur les chiffres.
  • Ne fais pas gérer des setters par un team lead issu du closing.
  • Passe au sales manager (hors closing) puis au head of sales quand le volume le justifie.
  • Donne un vrai pouvoir à ta couche de management, sinon elle ne sert à rien.
Le verdict

Structurer la couche au-dessus de tes closers, ce n'est pas un luxe de grosse boîte, c'est ce qui t'enlève du goulot. Team lead d'abord (ton meilleur closer en joueur-coach), puis sales manager hors closing, puis head of sales pour la stratégie. Chaque étage quand le précédent passe plus de temps à gérer qu'à produire.

Et souviens-toi du piège Michael Jordan : ton meilleur vendeur n'est pas forcément ton meilleur manager. Promeus sur la capacité à faire gagner les autres, pas sur le seul classement. C'est ce qui transforme une bande de closers en vraie machine de vente.

Questions fréquentes

On structure par étapes : un team lead dès 2 à 5 closers, un sales manager quand l'équipe grossit, et un head of sales seulement quand le volume justifie un rôle stratégique de recrutement et de process. On monte d'un étage quand l'étage actuel passe plus de temps à gérer qu'à produire.

Ton meilleur closer promu capitaine. Il continue à closer pour l'essentiel de son temps, environ 80 %, et consacre le reste à coacher ses pairs et écouter leurs appels. C'est le modèle joueur-coach, qui garde ta force de vente sur le terrain tout en faisant monter l'équipe.

Avec prudence. Closer et faire closer sont deux compétences différentes, c'est le syndrome Michael Jordan : un joueur de génie ne fait pas forcément un bon entraîneur. Promeus sur l'aptitude à faire progresser les autres, pas seulement sur le classement, et accepte que certains top closers préfèrent rester joueurs.

Le sales manager pilote l'équipe et le pipeline au quotidien, et tu le sors du closing. Le head of sales a un rôle plus stratégique : recrutement, dimensionnement de l'équipe, process, outils et alignement avec ta stratégie de croissance.

Tu veux qu'on structure ton équipe de vente ensemble ? Me contacter sur Instagram → Sources

Méthodo : données sectorielles, recherche en vente et sources vérifiables (beaucoup de la recherche solide sur le sujet est anglophone). Les benchmarks sont des ordres de grandeur, pas des garanties.

Hormozi, A., acquisition.com : structuration et rémunération d'une équipe de vente à grande échelle (pods joueur-coach, compétitions hebdomadaires, leaderboard) : acquisition.com

Ross, A. & Tyler, M. (2011), Predictable Revenue, PebbleStorm : la spécialisation des rôles (setter / closer).

Roberge, M. (2015), The Sales Acceleration Formula, Wiley : recrutement scorecard, plan de rémunération et métriques.

Gordon, C., Closers.io : recrutement, onboarding et management d'équipes de closing internes (recruter depuis l'abondance, vivier de candidats, maîtrise du ramp time) : closers.io

Growthspree, SDR & AE Quota and Productivity Benchmarks : ratios setter/closer et taux d'atteinte d'objectif par segment : growthspreeofficial.com

Gradient Works, Benchmarks for Sales Development : métriques et ratios d'une équipe de prise de rendez-vous : gradient.works

Salesforce, State of Sales : pratiques et facteurs de performance des équipes de vente : salesforce.com

Solcomm, How to Hire (and retain) High Ticket Sales Reps : ce que recherchent les meilleurs closers : solcomm.com

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet — Académie Sales

Soyons clairs : je ne suis pas head of sales, et je ne vais pas te faire croire le contraire. Pour cette série côté recrutement, j'ai interrogé une vingtaine de heads of sales et d'entrepreneurs que je connais bien, avec des questions techniques précises, et j'ai croisé leurs réponses avec la recherche. Donc ce que tu lis ici, c'est du terrain validé, pas de la théorie de salon. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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